Kibambe est une localité du quartier Ngomba-Kinkusa, dans la commune de Ngaliema, à l’est de la ville de Kinshasa. Aujourd’hui, elle est au bord de la disparition à cause de la progression alarmante des têtes d’érosion qui l’assaillent. Si rien n’est fait, elle risque de disparaître dès les premières pluies prévues en novembre 2025.
En effet, la localité fait face à plus de dix foyers d’érosion, selon Gustave Sanvua, président des notables de Kibambe. « Chaque avenue a sa propre tête d’érosion. Mais les plus menaçantes se trouvent sur les avenues Lisobe, de la Paix et Nto-Lukunga, où plusieurs habitations ont déjà été englouties », alerte-t-il.
Les autorités, tant provinciales que nationales, ont effectué plusieurs visites sur le terrain. Mais selon les habitants, aucune solution concrète n’a été proposée. « Du bourgmestre de Ngaliema aux députés du district de la Lukunga, en passant par une équipe de l’Office des voiries et drainage (OVD), tout s’est soldé par la célèbre phrase : « Nous prenons acte » », déplore Gustave Sanvua.
La situation est aggravée par les eaux de ruissellement provenant des localités voisines — Buadi, Bumba, Kikusa, Kibambe et Diantete — situées en aval. Ces eaux non canalisées causent d’importants dégâts à Kibambe, qui se trouve en amont.
Face à l’inaction de l’État, la population s’est mobilisée pour construire des caniveaux artisanaux afin de limiter l’avancée des érosions. Si cette initiative donne des résultats encourageants sur l’avenue Nsobe, elle est malheureusement inefficace sur l’avenue Nto-Lukunga, principale voie de drainage des eaux de la localité. « Des milliers de dollars issus des maigres ressources des habitants sont déjà partis dans ces travaux », confie Gustave Sanvua.
Les mois à venir seront décisifs. Selon plusieurs observateurs, de fortes pluies sont attendues en novembre 2025, avec des épisodes pluvieux prolongés jusqu’en mai 2026. Le professeur Albert Kabasele Yenga-Yenga, physicien spatial, prévient : « Kinshasa recevra environ 2.000 millimètres d’eau par an, soit 2.000 tonnes d’eau par hectare. Un seul mois peut enregistrer 200 mm de précipitations, ce qui augmente le risque d’inondation. »
Face à cette urgence, les habitants de Kibambe appellent les autorités à agir sans délai pour sauver ce pan de la capitale.
Par Rodriguez Kikamba