Après de longs mois de négociations à Doha et à Washington, censées pacifier l’Est de la République démocratique du Congo, le constat est sans appel : les accords conclus n’ont produit aucun effet tangible sur le terrain. Malgré la signature, le 15 novembre 2025, d’un accord-cadre entre Kinshasa et le M23, les promesses de stabilisation sont restées lettre morte. Désormais, la crise congolaise semble se recentrer sur le continent africain. Selon plusieurs sources, un dialogue intercongolais pourrait se tenir au Togo, sous l’égide du président Faure Gnassingbé, dès le début de l’année 2026.
Les préparatifs paraissent sérieux. Des sources concordantes indiquent que l’ancien président Joseph Kabila aurait séjourné récemment à Lomé, une visite qui n’aurait rien de touristique ni d’anodin. Le président Félix Tshisekedi lui-même aurait arrêté le principe de ce dialogue national inclusif sur le sol togolais, signe d’une volonté d’explorer des solutions endogènes aux crises qui minent la RDC. Par ailleurs, la diplomatie qatarie, attendue à Kinshasa ce week-end, entend consulter largement toutes les sensibilités politiques, preuve de la complexité et de l’envergure de l’initiative en préparation.
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Le dialogue national inclusif, dont les concertations pourraient débuter dès décembre sauf changement, serait encadré par un panel de facilitateurs panafricains, selon un acteur politique cité par des sources bien introduites. Leur mission serait d’accompagner les échanges entre l’Union sacrée, l’opposition non armée, l’opposition armée et la société civile. D’après nos informations, le président Tshisekedi miserait sur ce dialogue pour tourner enfin la page des guerres qui ont détruit des vies, désorganisé des communautés et ravagé des infrastructures, et pour jeter les bases d’un Congo plus stable et plus vivable.
Cependant, cette démarche pourrait également comporter une dimension politique. Le chef de l’État congolais ne semblerait pas favorable au Pacte social proposé par l’Église catholique, jugé trop contraignant pour ses objectifs. L’option panafricaine, soutenue par le président angolais et plusieurs chefs d’État de la CIRGL, apparaît comme une tentative de s’affranchir de ce que certains qualifient de « piège tendu par les impérialistes » dans l’accord de Doha.
En définitive, l’analyse demeure à la fois prudente et optimiste : face à l’impasse des négociations internationales, l’Afrique doit proposer ses propres solutions. Dans un monde multilatéral et complexe, le continent dispose désormais de leviers, de leadership et d’une maturité politique qui lui permettent de gérer ses crises. À travers ce prochain dialogue, la RDC pourrait bien démontrer que les solutions africaines aux problèmes africains ne relèvent plus du simple slogan, mais d’une nécessité stratégique.
Charles Mapinduzi
