Les députés nationaux se sont réunis, jeudi 30 avril, en plénière dans la salle des Congrès du Palais du Peuple, afin notamment d’examiner la proposition de loi modifiant et complétant la loi-cadre n°14/004 du 11 février 2014 portant organisation de l’enseignement national. Cette initiative législative est portée par le député national César Matabaro Rwamanyuku, élu de la circonscription électorale de Walungu, dans la province du Sud-Kivu.
Selon cet élu, la loi-cadre du 11 février 2014 a introduit des innovations louables dans le secteur de l’éducation, avec pour objectif de mettre en place un système éducatif fonctionnel, en adéquation avec les réalités socioculturelles nationales et internationales, ainsi qu’avec les besoins fondamentaux du développement intégral du pays dans un contexte de mondialisation et de progrès technologique.
Toutefois, nuance le député de Walungu, cette loi reste très évasive en ce qui concerne la promotion et l’apprentissage d’un outil essentiel de la mondialisation et du développement : l’anglais. Cette langue, souligne-t-il, est aujourd’hui incontournable dans les domaines de la technologie, de la communication standardisée, du commerce, de la finance, des négociations régionales et internationales, ainsi que dans la recherche scientifique.
Pour César Matabaro, le retard accusé par la RDC dans l’apprentissage, la maîtrise et l’utilisation de cette langue n’est plus à démontrer. Il en résulte une fracture linguistique qui isole progressivement le pays du reste du monde et qui ne cesse de s’aggraver. Face à ce constat, il appelle l’État à prendre des mesures urgentes afin de rendre les Congolais plus compétitifs et à l’aise dans les échanges internationaux, à tous les niveaux.
Dans cette optique, sa proposition de loi vise à modifier et compléter la loi-cadre de l’enseignement national par l’introduction de dispositions plus claires et contraignantes garantissant l’apprentissage de l’anglais à tous les élèves, tant dans les établissements publics que privés, dès la première année du cycle primaire de l’éducation de base. Elle prévoit également l’introduction de l’anglais comme langue d’enseignement à l’université, au même titre que le français.
Cette proposition entend ajouter un alinéa à l’article 195 de la loi-cadre et en réorganiser les dispositions, notamment en reclassant l’alinéa 3 qui deviendrait l’alinéa 4. Elle ne vise toutefois pas à instituer une nouvelle langue officielle.
Le texte s’articule autour de deux articles : l’article 1er, qui modifie l’article 195, et l’article 2, qui fixe les modalités d’entrée en vigueur de la loi. Fait notable, l’examen de cette proposition coïncide avec la célébration de la Journée de l’enseignement national.
Après débat et délibération, la proposition de loi a été jugée recevable et renvoyée à la commission sociale et culturelle pour un examen approfondi. Celle-ci dispose d’un délai de cinq jours pour soumettre son rapport à la plénière.
Prenant la parole, le député Aimé Boji a salué l’initiative tout en soulignant les défis liés à sa mise en œuvre :
« Il est évident que le besoin de renforcer les capacités linguistiques de notre pays à travers un apprentissage plus répandu de l’anglais est réel. Toutefois, la difficulté réside dans la mise en œuvre, qui nécessitera des réformes profondes dans la formation des enseignants, ainsi que des moyens financiers conséquents. La notion de progressivité devra être prise en compte. Rien n’empêche, par exemple, la commission de recommander une mise en œuvre progressive de cette loi.»
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