La prison de Kikwit, située dans la province du Kwilu, n’a plus reçu de subventions de l’État congolais depuis près d’une année. Cette situation a entraîné une grave pénurie de nourriture, de médicaments et d’autres produits essentiels. En conséquence, les détenus ne bénéficient désormais que d’un seul repas par jour, assuré principalement grâce à l’aide d’organisations religieuses et de personnes de bonne volonté. Par ailleurs, l’établissement pénitentiaire, qui s’approvisionnait auparavant à crédit auprès de fournisseurs privés, n’est plus accepté par ces derniers depuis quatre mois en raison de son insolvabilité.
L’alerte a été lancée dimanche 8 mars 2026 par le président de la société civile de Kikwit, Laurent Bwenia. Selon lui, les infrastructures pénitentiaires sont dans un état de délabrement avancé et la prison n’a jamais été réhabilitée depuis sa construction en 1930, à l’époque coloniale. L’établissement compte actuellement 408 détenus, dont la majorité serait en détention préventive prolongée sans que leur sort judiciaire ne soit clairement établi. On y dénombre également 21 mineurs, une dizaine de policiers et militaires, ainsi qu’un ressortissant indien.
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Face à cette situation, Laurent Bwenia dénonce notamment le manque d’infrastructures adaptées, l’insuffisance de soins médicaux et l’absence de jugement pour de nombreux détenus.
« Il y a un manque criant d’infrastructures appropriées pour une prison : pas de réinsertion, pas de prise en charge adéquate des soins et pas de jugement pour beaucoup de détenus. Cela est inapproprié pour une prison », a-t-il déclaré, appelant l’État congolais à prendre ses responsabilités afin d’éviter une éventuelle catastrophe humanitaire au sein de cet établissement pénitentiaire.
Rodriguez Kikamba
