L’évêque du diocèse de Butembo-Beni, Mgr Sikuli Paluku, a lancé un cri d’alarme face à la détérioration continue de la situation sécuritaire dans l’Est du pays. Devant la presse à Beni, le vendredi 21 novembre, il a confié revenir de Kinshasa avec un profond sentiment de déception, affirmant que les autorités ne semblent pas saisir l’ampleur des drames qui frappent quotidiennement les populations locales :
« Je n’ai pas eu l’impression qu’ils se préoccupent beaucoup de notre situation. C’est pour cela que nous avons l’impression d’être abandonnés », a-t-il déploré.
À la tête de l’un des diocèses les plus éprouvés par les violences des ADF et d’autres groupes armés, Mgr Sikuli rappelle que cette insécurité persistante ne semble toujours pas émouvoir les dirigeants. Malgré les massacres, les villages désertés et l’effondrement des activités dans la région, il estime que la réponse de l’État reste largement insuffisante, laissant les populations dans la peur constante et avec un sentiment d’abandon devenu quasi permanent.
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Le prélat a appelé sans détour les autorités à assumer leurs responsabilités constitutionnelles :
« Nous sommes des citoyens congolais, nous avons droit à la sécurité, pour nos personnes et nos biens », a-t-il insisté.
Pour les communautés meurtries de Beni et Butembo, ce message est interprété comme un appel pressant à un sursaut national, dans une région où chaque jour de silence des autorités coûte des vies à des citoyens.
Charles Mapinduzi
