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RDC : Francine Muyumba exige la démission des responsables à double nationalité

L’annonce du gouvernement Suminwa II a suscité une vive réaction de l’ancienne sénatrice Francine Muyumba. Dans un message publié le 12 août sur son compte X (anciennement Twitter), elle a lancé un ultimatum aux personnalités détenant une double nationalité et occupant des fonctions régaliennes ou stratégiques en République démocratique du Congo, leur enjoignant de démissionner immédiatement sous peine de poursuites pour « usurpation de fonction publique » et « atteinte à la sûreté de l’État ».

S’appuyant sur l’article 10 de la Constitution, qui stipule que « la nationalité congolaise est une et exclusive », Francine Muyumba dénonce une violation manifeste de la loi fondamentale. Elle affirme que la loyauté exigée pour servir la nation est incompatible avec une double allégeance et que toute personne nommée ou élue à un poste stratégique devrait renoncer officiellement à toute autre nationalité avant son entrée en fonction.

La cadre du PPRD prévient qu’elle transmettra des informations aux ambassades des pays concernés, principalement la Belgique, la France et le Canada, pour d’éventuelles « poursuites complémentaires ». Cette sortie médiatique intervient dans un contexte de débat récurrent sur la question de la nationalité et de la gouvernance en RDC.

Guyvanant Misenge

RDC : Judith Suminwa promeut l’innovation comme levier de souveraineté technologique

La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a ouvert, lundi 11 août, au Palais du Peuple à Kinshasa, la 3ᵉ édition du Forum du Génie scientifique congolais, représentant le Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi. Devant inventeurs, chercheurs et décideurs, elle a qualifié cette rencontre de « rendez-vous incontournable » symbolisant « l’éveil d’une nation résolue à maîtriser son destin par la recherche scientifique et l’innovation technologique ». Elle a également invité l’assistance à observer une minute de silence en mémoire des chrétiens récemment massacrés à la machette dans l’Est du pays.

Saluant les réalisations issues du génie congolais, Mme Suminwa a rappelé que ces innovations « ne se limitent pas aux laboratoires, mais transforment également notre gouvernance », citant le Portail numérique du ministère du Portefeuille, actuellement en déploiement. Elle a insisté sur la nécessité pour la RDC de « prioriser, financer et industrialiser ses propres innovations » afin de renforcer sa souveraineté technologique.

La cheffe du gouvernement a réaffirmé l’engagement de l’exécutif à valoriser les découvertes locales. Elle a indiqué avoir instruit ses ministres de « renforcer les mécanismes de production et de diffusion des prototypes » pour leur intégration rapide dans la chaîne de création de valeur nationale. Le ministre de la Recherche scientifique et Innovation technologique ainsi que le président de la Commission scientifique nationale ont, pour leur part, salué l’implication personnelle du président Tshisekedi dans la promotion de ce forum.

Cedrick Katay Kalombo

RDC : Trois stades homologués par la CAF pour les compétitions interclubs 2025-2026

La Confédération Africaine de Football (CAF) a officiellement validé, ce lundi 11 août, trois stades en République démocratique du Congo pour accueillir les matchs des compétitions interclubs de la saison 2025-2026. Le Stade des Martyrs de Kinshasa, le Stade Frédéric Kibassa Maliba de Lubumbashi, ainsi que le Stade TP Mazembe de Kamalondo répondent désormais aux normes exigées par la CAF, permettant ainsi aux équipes congolaises de disputer la Ligue des Champions et la Coupe de la Confédération sur leur sol.

Cette homologation intervient alors que les affiches des tours préliminaires commencent à se dessiner. Si les classements de la LINAFOOT sont confirmés, les Aigles du Congo, champions en titre, devraient affronter Rivers United du Nigeria, tandis que le FC Saint-Éloi Lupopo jouera contre El Merreikh du Soudan. En Coupe de la Confédération, Simba de Kolwezi rencontrerait le FC Djabal des Comores et Maniema Union serait opposé à Pamplemousses FC de l’île Maurice, promettant des rencontres très attendues par les supporters.

