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RDC : Un ministre provincial poursuivi pour agression présumée contre un journaliste

Le journaliste Steves Paluku de KIS24.INFO a déposé, ce lundi 28 juillet 2025, une plainte à la Cour de cassation contre Patrick Valençio, ministre provincial des Finances de la Tshopo. Il accuse ce dernier de l’avoir agressé physiquement et verbalement le 23 juillet dernier, dans les locaux du ministère, alors qu’il exerçait ses fonctions de journaliste.

Dans une déclaration rendue publique, Steves Paluku dénonce une séquestration accompagnée de menaces, d’injures et de violences. Il estime que de tels actes, impliquant une autorité publique, constituent une grave atteinte à la liberté de la presse et à l’intégrité des professionnels des médias en République démocratique du Congo.

Affichant sa confiance dans la justice congolaise, le journaliste appelle à ce qu’aucun abus de pouvoir ne soit toléré. Il a remercié les confrères, les avocats, les organisations de défense des droits humains et les citoyens qui l’appuient dans cette procédure. L’affaire est désormais entre les mains de la Cour de cassation.

Guyvanant Misenge

Présidence de la RDC : André Nyembwe Musungaie prend officiellement ses fonctions

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La passation de pouvoir entre André Wameso et André Nyembwe Musungaie s’est tenue ce lundi 28 juillet 2025 au Palais de la Nation, marquant un tournant dans l’organigramme de la Présidence de la République. André Wameso, jusque-là conseiller spécial du Chef de l’État en matière économique et financière, cède ainsi sa place à son successeur dans un climat de respect et de solennité.

Cette relève s’inscrit dans le cadre d’une réorganisation décidée par le Président Félix Tshisekedi. Elle intervient après la nomination d’André Wameso comme Gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC), un poste stratégique pour la stabilité macroéconomique du pays, confirmé par une ordonnance présidentielle. Ce geste témoigne de la confiance renouvelée du Chef de l’État envers son ancien collaborateur.

La cérémonie a été présidée par Anthony Nkinzo Kamole, Directeur de cabinet du Président, en présence des autres membres du cabinet présidentiel, des directeurs adjoints et de plusieurs conseillers. Le moment a souligné la volonté de continuité institutionnelle et de cohésion au sommet de l’État.

Guyvanant Misenge

Carburants : Réduction de 125 FC sur l’essence dans le Grand Katanga

Le prix des carburants a connu une légère baisse dans l’espace Grand Katanga, qui englobe les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba, au sud-est de la République démocratique du Congo. Le litre d’essence est passé de 3 856 FC à 3 731 FC, soit une réduction de 125 FC. Quant au gasoil, il se vend désormais à 3 883 FC contre 3 923 FC auparavant, soit une baisse de 40 FC.

Cette révision tarifaire intervient après plusieurs plaintes de la population face à la cherté des produits pétroliers. Le Comité élargi de suivi des prix des produits pétroliers a été dépêché sur place par le Vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, pour réajuster les structures tarifaires en vigueur.

Bien que jugée modeste, cette baisse est saluée par les usagers, qui espèrent de nouveaux allégements dans les semaines à venir. Elle s’inscrit dans la volonté du gouvernement de mieux encadrer les prix et d’atténuer la pression sur le pouvoir d’achat des ménages dans cette région stratégique du pays.

Bienvenu Musoy

Jacquemain Shabani à Oyo pour relancer la coopération sécuritaire entre Kinshasa et Brazzaville

Le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières de la RDC, Jacquemain Shabani, a atterri ce lundi 28 juillet 2025 à l’aéroport international d’Ollombo, dans le village d’Oyo, département de la Cuvette, en République du Congo. Il est à la tête d’une délégation congolaise venue participer à une série de rencontres bilatérales sur les questions de sécurité et de frontières.

Aux côtés de son homologue congolais, Zéphirin Mboulou, Jacquemain Shabani coprésidera la 11ᵉ session spéciale de la Commission défense et sécurité, ainsi que la 10ᵉ session de la Commission technique mixte RDC–République du Congo en matière de frontières. Ces assises visent à renforcer la coopération transfrontalière et à proposer des solutions concertées aux défis sécuritaires communs.

Les discussions porteront notamment sur la criminalité transfrontalière, la circulation non contrôlée des personnes et la contrebande, des phénomènes régulièrement signalés par les populations riveraines. La démarcation claire des frontières figure également parmi les priorités de cette rencontre bilatérale.

Blanchi Lungala M.

