L’ancien président intérimaire de l’UDPS et ex-premier vice-président de l’Assemblée nationale, Jean-Marc Kabund, est de retour sur le devant de la scène politique congolaise. Dans une série de déclarations tranchantes publiées ce jeudi 27 février sur les réseaux sociaux, il critique vertement la gouvernance de Félix Tshisekedi et s’oppose à toute tentative de révision constitutionnelle visant à prolonger son mandat au-delà des limites actuelles.
Jean-Marc Kabund ne mâche pas ses mots. Selon lui, une modification de la Constitution dans l’intérêt général pourrait être acceptable, mais toute initiative visant à permettre un troisième mandat relèverait d’un véritable « coup d’État constitutionnel ». Il va plus loin en affirmant que cette manœuvre est une « insulte à la mémoire des martyrs de la démocratie » et trahit les idéaux défendus par feu Étienne Tshisekedi.
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Cette prise de position intervient alors que des voix au sein du camp présidentiel évoquent discrètement une possible réforme constitutionnelle. Une hypothèse qui, selon Kabund, ne ferait qu’aggraver les tensions politiques et sécuritaires déjà exacerbées par une gouvernance qu’il qualifie d’ »autoritaire et clientéliste ».
L’ancien cadre de l’UDPS dresse un portrait sombre de la situation en République démocratique du Congo sous Tshisekedi. « Le pays sombre dans la violence, avec l’Est en proie à la guerre, l’appauvrissement de 80 % de la population et l’autoritarisme », affirme-t-il. Pour lui, ces échecs ne sont pas le fruit du hasard mais résultent directement d’une gestion « clientéliste » et d’un « mépris total pour l’État de droit ».
Ces critiques résonnent avec le mécontentement croissant d’une partie de la population face à l’insécurité persistante, notamment dans l’Est du pays, et aux conditions de vie toujours plus précaires.
Kabund revient aussi sur son récent passage en prison, dénonçant une « justice aux ordres ». « Vous m’avez illégalement enfermé, vous me libérerez sans conditions », affirme-t-il, considérant sa libération non comme une réparation, mais comme une confirmation de l’injustice subie.
Ces déclarations laissent présager une montée en puissance de l’ancien allié de Tshisekedi dans l’opposition.
Gilbert Ngonga
