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RDC : Un député national propose une loi majeure pour réformer la sous-traitance

Le député national Patrick Munyomo a déposé, ce mercredi 04 mars 2026 au bureau de l’Assemblée nationale, une proposition de loi visant à modifier en profondeur les règles de la sous-traitance dans le secteur privé. Baptisée « Loi Munyomo II », cette initiative ambitionne de réformer la loi de février 2017 pour mieux protéger la main-d’œuvre locale. L’élu a précisé que ce texte s’aligne directement sur la vision du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, qui souhaite favoriser l’émergence de millionnaires congolais et soutenir l’objectif gouvernemental de créer six millions d’emplois d’ici 2028.

Le projet de loi propose une refonte technique d’envergure : sur les 33 articles que compte la législation actuelle, 18 ont été modifiés et plus de 45 nouveaux articles ont été insérés. Selon l’auteur du texte, ces ajustements visent à apporter « plus de clarté, d’efficacité opérationnelle et de précision » dans un secteur souvent critiqué pour ses zones d’ombre. Cette réforme se veut un levier stratégique pour garantir que les marchés de sous-traitance profitent réellement aux entreprises à capitaux congolais.

L’élu de Goma a annoncé que cette version enrichie contient plus de 15 innovations majeures, dont les détails seront révélés lors de la présentation officielle en plénière au cours de la session parlementaire de mars. Ce débat est particulièrement attendu par les entrepreneurs locaux et les jeunes diplômés, qui voient en cette réforme une opportunité de sécuriser l’accès aux marchés privés et de dynamiser l’économie nationale.

Guyvenant Misenge

RDC : Jean-Pierre Lihau brise les murs hiérarchiques avec « FaraFara na VPM »

Le gouvernement congolais à travers le vice-Premier ministre en charge de la Fonction Publique, Jean-Pierre Lihau, a consacré la journée de ce mercredi 4 mars 2026 à des échanges rapprochés avec les agents de l’État, dans le cadre de la séance désormais emblématique « FaraFara na VPM ». Fidèle à sa politique de proximité, le VPM poursuit sa démarche d’écoute active pour mieux comprendre les défis rencontrés par le personnel public et identifier des solutions adaptées.

Lors de cette rencontre, les fonctionnaires ont eu l’opportunité d’exposer directement leurs préoccupations concernant les carrières, les affectations, les promotions et leurs conditions de travail.

Ce cadre de dialogue permet de lever les barrières hiérarchiques et de favoriser une communication transparente entre les agents et l’autorité de tutelle, renforçant ainsi la confiance et la collaboration au sein de l’administration publique.

Cedrick Katay Kalombo

RDC : La PNC expose ses urgences budgétaires à Adolphe Muzito, vers des réponses concrètes ?

Le vice-Premier ministre et ministre du Budget, Adolphe Muzito, accompagné du vice-ministre Elysé Bokumwana, a reçu ce mercredi 4 février 2026 une délégation de la haute hiérarchie de la Police nationale congolaise (PNC), dirigée par le commissaire général Benjamin Alongaboni, dans son cabinet au Centre financier de Kinshasa à Gombe. La rencontre avait pour objectif principal de discuter des préoccupations budgétaires de la PNC et de renforcer la collaboration entre les forces de sécurité et le ministère du Budget.

« Nous sommes venus, en tant que structure, nous entretenir avec le Vice-Premier ministre du Budget, aussi lui présenter nos civilités.

Depuis qu’il est mis en fonction, nous n’avons jamais eu l’occasion de le voir, et nous en avons profité pour échanger autour des préoccupations de la Police en matière budgétaire », a expliqué le commissaire général Alongaboni. Selon lui, le vice-Premier ministre s’est montré réceptif et a pris acte des doléances exposées, laissant entrevoir des réponses concrètes dans un futur proche.

