Le député provincial Godé Mpoy, ci-devant président de l’assemblée provinciale de Kinshasa, a été réhabilité hier lundi 24 juillet par la Cour d’appel de Kinshasa. Et ce, après sa destitution décidée par la quasi majorité des élus provinciaux qui composent cet organe délibérant, soit 41 députés sur 48 qui siègent habituellement à l’APK.
La décision est tombée hier lundi dans la soirée, elle est même confirmée par Me Georges Kapiamba, président de l’ACAJ qui dit néanmoins ne pas détenir les éléments d’appréciation sur lesquels la haute cour a fondé sa décision.
Pour les élus provinciaux, ayant voté pour le destitution de M. Mpoy, cette réhabilitation sonne l’instabilité de l’organe délibérant. C’est le début d’une bataille féroce qui aura des conséquences incalculables sur la marche des institutions provinciales de la ville de Kinshasa.
Cette mégapole qui n’est pas à comparer avec d’autres agglomérations de la RDC. Si l’instabilité s’installe au sein des institutions provinciales, notamment au Sankuru, Lualaba, Tanganyika, Kasaï Oriental, Maniema, Kongo Central et autres, sans produire de grandes déflagrations à l’international, il n’en est pas le cas pour la ville de Kinshasa qui héberge toutes les institutions nationales et internationales. Tout ce qui se passe ici touche directement le régime et produit un autre effet que les provinces ne peuvent produire.
Tout est pourtant admis que Godé Mpoy s’accroche à un poste pour lequel il ne bénéficie plus de la confiance de ses pairs à l’APK, même pas des autres membres du bureau de cet organe délibérant.
De plus, dans sa bataille pour un retour aux affaires, M.Mpoy a promis de régler des comptes à ses détracteurs une fois revenu aux affaires. Avec cette réhabilitation, c’est la chasse à la sorcière qui va s’engager à l’APK. Godé Mpoy désavoué par les élus provinciaux va convoquer plénières et réunions, pour quel public, avec quel bureau, parce qu’il a perdu la confiance de ses compères qui l’accuse d’incompétence et autres maux.
Les députés signataires de la motion lue par Desiré Mbonzi wa Mbonzi ont dénoncé un lobby politico-ethnicotribal appuyé par des chefs religieux de l’ERC.
Entre-temps, ce groupe de députés a promis de dépoussiérer les étagères de la gestion de Gode Mpoy pour y déceler tous les cafards qui y sont tapis. Ce groupe n’entend pas se laisser faire.
Dans ces conditions, tous les ingrédients d’un duel aux couteaux sont bien en place et entendent qu’une étincelle pour exposer.
En tout état de cause, si Gode Mpoy est pasteur qui confesse la vérité du Christ dans son éthique et toute la probité morale, et fruits de l’esprit celui-ci devait prôner de jetter le tablier. Un pasteur converti et gagné en Christ n’est pas dans les confrontations païennes et mondaines. Il ne cherche pas à s’agripper à un fauteuil au milieu des personnes qui n’ont rien en commun. Déjà, il n’est plus en odeur de sainteté avec l’exécutif provincial, comment dès lors va-t-il s’y prendre ?
Aux caciques du régime, qui se sont battus comme des chiffonniers pour faire revenir par tous les coups de l’enfer M.Mpoy aux affaires, ne calculent pas les conséquences.
L’opinion qui n’est pas d’accord avec la gestion de la ville, estime que Godé Mpoy est de complicité pour avoir gelé toute action de contrôle de l’exécutif par l’APK.
C’est un message fort que ce groupe envoie à l’opinion qui comprend maintenant que toutes les forfaitures dans la gestion chaotique de la ville ont été parrainées par Godé Mpoy et le moment venu, l’opinion risque de régler des comptes non à M.Mpoy , mais au chef de l’Etat.
Gauthier Sey