RDC-Vers un remaniement du gouvernement Suminwa : À Kinshasa, la population réclame la compétence plutôt que le clientélisme

La rumeur d’un remaniement imminent du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka agite les réseaux sociaux depuis le week-end dernier. Une rumeur de plus en plus crédible, au regard des campagnes de communication menées par les proches de certains ministres sortants pour vanter leur bilan, dans l’espoir d’obtenir leur reconduction.

À Kinshasa, la perspective de ce remaniement suscite une vague d’attentes, mais aussi de frustrations. Plusieurs citoyens interrogés ce lundi 28 juillet par Netic-News appellent à un changement radical de paradigme : ils réclament un gouvernement basé sur la méritocratie et non sur le poids politique ou les arrangements partisans.

« Nous sommes déçus par tous ces gouvernements qui se sont succédé. Le peuple n’en a jamais tiré un réel bénéfice. Tout tourne autour de leurs intérêts politiques pendant que la population souffre. Cette fois, il faut nommer des personnes compétentes, qui maîtrisent leur domaine, et non des novices qui viennent apprendre sur le tas », déclare un habitant de la commune de Lingwala.

Un ras-le-bol généralisé se fait sentir, et nombreux sont ceux qui pointent du doigt le clientélisme et le favoritisme comme étant les principaux freins à l’efficacité de l’action gouvernementale.

De son côté, Rose Mujinga, vendeuse au marché Gambela, estime que le Président Félix Tshisekedi devrait faire preuve de fermeté :

« Ces ministres inactifs qui se sont enrichis sans rien produire ont nui à son mandat. Il doit les écarter sans état d’âme, peu importe leur appartenance à l’UDPS, l’UNC, le MLC ou l’AFDC-A. S’il cède encore à la logique de l’Union sacrée, le pays continuera à reculer à cause de nominations de convenance. »

À quelques semaines de la probable annonce du nouveau gouvernement, l’exécutif est donc attendu au tournant. Le dernier mandat du président Tshisekedi pourrait bien être jugé à l’aune de la qualité – ou non – de l’équipe qu’il choisira pour l’accompagner.

Par Bienvenu Musoy

Haut-Katanga : Plus de 94 000 finalistes lancent l’examen d’État 2025 sous l’égide de Martin Kazembe Shula

La session ordinaire de l’examen d’État 2024-2025 a débuté ce lundi 28 juillet dans la province éducationnelle du Haut-Katanga 1. Le coup d’envoi a été donné au Lycée Tuendelee de Lubumbashi par le gouverneur intérimaire, Martin Kazembe Shula, en présence de plusieurs responsables politico-éducatifs. Au total, 94 745 candidats, dont 52 815 garçons et 41 930 filles, répartis dans 178 centres, participent à ces épreuves nationales.

Dans son mot d’ouverture, Martin Kazembe Shula a salué le courage des élèves finalistes et les a appelés à la discipline et à la concentration, soulignant que « seule l’ardeur au travail ouvre les portes de l’avenir ». Il était accompagné du ministre provincial de l’Éducation, Georges Kadinga Mulundule, du maire de Lubumbashi, Patrick Kafwimbi Mumamba, de l’Inspecteur principal provincial, Nicolas Nyange Bizy, ainsi que d’une délégation du ministère national de l’EPST.

Les autorités ont ensuite visité quelques salles d’examen et procédé à la remise symbolique des premières épreuves, consacrées à la culture générale. Ce geste solennel a marqué le lancement officiel de cette semaine cruciale d’évaluations, qui se poursuivra jusqu’au jeudi 31 juillet. L’événement témoigne de l’engagement renouvelé du gouvernement provincial à soutenir le système éducatif congolais.

Cedrick Katay Kalombo

Kasaï-Central : Début de la construction de deux ponts sur les rivières Lulua et Miao

L’entreprise égyptienne Arab Contractors a lancé, dimanche 27 juillet 2025, les travaux de construction de deux nouveaux ponts sur les rivières Lulua et Miao, dans la province du Kasaï-Central. Ces travaux s’inscrivent dans le cadre du projet de modernisation de la route Kananga–Kamwesha, un axe stratégique pour la connectivité régionale.

Ce lancement a coïncidé avec une visite d’inspection du gouverneur de province, Joseph-Moïse K’ambulu N’Konko, qui s’est dit satisfait de l’état d’avancement du chantier. Il a salué le respect du calendrier par l’entreprise et encouragé la population à soutenir le projet, soulignant le professionnalisme de l’exécutant et l’importance du suivi des orientations provinciales.

Financé par l’Union européenne, ce projet vise à désenclaver le centre du pays en reliant Kananga à Kinshasa via Tshikapa. Il devrait renforcer les échanges économiques entre les provinces du centre et de l’ouest de la République démocratique du Congo, tout en facilitant la mobilité des personnes et des biens.

