Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) se retrouve officiellement dans le collimateur de la justice congolaise. Dans un réquisitoire parvenu samedi 22 novembre à notre rédaction, le Procureur Général près le Conseil d’État, Mukolo Nkokesha Jean-Paul, a demandé la dissolution pure et simple du parti fondé par l’ancien président Joseph Kabila. Cette démarche, effectuée sur instruction du président Félix Tshisekedi via le Vice-Premier ministre de l’Intérieur, s’appuie sur l’article 29 de la loi régissant les partis politiques.
« Plaise au Conseil d’État de : dire recevable et fondé le présent réquisitoire : prononcer la dissolution du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la démocratie. Frais comme de droit. Ça sera justice », écrit le Procureur.
Le réquisitoire dénonce plusieurs comportements de l’ancien chef de l’État et de cadres du PPRD qui constitueraient selon la justice des atteintes graves à l’unité nationale et à la souveraineté du pays. Mukolo Nkokesha cite notamment « son interview du 23 février 2025 » où Joseph Kabila aurait « tendu à minimiser les crimes du M23/AFC », ainsi que « son discours du 23 mai 2025 », jugé favorable aux revendications du mouvement rebelle, ou encore « sa visite au camp de Rumangabo le 27 mai 2025 ». Le document critique également des propos de cadres du parti, comme Aubin Minaku déclarant le 26 février 2025 :
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« Il faut être prêt à tout ; fini le moment du silence, maintenant c’est le moment des actions ouvertes, je m’assume », ou Kikaya bin Karubi affirmant le 16 juin 2025 que « les objectifs du M23 et ceux de Joseph Kabila ne sont pas en pleine contradiction ».
Pour le ministère public, ces prises de position et l’implication de plusieurs membres du PPRD auprès du M23/AFC traduisent une « collision manifeste » entre le parti et le mouvement rebelle. Le réquisitoire souligne que le parti « a violé les textes constitutionnels, législatifs et réglementaires » et rappelle l’article 6 de la loi sur les partis politiques interdisant « toute activité à caractère militaire, paramilitaire ou assimilée ». Cette procédure s’inscrit dans le contexte d’une condamnation par contumace de Joseph Kabila à la peine de mort par la Haute Cour militaire de Kinshasa, le 30 septembre 2025, pour « crimes de guerre » et « trahison », ainsi qu’une obligation de verser plus de 33 milliards de dollars de dommages et intérêts à l’État et aux victimes.
Cedrick Katay Kalombo