Au-delà de l’aspect sportif, cette validation constitue un véritable pas en avant pour la RDC, souvent critiquée pour ses infrastructures sportives. Pouvoir jouer à domicile devant un public enthousiaste peut représenter un avantage décisif pour les clubs congolais dans leur quête de succès continentaux. Reste désormais à finaliser les démarches administratives afin que les représentants de la RDC puissent aborder ces joutes africaines avec sérénité.

Cedrick Katay Kalombo

Dialogue national inclusif en RDC : Félix Tshisekedi face à la stratégie de pression de l’opposition

Se tiendra, ne se tiendra pas ? Mystère. Malgré les appels récurrents en faveur d’un dialogue national en République démocratique du Congo, les signaux restent au rouge.

En dehors de quelques assurances et promesses de mise en place d’une feuille de route discutée entre les responsables catholiques, protestants et des Églises de réveil, et des représentants de la présidence de la République, il demeure difficile de prévoir si ces assises, pourtant réclamées de toutes parts, auront effectivement lieu, à quelle date et sous quel format.

Depuis plusieurs semaines, des acteurs politiques, majoritairement issus de l’opposition, ainsi que des représentants de la société civile, plaident pour que Félix Tshisekedi accepte et convoque des pourparlers afin de juguler la crise sécuritaire, politique et socio-économique qui mine le pays.

Pourtant, malgré ces sollicitations, le chef de l’État reste ferme et peu enclin à donner son accord, à l’inverse de ses initiatives diplomatiques au Qatar, où il négocie avec le M23, l’aile la plus dure de la rébellion.

Une opposition en quête de levier politique

Pour de nombreux opposants, le dialogue apparaît non seulement comme un impératif national, mais aussi comme une opportunité politique. Face à un Félix Tshisekedi jugé menaçant et déterminé à marginaliser ses adversaires, plusieurs figures majeures – Joseph Kabila, Moïse Katumbi, Matata Ponyo, Claudel Lubaya, Franck Diongo – ont quitté le pays pour éviter les pressions du pouvoir.

Ces leaders espèrent qu’un dialogue puisse “laver le linge sale en famille” et mettre un terme à la chasse aux sorcières. Leur insistance traduit la conviction qu’aucune stabilité durable ne peut être envisagée sans un échange inclusif et sincère entre Congolais.

Vers un front commun contre le régime

En réaction à la fermeté du président, des sources proches de l’opposition évoquent la préparation d’un front commun. Une grande rencontre des leaders exilés autour de Joseph Kabila, dans un pays africain, serait à l’agenda. Objectif : accroître la pression sur Kinshasa pour l’amener à accepter le dialogue.

« Si Tshisekedi n’adhère pas à l’idée d’un dialogue national dès maintenant, il creuse sa propre tombe », prévient un proche de Katumbi, précisant qu’un cahier de charges commun sera proposé pour éviter l’éparpillement des revendications.

Affaiblie sur le plan interne et incapable de mobiliser massivement, l’opposition mise désormais sur la crise sécuritaire persistante dans l’Est du pays et sur le blocage du processus de Doha pour convaincre que le régime n’aura, tôt ou tard, d’autre choix que de céder à cet appel.

Charles Mapinduzi

Industrie : Hervé Claude Ntumba prend les rênes au FPI

Le lundi 11 août, Hervé Claude Ntumba Batukonke a officiellement pris ses fonctions de Directeur Général du Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI), succédant à Bertin Mudimu Tshisekedi. La cérémonie de passation de pouvoir s’est déroulée en présence du ministre de l’Industrie, Louis Watum, et du Secrétaire général à l’Industrie.

Dans son discours, le nouveau Directeur Général a présenté une feuille de route axée sur la modernisation, la performance et l’impact économique. Il a promis une gouvernance rigoureuse, la digitalisation des processus, le renforcement de la transparence dans l’octroi des financements, l’optimisation de la Taxe de Promotion de l’Industrie et l’élargissement de l’assiette fiscale, afin de faire du FPI un moteur de croissance et de création d’emplois.

Le ministre Louis Watum a salué cette vision et réaffirmé le soutien du gouvernement. Si cette ambition se concrétise, le FPI pourrait jouer un rôle déterminant dans la transformation et la diversification de l’économie congolaise.

