Le rapport JED 2025 accable le régime Tshisekedi : 12 journalistes tués en 7 ans contre 15 en 18 ans sous Kabila

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Le rapport annuel 2025 de Journaliste en danger (JED), publié le samedi 22 novembre, dresse un tableau particulièrement sombre de la liberté de la presse en RDC, en dépit d’une baisse générale des violations par rapport à l’ère Kabila. L’ONG rappelle que 30 journalistes ont été assassinés en 30 ans : 12 homicides et 4 disparitions enregistrés entre 2019 et 2025 sous Félix Tshisekedi, contre 15 assassinats et 2 disparitions entre 2001 et 2018 sous Joseph Kabila. Rapporté au temps passé au pouvoir, le régime Tshisekedi affiche ainsi un rythme presque doublé en matière de meurtres et de disparitions forcées de journalistes. Pour JED, cette hausse des crimes les plus graves démontre que la RDC demeure l’un des environnements les plus dangereux du continent pour exercer ce métier, malgré les engagements politiques répétés en faveur de l’État de droit.

L’ONG relève toutefois une amélioration notable sur plusieurs indicateurs systémiques qui caractérisaient la répression sous Kabila : les incarcérations passent de 172 à 59, les interpellations de 519 à 77, les agressions physiques de 248 à 103, les menaces et harcèlements de 274 à 127, les pressions administratives et judiciaires de 286 à 20, et les entraves à la circulation de l’information de 338 à 100. Mais pour JED, ces progrès sont largement neutralisés par la persistance d’une impunité totale autour des assassinats, une impunité qui traverse les deux régimes et compromet toute crédibilité institutionnelle. Pas un seul cas de journaliste tué n’a été élucidé en RDC au cours des vingt dernières années. Cette continuité, souligne JED, confirme que les changements de discours n’ont jamais débouché sur de véritables changements de pratiques.

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Face à ce constat, JED appelle les autorités congolaises à mettre fin à ce cycle de crimes non résolus, qui réduit la liberté de la presse à un droit purement théorique. Pour l’organisation, tant que les quelque trente journalistes assassinés resteront inscrits dans des dossiers sans justice, la profession demeurera l’une des plus exposées du pays. L’ONG rappelle au régime Tshisekedi que s’engager pour la démocratie implique d’abord de protéger ceux qui informent et de garantir qu’aucun journaliste ne soit tué ou porté disparu dans l’indifférence générale. En RDC, conclut JED, la liberté de la presse reste en sursis tant que les commanditaires et les exécutants continuent de bénéficier d’une impunité absolue.

Charles Mapinduzi

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