En République démocratique du Congo, la question des salaires des agents publics continue d’inquiéter. Dans une note publiée en mars 2026, le Centre de Recherche en Finances Publiques et Développement Local révèle que l’État congolais a dépensé environ 19 milliards de dollars entre 2021 et 2025 pour rémunérer les fonctionnaires. Ce montant dépasse régulièrement les prévisions budgétaires initiales, créant un déséquilibre notable dans la gestion des finances publiques. Ces dépassements répétés traduisent des difficultés persistantes à maîtriser les dépenses, malgré l’existence de mécanismes censés encadrer strictement les charges de personnel.
Le rapport souligne que ces pratiques contreviennent à la loi relative aux finances publiques, qui impose le respect des plafonds autorisés pour les dépenses de personnel. La Cour des comptes a, à plusieurs reprises, alerté sur ces dérives sans obtenir, selon le document, de réponses satisfaisantes du gouvernement. Par ailleurs, la part des salaires dans les recettes internes demeure élevée, dépassant 40 % sur plusieurs exercices. Un niveau supérieur au seuil recommandé par le Fonds monétaire international, qui considère cette situation comme un risque sérieux pour l’équilibre budgétaire à court et moyen terme.
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Au-delà des chiffres, le rapport met en lumière des irrégularités structurelles dans le système de paie. Des enquêtes de l’Inspection générale des finances ont évoqué l’existence d’agents fictifs, de doublons et de manipulations des fichiers administratifs, entraînant des pertes importantes pour le Trésor public. Malgré plusieurs tentatives de réforme et des audits antérieurs, les résultats tardent à se concrétiser. Récemment, le président Félix Tshisekedi a ordonné un nouvel audit afin d’assainir la situation. Toutefois, de nombreux observateurs estiment que seule l’application rigoureuse des recommandations et des sanctions à l’encontre des responsables permettra d’éviter la répétition de ces dérives.
Charles Mapinduzi
