Dans une démarche inédite, le gouvernement congolais a franchi une nouvelle étape dans la réforme de la sécurité sociale. Le Vice-Premier Ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a présenté, le vendredi 30 mai à l’Assemblée nationale, deux projets de loi visant à modifier le cadre légal actuel pour y inclure les agents publics à mandat politique. Une réforme ambitieuse, appuyée par le président Félix Tshisekedi, qui vient élargir la protection sociale à une nouvelle catégorie de serviteurs de l’État.
Ce projet de loi entend réviser la loi n°22/031 du 15 juillet 2022, jusque-là limitée aux fonctionnaires de carrière, afin d’y intégrer les ministres, députés, gouverneurs et autres responsables politiques. Ce changement s’inscrit dans une vision plus globale de justice sociale et de renforcement institutionnel, initiée par le pouvoir en place. Il fait suite à l’intégration récente des militaires et policiers au sein de la Caisse nationale de sécurité sociale des agents publics de l’État (CNSSAP), autrefois laissés en marge de cette couverture.
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L’innovation majeure de cette réforme repose sur l’instauration d’un régime de capitalisation individuelle, particulièrement adapté à la nature temporaire des mandats politiques. Grâce à ce mécanisme, les anciens mandataires pourront bénéficier d’une protection sociale même après la fin de leurs fonctions, leur assurant une transition plus sécurisée vers d’autres horizons professionnels ou personnels.
Pour les autorités, ce projet ne se limite pas à une simple avancée administrative. Il représente un levier de modernisation de la fonction publique et vise à renforcer l’attractivité des carrières publiques en assurant un traitement équitable de tous les agents de l’État, quelle que soit la nature de leur engagement. Cette réforme répond également aux exigences constitutionnelles, notamment celles de l’article 36, qui garantit la sécurité sociale à tous les citoyens.
Portée par le leadership affirmé du président Tshisekedi et la vision réformatrice de Jean-Pierre Lihau, cette initiative pourrait transformer en profondeur le rapport des citoyens congolais à l’administration publique. En garantissant un filet social aux décideurs publics, le gouvernement espère également encourager une gouvernance plus responsable et stable à tous les niveaux.
Si l’Assemblée nationale adopte les textes proposés, la RDC s’alignera progressivement sur les standards internationaux en matière de protection sociale des agents publics. Ce tournant historique marquerait une rupture avec une tradition d’exclusion, en posant les jalons d’un État plus inclusif, solidaire et respectueux des droits sociaux de ses serviteurs.
Cedrick Katay Kalombo
