Un vent de transparence souffle sur l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo. Lors de la plénière du vendredi 30 mai, une commission d’enquête a été mise sur pied pour faire toute la lumière sur la redevance aéroportuaire dite « Go Pass ». Instaurée depuis une quinzaine d’années, cette taxe perçue sur chaque passager des aéroports congolais est aujourd’hui au cœur d’une controverse liée à sa gestion par la Régie des Voies Aériennes (RVA).
Cette initiative parlementaire a été enclenchée à l’issue d’une audition du directeur général de la RVA, Ngoma Mbaki, interpellé dans le cadre d’une question orale avec débat. Si le responsable de l’entreprise a tenté de défendre les mécanismes de collecte et d’affectation des recettes issues du « Go Pass », ses explications n’ont pas réussi à convaincre une majorité de députés, qui dénoncent un manque de transparence persistant.
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Le député national Claude Misare, à l’origine de la démarche, s’est montré particulièrement virulent. Il accuse la RVA d’avoir perçu, pendant 15 ans, des sommes importantes auprès des voyageurs sans que ces fonds ne soient clairement retracés ni affectés de manière visible à l’amélioration des infrastructures aéroportuaires. Pour lui, cette situation traduit un profond déficit de redevabilité au sein de l’entreprise publique.
C’est en vertu de l’article 210 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale que la commission d’enquête a été instituée. Elle aura pour tâche de passer au crible la gestion de cette redevance, d’identifier d’éventuels dysfonctionnements et de proposer des mesures correctives pour renforcer la gouvernance de la RVA. Cette démarche marque un renforcement du rôle de contrôle du Parlement sur les entreprises publiques stratégiques.
L’annonce de cette enquête a été largement saluée par les députés de tous bords, qui y voient un signal fort envoyé à toutes les institutions impliquées dans la gestion des finances publiques. Pour plusieurs élus, il est temps de mettre fin aux zones d’ombre qui entourent certaines pratiques et de restaurer la confiance de la population dans les mécanismes de gestion publique.
Au-delà du cas spécifique du « Go Pass », cette action parlementaire s’inscrit dans une dynamique plus large de promotion de la transparence et de lutte contre la mauvaise gouvernance. Dans un pays où les attentes sociales sont immenses, l’efficacité du contrôle parlementaire est perçue comme un levier indispensable pour améliorer la gestion des ressources nationales et renforcer l’État de droit.
Cedrick Katay Kalombo
