Convocation du gouverneur Joseph Moïse Kambulu à Kinshasa : des voix s’élèvent pour condamner la démarche

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Quelques heures après la convocation du gouverneur du Kasaï Oriental, Joseph Moïse Kambulu, à Kinshasa par le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemin Shabani, des réactions se multiplient pour dénoncer cette initiative.

Dans un télégramme officiel, le ministre a demandé au gouverneur de rallier Kinshasa pour consultation dans les plus brefs délais. Cette décision a provoqué une vague d’indignation parmi plusieurs figures politiques et de la société civile.

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Soutien d’Alphonse Ngoy Kasanji

Alphonse Ngoy Kasanji, ancien gouverneur de cette province et membre de l’Union sacrée, a exprimé son désaccord ce jeudi 2 janvier 2025.

« On ne peut pas inquiéter un gouverneur qui dit la vérité. Ceux qui demandent sa démission sont tout simplement ridicules », a-t-il déclaré.

Pour Ngoy Kasanji, cette convocation est une tentative de faire taire une voix qui met en lumière les réalités sur le terrain.

Un point de vue partagé par l’opposition

Prince Epenge, membre de la plateforme Lamuka, s’est également insurgé contre cette démarche. Selon lui, Joseph Moïse Kambulu ne fait que dénoncer l’inaction du Gouvernement central dans une province confrontée à de graves difficultés.

« On nous parle sans cesse des projets dans cette province, mais rien n’est concrètement réalisé. Ce gouverneur dit la vérité et on devrait l’encourager, pas le museler », a-t-il martelé.

La démocratie mise à l’épreuve

Pour Ngoy Kasanji, l’Union sacrée doit œuvrer pour améliorer l’action du chef de l’État et non le tromper. « Le gouverneur Kambulu, en tant qu’administrateur sur le terrain, a des informations précises sur ce qui se passe dans sa province. Si son message est applaudi par la population, c’est la preuve qu’il reflète la volonté de la base », a-t-il ajouté.

Il a par ailleurs rappelé que, lorsqu’il était gouverneur, il n’hésitait pas à faire des remarques directes au Premier ministre de l’époque, Matata Ponyo.

Retour sur les faits

La polémique est née d’une déclaration du gouverneur Joseph Moïse Kambulu, qui a affirmé : « Nous sommes une province totalement abandonnée ». Ces propos, tenus alors que le président Félix Tshisekedi était en visite dans la province, ont été jugés courageux par certains, mais déplacés par d’autres membres de l’Union sacrée.

Le gouverneur dénonçait notamment l’absence d’infrastructures et l’inaction du Gouvernement central, des propos qui vont à l’encontre du discours officiel.

Des critiques sur les canaux utilisés

Selon un expert en communication politique, les canaux employés par le gouverneur pour exprimer son mécontentement n’étaient pas appropriés. En tant que représentant du chef de l’État en province, il est tenu à un devoir de réserve.

« Il y a des déclarations qu’un opposant peut se permettre, mais pas un gouverneur », a estimé cet expert.

Vers une possible suspension

La convocation à Kinshasa pourrait marquer un tournant pour le gouverneur Kambulu. Selon un juriste, cette démarche pourrait aboutir à une suspension déguisée.

« En cas de manquement avéré, il pourrait être maintenu à Kinshasa et son vice-gouverneur chargé d’assurer l’intérim. Cette procédure pourrait être le prélude à une motion de défiance au niveau de l’Assemblée provinciale », a-t-il analysé.

En attendant, une situation tendue

La gestion de cette affaire pourrait avoir des répercussions sur la stabilité politique du Kasaï Oriental et sur l’image du Gouvernement central. La convocation du gouverneur Joseph Moïse Kambulu reste au cœur des débats, dans un contexte où la démocratie et la transparence sont mises à l’épreuve.

Rodriguez Kikamba

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