Les échanges ont porté sur des enjeux essentiels tels que l’amélioration des conditions de vie et de travail des policiers, la modernisation des infrastructures, et le renforcement des effectifs. Satisfaits de l’audience, les responsables de la PNC ont salué l’écoute attentive d’Adolphe Muzito, espérant que les mesures adéquates seront rapidement mises en œuvre pour soutenir l’efficacité et la survie institutionnelle de la police.

Cedrick Katay Kalombo

Révolution digitale dans les écoles congolaises : La RDC rejoint GATEWAYS UNESCO-UNICEF

La République démocratique du Congo atteint un tournant historique dans le secteur de l’éducation avec l’adhésion officielle à l’initiative GATEWAYS UNESCO-UNICEF, annoncée ce mercredi 4 mars par la ministre de l’Enseignement Supérieur, Universitaire, Recherche Scientifique et Innovations, Marie-Thérèse Sombo. Lancée en 2022, cette initiative mondiale soutient les États dans le développement de plateformes d’apprentissage numériques sécurisées, inclusives et gratuites, offrant aux élèves, étudiants, enseignants et familles un accès à des contenus éducatifs de qualité, conformes aux programmes scolaires et académiques.

En rejoignant ce réseau international, la RDC intègre une communauté de pays engagés dans la transformation digitale de l’éducation, parmi lesquels figurent le Brésil, la Chine, l’Égypte, le Kenya et les États-Unis. L’initiative prévoit un soutien technique, le partage de bonnes pratiques à travers des visites d’études, ainsi que l’organisation de dialogues stratégiques pour renforcer la mise en œuvre des programmes d’enseignement ouvert et à distance.

Pour assurer le succès de cette démarche, Monsieur Thierry Abankwi Ipama, Directeur-Chef de Service de l’Enseignement Ouvert et à Distance, a été désigné Référent Pays Principal. Cette avancée s’inscrit dans la vision du Chef de l’État Félix Tshisekedi, portée par le Gouvernement sous la direction de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, qui mise sur la modernisation, la digitalisation et l’internationalisation du système éducatif congolais.

Cedrick Katay Kalombo

Kinshasa : 11 milliards CDF récupérés après l’audit du fichier des enseignants

L’opération d’assainissement du fichier de paie des enseignants a permis au Trésor public de récupérer 11 milliards de francs congolais (CDF) pour la seule ville de Kinshasa en 2025. Selon le rapport annuel du ministère de l’Éducation nationale, ce succès financier résulte de la suppression de nombreux « agents fictifs » grâce à une campagne d’identification biométrique rigoureuse. Fort de ce résultat, le gouvernement a décidé d’étendre ce nettoyage à l’ensemble des provinces afin de fiabiliser durablement la gestion du personnel enseignant sur toute l’étendue du pays.

Cette réforme intervient dans un climat de pression internationale, alors que le Fonds monétaire international (FMI) s’inquiète d’une masse salariale publique ayant doublé entre 2021 et 2025. Pour répondre à ces critiques, le président de la République a chargé la Première ministre de superviser un audit approfondi des états liquidatifs des agents publics. Depuis le 2 mars 2026, l’Inspection générale des finances (IGF) a ainsi déployé ses experts pour une mission cruciale de 30 jours visant à reprendre le contrôle sur des dépenses jugées critiques pour l’équilibre budgétaire.

Au-delà du secteur éducatif, le gouvernement mise sur la technologie pour assainir l’ensemble de la fonction publique. Le projet d’interconnexion des fichiers biométriques et des bases de données de la paie, amorcé en août 2025, doit permettre d’éliminer définitivement les doublons et les agents non éligibles. En stabilisant ces dépenses, qui absorbent désormais plus de 50 % des recettes fiscales, les autorités espèrent restaurer la crédibilité financière de la RDC et libérer des ressources pour les investissements prioritaires.

Guyvenant Misenge

Commerce extérieur : Paluku enclenche la révolution normative pour propulser le “Made in Congo” sur le marché mondial

La République démocratique du Congo franchit un cap stratégique dans la modernisation de son commerce extérieur. Ce mercredi 4 mars 2026, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a présidé une réunion technique de haute importance avec l’expert international en commerce Saïd Ali, en vue de finaliser la formalisation des Comités nationaux Sanitaires et Phytosanitaires (SPS), des Obstacles Techniques au Commerce (OTC) ainsi que du Codex Alimentarius.