Guyvanant Misenge

Lubumbashi : Jacquemain Shabani conteste la réhabilitation de Joyce Tunda par le Conseil d’État

Jacquemain Shabani proteste auprès du Conseil d’État contre Joyce Tunda Kazadi, adjointe au maire de Lubumbashi. Le Vice-premier Ministre, en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Shabani Lukoo, a dans une correspondance adressée, depuis le 4 août dernier, au greffier en chef du Conseil d’État, et consultée ce lundi 11 août par Netic-news.net, contesté la pièce du recours déposée par l’avocat du maire a.i., mettant directement en cause Joyce Tunda.

Le VPM de l’intérieur, accuse en effet la maire adjointe de « faux en écriture », au motif que « le numéro de référence inscrit ne correspond pas à la réalité du document officiel ». Cette accusation vient envenimer une situation déjà tendue, alors que le dossier continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique locale.

L’étau se resserre autour de Joyce Tunda, maire adjointe de la ville de Lubumbashi, après la décision du Conseil d’État annulant l’arrêté désignant Patrick Kafwimbi à la tête de la mairie. Cette décision a relancé le bras de fer politique et administratif autour de ce poste.

Cedrick Katay Kalombo

Politique : Ensemble pour la République de Moïse Katumbi en conclave à Bruxelles

Le parti politique Ensemble pour la République de l’opposant Moïse Katumbi, se réunit à Bruxelles (Belgique) pour un conclave stratégique qui se tiendra du 12 au 14 août 2025. Selon les informations parvenues ce lundi 11 août 2025 à notre rédaction, cette rencontre a pour objectif de définir une nouvelle feuille de route pour le mouvement, après une décennie d’engagement politique dans l’opposition. Il sera également question d’examiner en profondeur plusieurs points essentiels. L’un des principaux axes de réflexion sera de faire le bilan de ces dix dernières années et de redéfinir la stratégie du parti pour l’avenir. Une réorganisation interne est également prévue afin de rendre la structure plus efficace.

Face à ce que l’opposition qualifie de « dictature », le conclave se penchera sur la manière de consolider les alliances stratégiques et d’unifier l’opposition congolaise. Un autre enjeu de taille sera de discuter de la mobilisation citoyenne et de l’ancrage territorial du parti, dans l’optique d’une meilleure représentativité sur l’ensemble du pays. Les échéances électorales de 2028 seront bien sûr au cœur des discussions. Le parti de Moïse Katumbi cherche à se positionner en vue de ces élections et à renforcer sa position internationale.

Selon une source interne du parti, un plan d’action détaillé sera présenté et soumis à l’adoption des participants. Ce conclave à Bruxelles pourrait marquer un tournant décisif pour Ensemble pour la République et, plus largement, pour le paysage politique de la République Démocratique du Congo.

Guyvanant Misenge

Kananga : Un contrat de 10,3 millions de dollars pour lutter contre l’érosion

La Banque mondiale, à travers le Projet d’urgence pour la résilience urbaine de Kananga (PURUK), a franchi une étape décisive dans la lutte contre l’érosion. Un contrat d’une valeur de 10 330 055 dollars américains a été signé ce lundi 11 août 2025 avec l’entreprise Zhengwei pour des travaux sur six sites critiques, notamment à Ndjadja, Musumbu, UKA, RVA et Saint Martyre.

Jean-Michel Mbungu, le coordonnateur du PURUK, a souligné que la signature de ce contrat marque le début imminent des travaux, un jalon majeur dans la mise en œuvre du projet. De son côté, l’entreprise Zhengwei a mis l’accent sur l’urgence d’agir pour restaurer un environnement plus sûr et plus vivable pour les habitants.

La maire de Kananga, Rose Muadi Musube, s’est engagée à apporter le soutien des autorités locales pour garantir le bon déroulement du projet. Ce financement de 100 millions de dollars de la Banque mondiale est essentiel pour protéger les infrastructures vitales de la ville face aux nombreuses érosions.

