La République démocratique du Congo a marqué un point juridique important dans le long conflit qui l’oppose au Rwanda. La Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, siégeant à Arusha (Tanzanie), a jugé, ce jeudi 26 juin, recevable la plainte introduite par Kinshasa contre Kigali et s’est déclarée compétente pour examiner les faits dénoncés par la RDC.
« La requête de la République démocratique du Congo a été jugée recevable », a confirmé le ministère congolais de la Justice.
Par cette démarche judiciaire initiée en décembre 2024 par le ministre de la Justice ad interim, Samuel Bemba, la RDC accuse le Rwanda de « pillages systématiques des ressources naturelles, d’agressions et de massacres de populations civiles depuis trois décennies dans sa partie Est ». Kigali rejette en bloc ces accusations. Toutefois, la Cour a écarté les exceptions soulevées par le Rwanda, notamment celles relatives à l’incompétence de la juridiction panafricaine, et a fixé un délai de 90 jours pour que Kigali dépose ses conclusions.
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Le président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), Paul Nsapu, a salué cette décision, qu’il qualifie d’« historique ». Selon lui, « la Cour poursuivra le procès contre Kigali afin d’établir sa culpabilité ou non ». Il s’agit là d’une avancée majeure dans la quête de justice portée par les victimes des violences armées dans l’Est de la RDC, une région ravagée depuis plus de trente ans par des conflits récurrents.
Cedrick Katay Kalombo
