Quatre jours après son arrivée à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu actuellement en grande partie sous contrôle du M23, l’ancien président Joseph Kabila a effectué ses premières apparitions publiques ce jeudi 29 mai 2025.
Comme annoncé depuis mercredi, l’ex-chef de l’État a notamment rencontré les responsables des confessions religieuses pour échanger sur la crise sécuritaire qui secoue l’est de la République démocratique du Congo, en quête de pistes de solutions éventuelles.
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Outre les religieux, Kabila devrait également s’entretenir avec des acteurs politiques, principalement issus de l’opposition, selon des sources proches. Des discussions avec des représentants du M23 ou de la rébellion seraient également envisagées.
Sa présence dans une ville partiellement occupée par une rébellion armée suscite de nombreuses interrogations. À Kinshasa, certains sont convaincus que le sénateur à vie s’est rangé du côté du M23 pour affaiblir le régime actuel. « L’AFC, c’est lui », déclarait déjà le président Félix Tshisekedi, en référence à l’Alliance Fleuve Congo, mouvement soupçonné de liens avec la rébellion.

Du côté des partisans de l’ancien président, on affirme que Joseph Kabila est revenu au pays pour œuvrer au retour d’une paix durable, bien que les tentatives de négociation aient jusque-là échoué. Toutefois, selon Kikaya bin Karubi, conseiller diplomatique de Kabila, son camp n’écarte pas l’idée d’une alliance avec la rébellion, perçue comme une opposition armée, afin de « mettre fin à la tyrannie fatshiste ».
Le vendredi 23 mai, Joseph Kabila avait prononcé un discours virulent à l’égard de son successeur. Très critique envers la gestion de Félix Tshisekedi, il a promis de sortir de son silence et de jouer un rôle actif pour « mettre fin à la dictature instaurée par le régime de Kinshasa ».
Charles Mapinduzi
