Le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) alerte, dans un rapport exploité, sur la persistance de la crise humanitaire dans les provinces de l’Est de la République démocratique du Congo. Au Nord-Kivu, la dégradation de la situation sécuritaire dans la zone de santé de Masisi a entraîné le déplacement de plus de 170 000 personnes à la mi-avril. Selon l’agence onusienne, cette nouvelle vague de déplacés exerce une pression considérable sur les services sociaux de base et accentue les besoins humanitaires dans les zones d’accueil. OCHA souligne également que l’insécurité et le mauvais état des infrastructures routières continuent de limiter l’accès des acteurs humanitaires aux populations affectées.
Accédez aux informations importantes avant tout le monde
Au Sud-Kivu, les affrontements armés dans les Moyens et Hauts Plateaux des territoires de Fizi, Uvira et Mwenga compliquent davantage l’acheminement de l’aide humanitaire. Ces violences touchent aussi bien les personnes déplacées que les retournés et les communautés hôtes. Malgré ce contexte difficile, près de 20 000 ménages ont bénéficié d’une assistance en espèces dans le territoire d’Uvira. En Ituri, l’insécurité persistante autour de Bule, dans le territoire de Djugu, expose les civils à de multiples risques, tandis que plus de 29 600 personnes déplacées à Mambasa demeurent confrontées à d’importants besoins humanitaires.
La situation est aggravée par la présence de l’épidémie d’Ebola dans plusieurs provinces de l’Est du pays. D’après OCHA, ces provinces accueillent plus de 3,4 millions de personnes déplacées vivant souvent dans des conditions précaires, ce qui accroît les risques de propagation de la maladie. Au 31 mai 2026, la RDC comptait également 26,5 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire, 205 incidents sécuritaires ayant affecté les travailleurs humanitaires et plus de 42 600 cas de violences basées sur le genre pris en charge à travers le pays.
Jean Ngaviro
