Un an après les massacres de Maykengu, survenus le 12 juin 2024 dans le secteur de Bapere, la société civile du territoire de Lubero, dans la province du Nord-Kivu, dresse un bilan particulièrement alarmant de la situation sécuritaire dans cette région du nord-est de la République démocratique du Congo (RDC).
Selon Fiston Kabunga, président de la société civile de Njiapanda-Mangurejia, plus de 1.500 civils ont été tués au cours des douze derniers mois dans une série d’attaques attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe armé d’origine ougandaise, actif dans la région depuis plusieurs années.
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« La première incursion des ADF dans notre zone a eu lieu à Maykengu, dans le groupement de Bapakombe, où 43 personnes avaient été massacrées », a-t-il rappelé lors d’un point de presse tenu le samedi 14 juin. « Depuis, l’hémorragie s’est propagée dans près d’une vingtaine de villages du nord du territoire de Lubero. En une année, nous avons enregistré plus de 1.500 morts, de nombreuses disparitions, des milliers de déplacés, sans compter les destructions matérielles. »
La société civile locale estime que l’insécurité s’est généralisée dans plusieurs localités du secteur de Bapere, notamment à Makwangi, Kavasewa, Kasima, Njiapanda et Bapakombe, poussant des milliers d’habitants à fuir leurs villages pour trouver refuge ailleurs.
Face à cette situation dramatique, Fiston Kabunga lance un appel pressant aux autorités congolaises pour qu’elles prennent des mesures urgentes et concrètes afin de restaurer la sécurité dans la zone.
« La population est épuisée par cette insécurité chronique. Elle attend des actions fortes et visibles du gouvernement pour mettre un terme aux tueries et ramener la paix dans cette région trop longtemps meurtrie », a-t-il insisté.
Malgré la présence de forces de sécurité congolaises et de la coalition régionale engagée dans la traque des ADF, la situation reste préoccupante. De nombreux acteurs locaux appellent à un renforcement des effectifs militaires, à une meilleure coordination des opérations et à un soutien humanitaire accru pour les populations déplacées.
Rodriguez Kikamba
