Les projections budgétaires pour l’exercice 2026, issues du Cadre Budgétaire à Moyen Terme (CBMT) actuellement examiné au Parlement, soulèvent de vives interrogations sur les priorités du gouvernement. Alors que les besoins sociaux et productifs restent pressants, les arbitrages opérés traduisent une orientation en faveur des institutions politiques au détriment des secteurs de développement. Cette tendance met en cause la cohérence entre les ambitions du Président Félix Tshisekedi et la réalité de l’allocation des ressources publiques.
Le secteur de l’Agriculture, pourtant au cœur de la stratégie nationale pour la sécurité alimentaire et la création d’emplois, enregistre une contraction inquiétante. Son budget chute de 33%, passant de 2 287,6 milliards de FC en 2025 à 1 522,9 milliards de FC en 2026. Cette baisse compromet la mise en œuvre de programmes structurants tels que la mécanisation agricole et le renforcement des chaînes de valeur. En revanche, le financement du Parlement connaît une nette progression : l’Assemblée nationale passe de 778,5 à 933,8 milliards de FC (+20%), tandis que le Sénat augmente de 304,4 à 351,4 milliards de FC (+15,4%).
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Malgré une légère embellie pour le Développement rural, dont le budget grimpe à 1 428,1 milliards de FC (+35%), ce niveau reste insuffisant pour soutenir durablement la lutte contre la pauvreté en milieu rural. Globalement, cette redistribution budgétaire, qui réduit les marges de manœuvre des secteurs productifs, risque de fragiliser les engagements du gouvernement en matière de croissance inclusive et de transformation économique.
Guyvenant Misenge
