Un vol annulé à la dernière minute, des centaines de passagers abandonnés à N’Djili et une polémique grandissante autour de la compagnie aérienne nationale. À quelques jours d’un match crucial de la RDC à la CAN 2025, la débâcle logistique menace de priver les Léopards de leur 12ᵉ homme.
Un scandale à bord : 250 passagers débarqués de force
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« C’est de la pure escroquerie, ce mercredi 24 décembre à l’aéroport international de Ndjili ». L’indignation est totale. Une légende du football congolais n’a pas mâché ses mots après l’annonce brutale de l’annulation d’un vol Air Congo, alors que près de 250 passagers étaient déjà installés à bord. Journalistes, animateurs, supporters et anciennes gloires du football congolais espéraient rallier le Maroc pour soutenir les Léopards engagés à la Coupe d’Afrique des Nations 2025.
Le choc est immense lorsque l’équipage annonce que le vol n’ira finalement nulle part, invoquant des malentendus contractuels entre le ministère des Sports et la compagnie aérienne nationale.
Une feuille de route ignorée et des chiffres accablants
Selon des sources concordantes, la feuille de route transmise à Air Congo prévoyait le transport de 450 passagers au départ de Kinshasa au plus tard lundi soir. Pourtant, jusqu’à mercredi matin, seuls 210 passagers avaient été acheminés vers le Maroc, au terme de deux rotations seulement.
Pendant ce temps, 240 personnes restaient coincées à l’aéroport international de N’Djili, contraintes de passer deux nuits blanches dans des conditions éprouvantes. Pire encore, la compagnie aurait commencé à limiter volontairement le nombre de passagers embarqués, évoquant des motifs qualifiés de « farfelus », laissant 140 personnes sur le tarmac.
Bagages abandonnés et matériel bloqué : la goutte de trop !
Au-delà de l’abandon des passagers, Air Congo a également refusé de prendre les bagages en soute. Résultat :
* près de 100 valises laissées à Kinshasa,
* du matériel logistique essentiel pour les animateurs et journalistes immobilisé.
Un véritable casse-tête organisationnel à la veille d’une compétition majeure pour la RDC.
Météo ou surcharge ?
Deux versions qui s’opposent. Selon un cadre du ministère des Sports, le pilote aurait d’abord évoqué au téléphone avec le ministre Didier Budimbudes conditions météorologiques défavorables, avant de parler d’un problème de surcharge. « Le ministre est formel : l’avion pouvait accueillir au moins 150 passagers sans danger », affirme cette source.
De son côté, la cellule de communication du ministère des Sports a publié un communiqué officiel, rejetant la responsabilité sur la compagnie aérienne.
Le ministère clame son innocence et met devant ses Air Congo devant ses responsabilités !
« La décision de reporter le vol a été prise exclusivement à la demande des autorités de la compagnie d’aviation, en raison de conditions météorologiques défavorables ne permettant pas un décollage en toute sécurité », précise le communiqué.
« Conformément aux normes internationales de l’aviation civile, le vol a été reporté dans un délai de 48 heures. »
Une justification qui peine à convaincre les passagers abandonnés et une partie de l’opinion publique.
Une solution de secours en urgence avant le match contre le Sénégal
Selon des sources fiables, le ministère des Sports serait désormais en négociations avancées avec une grande compagnie aérienne africaine afin d’assurer le transport des passagers restants avant jeudi, soit moins de 48 heures après l’annulation du vol Air Congo.
« Le ministre tient à ce que toutes les catégories de personnes encore bloquées puissent rejoindre le Maroc avant le match RDC–Sénégal », confie un membre de son cabinet à Opinion-Info, un média local.
Une affaire qui ternit l’image nationale
À l’heure où les Léopards s’apprêtent à défendre les couleurs nationales sur la scène continentale, cette affaire met en lumière de graves dysfonctionnements logistiques et jette une ombre sur la capacité des structures nationales à accompagner les grandes ambitions sportives du pays.
Voldy Matiafu
