L’activiste Jedidia Mabela, figure du mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA), a recouvré la liberté ce lundi 27 octobre après 27 jours de détention à la prison centrale de Kisangani. Condamné en première instance à six mois de réclusion pour diffusion de fausses nouvelles et imputations diffamatoires, il avait été poursuivi pour avoir dénoncé l’utilisation présumée de fonds publics par le gouverneur de province dans l’organisation de deux concerts de l’artiste Rebo.
Saisie en appel, la Cour d’appel de Kisangani a réformé le jugement initial et annulé la peine de prison ainsi que l’amende d’un million cinq cent mille francs congolais (1 500 000 FC). La libération de Mabela a été saluée par ses compagnons de la LUCHA, qui considéraient son arrestation comme une manœuvre politique destinée à faire taire une voix critique. L’activiste avait notamment exigé, à travers un mémorandum, un contrôle parlementaire sur la gestion des fonds provinciaux, dont ceux destinés aux travaux du stade Lumumba et aux événements culturels.
Accédez aux informations importantes avant tout le monde
Cette décision judiciaire intervient dans un climat politique tendu : le gouverneur, partie civile dans l’affaire, a été destitué le même jour par l’Assemblée provinciale. Dix-huit députés provinciaux ont voté à l’unanimité une motion de défiance pour mauvaise gestion, détournement, tribalisme et atteinte aux libertés fondamentales. Une coïncidence que plusieurs observateurs jugent révélatrice du contexte de crise institutionnelle à la tête de la province de la Tshopo.
Guyvenant Misenge
