Pour Richard Muyej, ancien gouverneur du Lualaba, l’intensification du débat sur le fédéralisme risque de détourner l’attention des véritables urgences nationales. Il estime que relancer aujourd’hui les discussions sur une réforme institutionnelle majeure revient à ignorer des problèmes plus pressants, notamment le manque de transparence dans la prise de décision, l’existence d’une diplomatie parallèle et la gestion opaque des ressources publiques et minières. Selon lui, ce débat crée une distraction alors que la population est confrontée à des difficultés sociales et économiques croissantes.
Muyej rappelle que la question du fédéralisme n’est pas nouvelle. Elle avait été largement débattue lors des assises de Sun City en 2002, aboutissant à un compromis : la décentralisation. Inscrite dans le Pacte Républicain, cette option visait à préserver l’unité nationale tout en accordant davantage de responsabilités aux provinces. Pour l’ancien gouverneur, rouvrir ce dossier aujourd’hui pourrait fragiliser cet équilibre déjà précaire, d’autant que la décentralisation elle-même n’a jamais été pleinement mise en œuvre.
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Face à ce contexte, Richard Muyej appelle les acteurs politiques à privilégier la correction des faiblesses actuelles plutôt que d’engager un nouveau chantier institutionnel. Il invite à éviter les polémiques, à renforcer la cohésion nationale et à concentrer les efforts sur l’amélioration de la situation économique et sociale du pays. Selon lui, la responsabilité collective et l’action concertée doivent primer pour répondre aux attentes pressantes de la population.
Charles Mapinduzi
