La rentrée parlementaire de septembre s’annonce houleuse à l’Assemblée nationale de la République Démocratique du Congo. Une pétition visant à destituer le bureau actuel est en cours, et ses initiateurs — des députés de différentes tendances politiques — ont franchi une étape décisive en rencontrant, le 10 septembre, Augustin Kabuya, secrétaire général et président ad intérim de l’UDPS/Tshisekedi. Objectif : obtenir l’appui du parti présidentiel, considéré comme la première force politique au sein de l’hémicycle, afin de renforcer leur démarche.
Les pétitionnaires reprochent au bureau de l’Assemblée nationale une gestion opaque et une incapacité à répondre aux défis du pays. Plus grave, certains vont jusqu’à évoquer des « complicités avec les rebelles » dans un contexte sécuritaire tendu. Dans cette bataille politique, le soutien de l’UDPS apparaît crucial, en raison du poids stratégique d’Augustin Kabuya. Ce dernier, toutefois, a temporisé, promettant de consulter d’abord le président de la République, Félix Tshisekedi, avant de livrer la position officielle du parti. Une prudence qui reflète la sensibilité du dossier et l’importance de l’arbitrage présidentiel.
À ce jour, près de 200 signatures ont déjà été récoltées, sur les 251 nécessaires pour faire tomber le bureau. La marge est étroite, mais la mobilisation des élus est tangible. L’atmosphère au Palais du Peuple reste tendue, malgré les tentatives d’apaisement du bureau visé. L’issue de cette crise dépend désormais de la décision de l’UDPS, dont l’entrée en jeu pourrait précipiter un basculement politique majeur.
Guyvenant Misenge
