Dans une tribune publiée ce jeudi 13 novembre, l’ancien ministre et président du Parti Travailliste, Steve Mbikayi, relance le débat sur la forme du régime politique en République démocratique du Congo. Il estime que la limitation des mandats présidentiels à deux constitue « une bêtise politique » héritée des constitutions occidentales des années 1990, adoptées sans tenir compte des réalités africaines. Selon lui, cette contrainte n’a ni favorisé la stabilité institutionnelle ni contribué au développement national, citant la RDC comme « l’un des rares États d’Afrique centrale à maintenir cette limite sans être plus stable que ses voisins ».
S’appuyant sur les exemples du Cameroun, de l’Ouganda, du Burundi ou encore du Congo-Brazzaville, où les dirigeants ont levé les verrous constitutionnels pour assurer une continuité du pouvoir, Mbikayi soutient que « l’important n’est pas la durée du mandat, mais la qualité du pouvoir exercé ». Il propose ainsi de supprimer la limitation des mandats et de porter la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans, afin de permettre au peuple, et non à la loi, de décider de la reconduction ou non de ses dirigeants.
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Par ailleurs, Steve Mbikayi appelle à une refonte du système politique congolais en remplaçant la notion d’« opposition » par celle de « minorité politique ». Il plaide pour une gouvernance inclusive fondée sur la collaboration des forces politiques selon leur poids électoral, dans l’esprit du consensus traditionnel africain autour du chef. À ses yeux, limiter les mandats dans un État encore en construction revient à priver le peuple de la possibilité de reconduire un dirigeant qui répond à ses aspirations.
Charles Mapinduzi
