Le projet de désenclavement de l’Afrique centrale franchit une étape diplomatique majeure. Lors d’un atelier organisé ce lundi 27 avril 2026 à Rome par l’Institut des Affaires internationales, l’ambassadeur de la RDC en Italie, le Dr Paul-Émile Tshinga Ahuka, a rappelé l’engagement de Rome à mobiliser au moins 320 millions de dollars pour le développement du Corridor de Lobito. Cette annonce, initialement formulée par la Présidente du Conseil Giorgia Meloni lors du G7, confirme l’intérêt croissant des puissances européennes pour cette infrastructure ferroviaire stratégique reliant la Zambie au port angolais de Lobito, via la République démocratique du Congo.
L’enjeu de cette infrastructure est avant tout logistique : transformer radicalement la fluidité du commerce en Afrique centrale et australe.
« Ce corridor est voué à devenir la première liaison de transport transafricain », a souligné l’ambassadeur Tshinga Ahuka.
Les bénéfices concrets sont spectaculaires : le transport de fret depuis la Zambie vers l’océan Atlantique, qui nécessite actuellement plus d’un mois de trajet, sera réduit à une seule semaine une fois le rail opérationnel. Ce gain de temps massif promet de booster la compétitivité des exportations minières et agricoles de la région.
À terme, l’ambition du projet dépasse la simple liaison Atlantique pour viser une intégration continentale totale avec une extension prévue vers le port tanzanien de Dar es Salam, sur l’océan Indien. En reliant les deux façades maritimes du continent, le Corridor de Lobito ne se contente pas de moderniser les transports ; il redessine une nouvelle colonne vertébrale économique pour la RDC et ses voisins. Ce soutien financier italien s’inscrit ainsi dans une stratégie globale de sécurisation des chaînes d’approvisionnement et de renforcement de la coopération Nord-Sud.
Guyvenant Misenge