Inscrite dans la dynamique d’alignement sur les standards de l’Organisation mondiale du commerce, cette initiative vise à doter la RDC de mécanismes conformes aux exigences internationales. Selon le ministère, ces structures permettront de mieux protéger la santé publique, de préserver l’environnement et de garantir la qualité des produits congolais destinés à l’exportation, tout en réduisant les barrières techniques susceptibles de freiner leur accès aux marchés étrangers.

À travers cette réforme, le gouvernement entend renforcer la compétitivité des exportations nationales et consolider la souveraineté réglementaire du pays. L’ambition est claire : positionner durablement le label “Made in Congo” sur l’échiquier international grâce au respect rigoureux des normes mondiales et à une gouvernance commerciale modernisée.

Blanchi Lungala M

Attaque meurtrière à l’Upemba : l’ICCN hausse le ton et parle d’une violation grave des lois internationales

L’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) a dénoncé une attaque armée perpétrée mardi 3 mars 2026 contre le quartier général du Parc national de l’Upemba, situé à Lusinga. Dans un communiqué publié mercredi 4 mars, l’institution indique que des assaillants non identifiés ont pris pour cible les installations du parc, causant d’importants dégâts humains et matériels.

Selon la même source, cinq membres du personnel ont été tués au cours de cette incursion. Des équipements ont été pillés et plusieurs infrastructures détruites. Une cellule de crise a été mise en place dès le lendemain sous la coordination de la direction générale de l’ICCN. En collaboration avec les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et les services de sécurité, des mesures ont été déployées afin de sécuriser la zone et de prévenir toute nouvelle attaque.

Les autorités locales affirment que le contrôle du parc et de la station de Lusinga a été rétabli. L’ICCN condamne ce qu’il qualifie de violation flagrante des lois nationales et des conventions internationales protégeant les aires protégées, rappelant leur statut de patrimoine commun au regard du droit international de l’environnement. Le Parc national de l’Upemba est reconnu pour sa biodiversité exceptionnelle et son importance écologique stratégique pour la République démocratique du Congo.

Blanchi Lungala M

Kinshasa : Un homme retrouvé ligoté et sans vie à N’sele

Un homme d’environ cinquante ans, dont l’identité reste inconnue, a été découvert mort ce mercredi 4 mars dans une zone broussailleuse de la commune de Kinshasa, précisément à N’sele.

Selon des habitants ayant relayés l’information à Netic-News.net, la victime a été retrouvée allongée à même le sol, le visage enflé, les bras ligotés à l’aide de cordes et la bouche bâillonnée avec des bandes. Elle était torse nu au moment de la découverte.

Les résidents dénoncent une recrudescence de l’insécurité dans cette commune périphérique et appellent les autorités à renforcer les mesures de protection pour mettre fin à ces violences répétées.

Jérémie Ngunga Léman

Révision constitutionnelle en RDC : Modeste Bahati Lukwebo brise le silence et tacle les « géniteurs » de 2006

Le deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, a affiché ce mercredi, 4 Mars une opposition frontale à toute initiative de révision constitutionnelle en République démocratique du Congo, décochant au passage des critiques appuyées contre Evariste Boshab, figure associée aux débats constitutionnels depuis l’adoption de la Loi fondamentale de 2006. Face à la presse, Bahati Lukwebo a dénoncé ce qu’il qualifie de volte-face idéologique de certains acteurs politiques.

« Il ne faut pas être hypocrite. Quand on aime son chef, on lui dit la vérité », a-t-il lancé, dans une déclaration au ton inhabituellement tranchant.

Pour l’ancien président du Sénat et actuel allié de taille de l’UDPS au sein de l’Union sacrée, le débat sur la révision de la Constitution ne repose sur aucun fondement solide.