Fabrice Kabamba

RDC-L’Intersyndicale d’Equity BCDC en grève progressive pour faire respecter ses droits

L’Intersyndicale d’Equity BCDC, regroupant plusieurs organisations syndicales, dénonce la « violation flagrante et répétée » des engagements pris par la direction de la banque, sous « le regard passif des institutions de la République ». Les travailleurs réclament notamment la délivrance des notifications attendues, les corrections sur les alignements, ainsi que le paiement du bonus et des effets rétroactifs.

Pour se faire entendre, les syndicats ont lancé un programme d’actions graduelles à partir de ce mardi 12 août 2025. Les agences n’ouvriront pas avant 09h30 et des sit-in silencieux auront lieu devant les sièges principaux de la banque. Les jours suivants, les protestations s’étendront devant l’Assemblée nationale à Kinshasa et les Assemblées provinciales en région, avec un code vestimentaire noir le jeudi pour marquer une « journée de deuil » symbolique. La semaine se clôturera par une cessation générale des activités le vendredi 15 août.

Tout en appelant à la mobilisation, l’Intersyndicale invite la clientèle à privilégier les solutions digitales durant cette période. « Seule la lutte libère ! » affirment les syndicats, déterminés à poursuivre leurs actions jusqu’à ce que leurs revendications soient satisfaites.

Gilbert Ngonga

Activisme des ADF : Les djihadistes refont surface dans les zones jadis pacifiées

L’espoir d’une paix durable qui renaissait dans le Nord-Kivu et l’Ituri face à l’activisme des djihadistes ADF ne fera peut-être pas long feu. Actifs depuis près de 10 ans dans la contrée, les assaillants ont refait surface dans leurs anciens bastions alors qu’une accalmie apparente s’y vivait déjà.

Les territoires de Beni (Nord-Kivu), Irumu et Mambasa (Ituri) sont actuellement le théâtre d’atrocités, qui ont coûté la vie à une centaine de civils, y compris des dégâts matériels énormes ou encore des personnes enlevées : Le centre de Komanda a récemment enregistré plus de 40 morts, Boga a été touché par une attaque terroriste le dimanche dernier et des véhicules ont aussi été brûlés alors que la route Eringeti-Kainama a été visée par le même groupe armé la soirée du samedi 9 août, enregistrant au moins 7 disparus et des dégâts matériels importants. Plus tôt, entre les territoires de Beni et Irumu, près de 70 civils ont péri dans les mêmes circonstances.

L’inefficacité des opérations militaires conjointes ?

Lancées depuis le 30 novembre 2021, les opérations shujaa menées conjointement par les armées congolaise et ougandaises ont tant soit peu rassuré. En effet, des zones considérées comme bastions principaux de l’ADF ont été détruits jusqu’à ce que le groupe terroriste ait trouvé asile dans le territoire de Lubero (Nord-Kivu). Dans le même ordre, certaines têtes d’affiche ont été décapitées.

À Kinshasa et Kampala, on a noté des avancées et consolé et maintenu les opérations conjointes. Cependant, sur le terrain, quelques semaines seulement après le séjour du chef d’état-major général de l’armée ougandaise à Kinshasa, la donne est en train de changer.

Non seulement les djihadistes ont réinvestis nombreuses de leurs positions mais en plus, ils sont redevenus virulents et cruels alors que dans la communication des officiels, l’ADF, en errance, avait déjà été sensiblement affaibli. Et, « tel un loup blessé, il tue des victimes dans son retranchement », comme l’affirmait d’ailleurs un responsable militaire dans la zone opérationnelle.

Mais, il y a lieu de redouter que ce mouvement affilié à l’Etat islamique ait repris du poids de la bête et que l’on n’en soit revenu au point de départ. Les efforts tant salués de la coalition FARDC-UPDF risquent d’être vains et, la situation risque de donner l’impression que les hauts faits annoncés par les autorités militaires sur l’affaiblissement de l’ennemi n’étaient qu’un maquillage.

En arrivant au Congo en fin novembre 2021, l’UPDF qui critiquait la partie congolaise, avait promis une opération éclair. Pourtant, près de 4 ans, avec la résurgence active de l’ADF dans les zones jadis « pacifiées », tout porte à croire que beaucoup reste à faire.

Charles Mapinduzi