Fabrice Kabamba

Massacres récurrents dans l’Est de la RDC : quand l’indifférence nationale banalise l’horreur

L’Est de la République démocratique du Congo poursuit sa lente descente aux enfers. Nord-Kivu, Sud-Kivu et Ituri — les provinces les plus instables du pays — restent en proie à une insécurité chronique, nourrie par une constellation de groupes armés : ADF, M23, CODECO, Zaïre, ou encore des milices locales Maï-Maï. Ces territoires n’ont jamais connu de réel répit. Les massacres de civils se poursuivent à un rythme effroyable, dans un silence presque complice du reste du pays.

Selon des décomptes encore provisoires, au moins 142 civils congolais ont été tués ces deux dernières semaines, dans des attaques menées principalement en Ituri et au Nord-Kivu. Les victimes, pour la plupart sans défense, ont péri sous les balles ou à l’arme blanche.

Rien que dans la nuit du samedi au dimanche dernier, 43 personnes ont été massacrées à Komanda, en territoire d’Irumu (Ituri), alors qu’elles participaient à une veillée de prière. Quelques jours plus tôt, 66 autres civils ont été tués dans des localités voisines à la frontière avec le Nord-Kivu. Par ailleurs, 33 morts ont été recensés dans le territoire de Djugu, toujours en Ituri.

Des populations abandonnées à leur sort

Dans cette région meurtrie, un sentiment d’abandon profond habite les populations. Si la guerre contre le M23 suscite une mobilisation nationale et internationale sans précédent, le même niveau d’attention ne semble pas accordé aux atrocités commises par les ADF ou la milice CODECO.

« Nous souffrons autant de la guerre du M23 que de celle menée par les ADF. Pourtant, ces derniers sont de loin plus cruels. Pourquoi nos autorités n’accordent-elles pas la même priorité à notre situation ? », interroge un ancien député de Beni, visiblement révolté.

Selon lui, les efforts du pouvoir central sont orientés uniquement en fonction des menaces qui pèsent directement sur l’appareil étatique. Le M23, soutenu par le Rwanda, menace les institutions et la souveraineté nationale, justifiant ainsi une riposte tous azimuts. À l’inverse, les ADF et la CODECO, qui opèrent loin de Kinshasa, ne semblent pas représenter une menace directe pour le pouvoir central, et sont dès lors relégués au second plan.

Silence gouvernemental et apathie nationale

Le massacre de Komanda, où plus de quarante fidèles ont été égorgés ou fusillés lors d’une veillée de prière, n’a suscité qu’un bref communiqué officiel. Ni de déclaration présidentielle forte, ni de mobilisation nationale. En dehors des ressortissants de l’Ituri, l’opinion publique est restée atone, comme si ces morts ne comptaient pas.

Cette indifférence contraste avec l’arsenal déployé pour contrer le M23 : forces de la SADC, processus de paix à Nairobi, Luanda, Washington, Doha, mercenaires, diplomatie active, etc. Aucun dispositif comparable n’est mis en œuvre pour mettre fin à l’horreur quotidienne vécue par les populations de Beni, Djugu, Irumu ou Mambasa.

Pourtant, les ADF ne sont pas nouveaux. Actifs depuis plus de 10 ans, ils ont semé la terreur du Nord-Kivu à l’Ituri. La société civile évoque un bilan de plus de 15 000 morts et des dégâts matériels colossaux. Leur mode opératoire, fait d’attaques nocturnes, d’enlèvements, de décapitations et d’incendies de villages, en fait l’un des groupes les plus cruels du continent africain.

À quelques kilomètres de leurs zones d’opération, la milice CODECO sème également la mort avec des méthodes similaires. Aujourd’hui, les deux groupes armés sont considérés comme les plus dangereux du pays. Pourtant, ils semblent ne pas susciter la même mobilisation émotionnelle ou politique que d’autres crises.

Charles Mapinduzi

Ituri : le gouvernement condamne le massacre de Komanda et appelle à soutenir les FARDC

Le gouvernement congolais a exprimé sa profonde consternation après le massacre perpétré dans la nuit du 26 au 27 juillet 2025 à Komanda, dans le territoire d’Irumu, province de l’Ituri. Dans un communiqué rendu public ce lundi 28 juillet, la Primature informe que « Son Excellence Madame la Première ministre a appris avec beaucoup d’émotion le massacre de nombreux civils perpétré par les terroristes ADF/MTM ISCAP ». Le rapport de la troisième zone de défense des FARDC fait état d’une quarantaine de civils tués à la machette et plusieurs autres grièvement blessés.

