L’espoir d’une paix durable qui renaissait dans le Nord-Kivu et l’Ituri face à l’activisme des djihadistes ADF ne fera peut-être pas long feu. Actifs depuis près de 10 ans dans la contrée, les assaillants ont refait surface dans leurs anciens bastions alors qu’une accalmie apparente s’y vivait déjà.
Les territoires de Beni (Nord-Kivu), Irumu et Mambasa (Ituri) sont actuellement le théâtre d’atrocités, qui ont coûté la vie à une centaine de civils, y compris des dégâts matériels énormes ou encore des personnes enlevées : Le centre de Komanda a récemment enregistré plus de 40 morts, Boga a été touché par une attaque terroriste le dimanche dernier et des véhicules ont aussi été brûlés alors que la route Eringeti-Kainama a été visée par le même groupe armé la soirée du samedi 9 août, enregistrant au moins 7 disparus et des dégâts matériels importants. Plus tôt, entre les territoires de Beni et Irumu, près de 70 civils ont péri dans les mêmes circonstances.
L’inefficacité des opérations militaires conjointes ?
Lancées depuis le 30 novembre 2021, les opérations shujaa menées conjointement par les armées congolaise et ougandaises ont tant soit peu rassuré. En effet, des zones considérées comme bastions principaux de l’ADF ont été détruits jusqu’à ce que le groupe terroriste ait trouvé asile dans le territoire de Lubero (Nord-Kivu). Dans le même ordre, certaines têtes d’affiche ont été décapitées.
À Kinshasa et Kampala, on a noté des avancées et consolé et maintenu les opérations conjointes. Cependant, sur le terrain, quelques semaines seulement après le séjour du chef d’état-major général de l’armée ougandaise à Kinshasa, la donne est en train de changer.
Non seulement les djihadistes ont réinvestis nombreuses de leurs positions mais en plus, ils sont redevenus virulents et cruels alors que dans la communication des officiels, l’ADF, en errance, avait déjà été sensiblement affaibli. Et, « tel un loup blessé, il tue des victimes dans son retranchement », comme l’affirmait d’ailleurs un responsable militaire dans la zone opérationnelle.
Mais, il y a lieu de redouter que ce mouvement affilié à l’Etat islamique ait repris du poids de la bête et que l’on n’en soit revenu au point de départ. Les efforts tant salués de la coalition FARDC-UPDF risquent d’être vains et, la situation risque de donner l’impression que les hauts faits annoncés par les autorités militaires sur l’affaiblissement de l’ennemi n’étaient qu’un maquillage.
En arrivant au Congo en fin novembre 2021, l’UPDF qui critiquait la partie congolaise, avait promis une opération éclair. Pourtant, près de 4 ans, avec la résurgence active de l’ADF dans les zones jadis « pacifiées », tout porte à croire que beaucoup reste à faire.
Charles Mapinduzi