La répression du sit-in pacifique organisé par l’opposition sur l’esplanade du Palais du Peuple à Kinshasa continue de susciter de nombreuses réactions. Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, le Dr Denis Mukwege, opposant politique et ancien candidat à l’élection présidentielle de 2023, accuse le pouvoir en place d’avoir mobilisé et instrumentalisé l’armée, la police ainsi que la « Force du progrès », présentée comme une milice proche du parti présidentiel, pour réprimer des citoyens et s’en prendre à des responsables de l’opposition.
Selon le Prix Nobel de la paix, ce recours à la violence traduit un rétrécissement préoccupant de l’espace civique et politique en République démocratique du Congo. Il estime que le pays évolue dans un climat marqué par la répression et l’intimidation visant les organisations de la société civile, les défenseurs des droits humains et les acteurs de l’opposition. « Cette politique de répression et de musèlement de l’opposition rappelle à la population congolaise et à la communauté internationale les heures sombres de la fin du régime de Joseph Kabila, il y a une dizaine d’années », a-t-il déclaré.
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Face à ce qu’il qualifie de dérive dictatoriale, Denis Mukwege appelle à une mobilisation nationale et internationale afin de prévenir ce qu’il considère comme un « coup d’État constitutionnel » en préparation. D’après lui, toute modification de la Constitution destinée à permettre un troisième mandat au président Félix Tshisekedi ne ferait qu’aggraver la crise que traverse déjà la RDC. Pour rappel, le rassemblement de la coalition C64 visait à exprimer son opposition à tout projet de révision constitutionnelle susceptible de prolonger le maintien au pouvoir du chef de l’État.
Blanchi Lungala M.
