Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Kamba, a annoncé la résiliation de l’accord de gestion de l’Hôpital du Cinquantenaire, suite à des manquements majeurs observés dans l’exécution du contrat signé avec Padiyath Health Care SARL. Cette décision, rendue publique mercredi, fait suite à une évaluation approfondie qui a mis en lumière de nombreuses irrégularités, notamment le non-respect des clauses essentielles du contrat.
Graves manquements contractuels
Selon le communiqué officiel du ministère, plusieurs obligations contractuelles n’ont pas été respectées par Padiyath Health Care SARL, notamment :
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– Le non-versement d’un apport financier de 40 millions USD ;
– La non-rétrocession de 5 % des recettes générées par l’hôpital à l’État ;
– L’absence de réalisation des investissements promis pour moderniser les installations ;
– Une tenue comptable non conforme aux normes en vigueur ;
– L’absence de rapports annuels sur les activités, pourtant requis.
Ces manquements ont poussé le ministère à mettre fin à cette collaboration, tout en prévoyant un préavis de résiliation de six mois. Pendant cette période, un comité d’accompagnement sera mis en place pour superviser la transition et garantir la continuité des services de l’hôpital, l’un des plus grands centres hospitaliers de Kinshasa.
Un hôpital clé pour la santé publique
Inauguré en 2013, l’Hôpital du Cinquantenaire de Kinshasa est un projet phare de la coopération sino-congolaise. Étalé sur une superficie de 40 000 m², il a coûté près de 100 millions USD, un investissement visant à améliorer l’offre de soins en République démocratique du Congo. L’hôpital, équipé pour offrir des services médicaux de haut niveau, avait été confié à la société indienne Padiyath Health Care SARL dans le cadre d’un partenariat public-privé signé le 14 juin 2013.
Un retour à la gestion publique
Face aux lacunes constatées, le ministre Roger Kamba a insisté sur l’engagement du gouvernement à reprendre la gestion de l’hôpital pour améliorer les services de santé au bénéfice de la population congolaise. Il a également assuré que la transition se ferait sans heurts, avec pour objectif principal de garantir la continuité des soins et de renforcer l’efficacité de la gestion de cet établissement de santé stratégique.
La résiliation de cet accord marque un tournant dans la gestion des infrastructures hospitalières en RDC, où la priorité est désormais de s’assurer que les investissements publics profitent réellement aux citoyens. Le ministère a réitéré sa détermination à surveiller de près la gestion de ses partenaires pour garantir une meilleure prestation des services de santé.
Les six prochains mois seront importants pour redéfinir l’avenir de cet hôpital qui, selon les autorités, doit pleinement jouer son rôle au service de la population.
Gilbert Ngonga
