Torture et toxicomanie : Deux combats urgents pour la RDC en ce 26 juin

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Ce 26 juin marque une double commémoration d’envergure mondiale : la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture et celle consacrée à la lutte contre l’abus et le trafic de drogues. Pour la République Démocratique du Congo, ces deux dates résonnent comme un signal d’alarme face à des réalités préoccupantes qui gangrènent à la fois ses institutions et son tissu social.

Des cas de torture encore trop fréquents

Malgré les engagements internationaux, la torture reste une pratique documentée sur le territoire congolais. Selon le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH), des centaines de violations des droits humains, dont de nombreux cas de torture, ont été recensées en 2024, principalement dans les zones de conflit à l’Est du pays.

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Fin 2024, les Nations Unies ont tiré la sonnette d’alarme, exhortant Kinshasa à mettre en place un mécanisme national de prévention de la torture, un outil encore inexistant malgré les recommandations répétées.

Drogues : une menace grandissante, surtout chez les jeunes

Dans le même temps, la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues jette une lumière crue sur un autre défi de taille. Le Rapport mondial sur les drogues 2024 de l’ONUDC révèle une tendance mondiale inquiétante : la consommation et la production de drogues ont atteint des niveaux records en 2023. La RDC n’est pas épargnée.

De plus en plus utilisée comme zone de transit, notamment pour les trafics vers l’Afrique australe, la RDC fait aussi face à une consommation locale en nette augmentation, en particulier chez les jeunes dans les centres urbains comme Kinshasa. Cette situation engendre des conséquences graves sur la santé publique, la sécurité et la cohésion sociale.

L’urgence d’agir : entre prévention, répression et réformes

Face à cette double urgence, l’inaction n’est plus une option. À Kinshasa, les centres de prise en charge sont souvent débordés par des jeunes consommateurs de drogues, notamment parmi les « Kulunas », ces gangs urbains tristement célèbres. Le manque de programmes de désintoxication et de réinsertion aggrave une spirale de violence et de marginalisation.

Par ailleurs, la lutte contre la torture passe par des réformes profondes au sein de la police, des services de sécurité et du système pénitentiaire. Sans mécanismes de contrôle efficaces, les abus resteront impunis.

Plus qu’un devoir de mémoire, ce 26 juin doit être un tournant. La RDC est appelée à joindre les actes aux discours pour garantir un avenir plus juste, plus sécurisé et respectueux des droits humains.

Guyvanant Misenge

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