La déclaration publiée à l’issue de la 66e session extraordinaire de l’Église du Christ au Congo (ECC) sur la question des réformes constitutionnelles continue de susciter des réactions au sein de la classe politique congolaise. Dans une note ouverte adressée aux principaux responsables de cette institution protestante, notamment les révérends André-Gédéon Bokundoa et Éric Senga, l’opposant Seth Kikuni s’est dit déçu par ce qu’il considère comme l’absence d’une position claire de l’ECC sur un sujet qu’il juge déterminant pour l’avenir de la République démocratique du Congo. Tout en saluant le rôle historique joué par l’Église dans les grandes luttes démocratiques du pays, il estime que l’institution a manqué l’occasion de réaffirmer avec force son attachement à la Constitution du 18 février 2006.
Seth Kikuni critique particulièrement le passage de la déclaration dans lequel le Comité exécutif national de l’ECC qualifie de « pertinentes et constructives » les réflexions des différentes parties sur la nécessité d’éventuelles réformes constitutionnelles. Selon lui, cette appréciation met sur un même pied d’égalité les partisans et les opposants à une révision de la Constitution. L’opposant soutient que le contexte actuel, marqué par l’insécurité persistante dans l’Est du pays, les déplacements massifs de populations et les difficultés socioéconomiques, ne se prête pas à l’ouverture d’un tel débat. Il considère que les priorités des Congolais demeurent la restauration de la paix, la protection des populations civiles, la lutte contre la pauvreté ainsi que l’amélioration des infrastructures et des services sociaux de base.
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Dans son plaidoyer, Seth Kikuni appelle l’ECC à adopter une position plus ferme en faveur du respect des dispositions constitutionnelles en vigueur, notamment celles relatives à la procédure de révision et aux clauses jugées intangibles. Il estime que la mission prophétique de l’Église ne consiste pas uniquement à écouter les différentes sensibilités politiques, mais aussi à prendre clairement position lorsque les fondements démocratiques sont, selon elle, menacés. Rappelant le rôle joué par les Églises lors des périodes les plus sensibles de l’histoire politique congolaise, il invite l’ECC à retrouver une voix forte dans le débat public. Pour l’opposant, la Constitution issue du processus de transition demeure un pilier essentiel de la stabilité institutionnelle du pays et ne devrait pas être remise en cause dans le contexte actuel.
Charles Mapinduzi
