Crise politico-sécuritaire en RDC : Kabila et Katumbi accusés de rapprochement avec le M23 pour faire tomber Tshisekedi

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Dans l’est de la République démocratique du Congo, la crise sécuritaire s’enlise alors que les combats contre les rebelles du M23 s’intensifient. Malgré les initiatives diplomatiques menées à Doha et aux États-Unis pour une désescalade, la situation sur le terrain prend une tournure préoccupante avec le retour controversé de l’ancien président Joseph Kabila, par une zone contrôlée par les rebelles.

Un pacte avec le diable ?

Depuis plus de trois ans, les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu sont ravagées par les affrontements causés par l’activisme du M23. Pour Kinshasa, il s’agit d’une guerre d’agression orchestrée par le régime rwandais de Paul Kagame.

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Mais une nouvelle donne vient complexifier la crise. Désormais, en plus du Rwanda, Joseph Kabila est directement accusé d’être le véritable instigateur de la rébellion. Son retour par Goma, bastion des rebelles, a ravivé les tensions et alimenté les soupçons.

Et pour cause : plusieurs de ses proches n’ont pas hésité à saluer publiquement cette posture ambiguë. Lors d’une interview accordée à RFI, Kikaya bin Karubi, conseiller diplomatique de Kabila, a affirmé que si le M23 avait pour objectif de mettre fin à la « tyrannie » et de restaurer l’ordre, alors l’ancien président pourrait envisager de prendre la tête du mouvement.

« Le président Kabila, il l’a dit dans son discours, est prêt à travailler avec quiconque aime passionnément le Congo. Si l’AFC-M23 prouve qu’il partage cet amour pour le pays, pourquoi ne pas envisager un partenariat ? », a-t-il déclaré.

Kikaya bin Karubi justifie ce rapprochement en affirmant que les raisons du conflit entre Kabila et le M23 en 2012 ne sont plus valables aujourd’hui. Pour lui, le mouvement rebelle exprimerait désormais une révolte légitime contre la mauvaise gouvernance actuelle.

Les Katumbistes emboîtent le pas

Ce changement de discours s’observe aussi chez Moïse Katumbi. En exil depuis plusieurs mois, le leader de l’opposition et ancien gouverneur du Katanga peine à revenir au pays. Lors d’une interview accordée à VoxAfrica, son porte-parole Olivier Kamitatu a tenu des propos similaires à ceux des kabilistes.

« Nous voulons former un front commun avec toute l’opposition, qu’elle soit armée ou non, pour mettre fin à la dictature de Félix Tshisekedi », a-t-il déclaré, accusant le régime d’avoir trahi les idéaux démocratiques du pays.

Kamitatu dénonce une répression généralisée contre les opposants et une tentative systématique de division de la nation par le pouvoir en place.

Tshisekedi avait-il vu juste ?

Depuis plusieurs mois, sans apporter de preuves tangibles, le président Félix Tshisekedi accusait Joseph Kabila et Moïse Katumbi d’être derrière les actions du M23. Des accusations que les intéressés rejetaient alors en bloc, les qualifiant de manœuvres politiques pour masquer les échecs du régime.

Mais les récentes déclarations de leurs camps semblent désormais conforter les soupçons du chef de l’État. Le soutien, même indirect au M23 par des figures de l’opposition marque une escalade dangereuse.

Vers une radicalisation de l’opposition ?

Pour de nombreux observateurs, cette dérive ne saurait toutefois être comprise sans prendre en compte le climat politique répressif qui prévaut à Kinshasa. Plusieurs leaders de l’opposition, dont Kabila, Katumbi, Matata Ponyo, Franck Diongo ou encore Claudel Lubaya, se disent victimes de harcèlement politique.

La semaine dernière, les immunités de Joseph Kabila ont été levées dans des conditions jugées irrégulières. Matata Ponyo, quant à lui, a été condamné à 10 ans de prison pour détournement de fonds, alors que plusieurs proches du régime, eux aussi suspectés de corruption, restent intouchables. Moïse Katumbi a préféré s’exiler plutôt que d’affronter ce qu’il considère comme une chasse aux sorcières.

Conclusion : Une spirale inquiétante

Le climat politique et sécuritaire se dégrade dangereusement en RDC. Le rapprochement entre des figures de l’opposition et le mouvement rebelle du M23 pourrait faire basculer le pays dans une nouvelle ère d’instabilité, où les rivalités politiques se règleraient désormais par les armes.

Charles Mapinduzi

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