Le géant minier chinois CMOC Ltd. (anciennement China Molybdenum) consolide sa domination en République démocratique du Congo (RDC) en annonçant un investissement massif de 1,08 milliard de dollars pour l’extension de sa mine de Kisanfu, dans la province du Lualaba. Prévue pour s’achever en 2027, cette deuxième phase vise à ajouter 100 000 tonnes de production annuelle de cuivre. Cet engagement majeur intervient alors que CMOC a affiché des performances financières records en 2025, ses bénéfices du troisième trimestre ayant presque doublé (788 millions de dollars), soutenu par des prix du cuivre proches de leurs niveaux historiques.
Malgré cette offensive d’investissement, CMOC opère dans un environnement réglementaire sous haute tension en RDC. Début 2025, le gouvernement congolais a imposé des quotas stricts et une interdiction temporaire sur les exportations de cobalt, un métal dont la RDC est le premier producteur mondial. Ces mesures limitent fortement les volumes d’exportation de CMOC sur les deux prochaines années. Cependant, ces restrictions ont créé un effet de rareté, entraînant une flambée des prix mondiaux du cobalt métal et de l’hydroxyde de cobalt, conférant ainsi un avantage concurrentiel significatif à l’opérateur chinois sur le marché.
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Cette dynamique a permis à CMOC de s’imposer définitivement comme le premier producteur mondial de cobalt, surpassant son rival Glencore. En 2023, le groupe a enregistré une croissance spectaculaire de 170 % de sa production de cobalt. L’expansion agressive de CMOC à Kisanfu illustre la mainmise croissante de la Chine sur les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques. Pour Kinshasa, ces investissements représentent à la fois une opportunité économique majeure et un défi de gouvernance pour assurer la transformation locale et la valorisation nationale de ses ressources stratégiques.
Guyvenant Misenge