Condamnant « un acte lâche et odieux », le gouvernement estime que cette attaque vise à semer la terreur parmi la population et à perturber les opérations militaires conjointes menées par les FARDC et l’armée ougandaise dans la région. À cet effet, la Première ministre a présenté ses condoléances aux familles des victimes, leur témoignant sa « sympathie et ses sincères regrets ».

Face à l’émoi provoqué par ce drame, le gouvernement appelle la population à ne pas céder à la peur et à continuer de faire confiance aux forces de défense et de sécurité. Il affirme que toutes les dispositions sont prises pour une prise en charge rapide des victimes, et réitère sa détermination à éradiquer l’activisme des groupes armés dans cette partie du pays.

Cedrick Katay Kalombo

M23 : Quand la politique d’isolement de Kinshasa accentue le désespoir des Congolais sous occupation

L’espoir suscité par les efforts diplomatiques congolais, notamment les pourparlers engagés à Washington et Doha, s’érode progressivement au Nord et Sud-Kivu. Sur fond d’une occupation prolongée par la rébellion du M23 et l’AFC, la situation humanitaire des populations locales ne cesse de se dégrader, aggravée récemment par la décision du gouvernement congolais de récuser les documents de voyage délivrés par les rebelles.

Triplement martyrisés : les oubliés de la République

À Goma (occupée depuis six mois), Bukavu (depuis cinq mois) et Bunagana (depuis plus de trois ans), les Congolais vivent un calvaire. Déconnectés du reste du pays, ils sont contraints de se soumettre au diktat de l’autorité rebelle. Ceux qui tentent de résister subissent des représailles, parfois violentes.

Privés d’accès aux devises à cause de la fermeture des institutions bancaires — sur ordre du pouvoir central — ces citoyens vivent dans une précarité extrême. Certains agents de l’État, notamment des enseignants, doivent parcourir jusqu’à 300 kilomètres pour toucher leur maigre salaire, qu’ils dépensent presque entièrement dans le transport et les frais de séjour.

À cette crise économique s’ajoute une rupture du trafic aérien. L’aéroport international de Goma, tout comme celui de Kavumu à Bukavu, est à l’arrêt. Pour voyager, il faut désormais passer par les pays voisins : Ouganda, Rwanda ou Burundi, ce qui représente un coût énorme pour une population déjà fragilisée.

La récusation des documents du M23 : une gifle de trop ?

Dans ce climat tendu, la décision de Kinshasa de faire pression sur les pays frontaliers pour rejeter les documents de voyage délivrés par le M23 complique davantage la situation. Cette mesure, destinée à isoler les rebelles, est perçue comme une punition collective à l’égard des civils.

« On coupe les services bancaires, on ferme les aéroports, maintenant on empêche même de voyager avec les seuls documents encore acceptés à nos frontières. Sommes-nous encore des Congolais ? », s’indigne un habitant de Goma sur les réseaux sociaux.

Des voix s’élèvent pour dénoncer des décisions prises sans tenir compte des réalités locales. « Qui cherche-t-on à sanctionner ? Le M23 ou les populations civiles ? », s’interroge un analyste politique de Beni.

Un risque de rupture du lien national

La succession de ces mesures jugées « hostiles » par les habitants des zones occupées alimente un ressentiment croissant envers le pouvoir central. Certains évoquent un processus de radicalisation des populations, voire un « syndrome de Stockholm » qui pourrait faire le lit de la balkanisation.

« La colère monte. Kinshasa semble oublier que les gens sur place ne sont pas tous du M23. En les traitant ainsi, on risque de les pousser dans les bras des rebelles », alerte un citoyen de Bukavu.

La cohésion nationale est fragilisée. Alors que les pourparlers de Doha devaient offrir une issue pacifique, Kinshasa donne l’impression de se désengager. Un journaliste de Beni va jusqu’à craindre un futur référendum d’autodétermination orchestré par les rebelles, tant l’isolement est profond.

Une paix compromise ?

Les perspectives de paix sont d’autant plus incertaines que le M23 menace de boycotter les futures étapes du dialogue de Doha si Kinshasa ne procède pas à la libération de plus de 700 prisonniers. Une exigence difficile à accepter pour le gouvernement congolais, qui tente de concilier souveraineté nationale et pressions diplomatiques.

Entre l’étranglement économique, la fermeture des voies de sortie et l’exclusion administrative, les populations des territoires occupés vivent un chemin de croix. Dans ce contexte, chaque décision gouvernementale devrait être soigneusement pesée pour ne pas transformer une crise sécuritaire en fracture nationale.

Charles Mapinduzi