« Le pays n’a pas un problème de textes, mais d’hommes », a-t-il affirmé, estimant que les difficultés institutionnelles relèvent davantage de la gouvernance et du respect des lois existantes que d’une quelconque obsolescence du cadre constitutionnel.

Allusion directe à ceux qui jugent la Constitution « dépassée » dix-sept ans après sa promulgation :

« Il ne suffit pas de dire qu’elle est dépassée 17 ans après. C’est quelle théorie scientifique ? », a-t-il interrogé, mettant en cause la rigueur intellectuelle des partisans d’une réforme.

Sans le nommer explicitement dans ses premières déclarations, Bahati Lukwebo a néanmoins ciblé ceux qu’il présente comme les « géniteurs » du texte constitutionnel, en référence aux acteurs ayant participé à son élaboration.

« Je ne comprends pas comment ceux qui se disent géniteurs, ceux qui devraient protéger cette Constitution, disent aujourd’hui le contraire », a-t-il déclaré, dans une critique à peine voilée visant Evariste Boshab, constitutionnaliste et ancien président de l’Assemblée nationale.

Il convient de rappeler que ces propos sont tenus dans un contexte politique marqué par des spéculations récurrentes autour d’une éventuelle révision constitutionnelle, un sujet sensible dans un pays où la question des mandats présidentiels a déjà provoqué de vives tensions par le passé. En s’opposant publiquement à toute modification de la Loi fondamentale, Bahati Lukwebo s’inscrit dans une ligne de fermeté institutionnelle, tout en accentuant les fractures au sein de la classe politique congolaise sur l’avenir du cadre constitutionnel. Ce qui frise des divergences au sein de l’Union sacrée plateforme majoritaire du pouvoir actuel.

Jamely Timothée Kayembe

Rubaya frappée : Comment les éboulements et les sanctions américaines fragilisent le M23 et son allié rwandais

Le mardi 3 mars 2026, un nouvel éboulement a frappé le site minier de Gasasa, à Rubaya, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Selon des sources locales, plus de 200 personnes pourraient avoir perdu la vie, principalement des creuseurs artisanaux et quelques petits commerçants. Si le drame touche directement les communautés locales, il a également des conséquences importantes pour le M23 et son allié, le Rwanda. La disparition de centaines de creuseurs réduit temporairement la production minière, menaçant les revenus de la rébellion qui tire plusieurs milliers de dollars par mois de Rubaya.

Rubaya demeure une mine stratégique, riche en coltan, tantale, or et autres minerais. Ces revenus servent à financer les opérations militaires du M23 et alimentent indirectement l’économie rwandaise. Même si le M23 contrôle d’autres sites miniers générateurs de recettes, la perte soudaine de main-d’œuvre qualifiée constitue un coup dur pour ses activités. Le ralentissement de la production peut avoir des répercussions financières immédiates, obligeant la rébellion à recruter et former de nouvelles équipes pour compenser ces pertes.

Ce nouvel accident survient alors que Washington a annoncé, le 2 mars, des sanctions contre Kigali et certains officiers de la RDF. Ces mesures visent à limiter le soutien du Rwanda aux rebelles et à bloquer certains flux financiers. Selon le professeur Jean-Jacques Wondo, expert militaire, ces sanctions compliquent l’achat et la maintenance d’équipements militaires occidentaux, même si elles n’empêchent pas immédiatement les opérations sur le terrain, car le Rwanda a diversifié ses partenaires et reste actif militairement.

Pour le M23, la combinaison des éboulements répétés et de la pression internationale crée une double contrainte. Chaque perte humaine réduit directement les revenus tirés de l’exploitation artisanale et peut limiter la capacité du groupe à financer ses opérations. Même si le M23 reste alimenté par d’autres mines, la répétition des catastrophes augmente les coûts logistiques et fragilise sa main-d’œuvre sur le moyen terme.

Le drame de Rubaya met également en évidence les enjeux pour la RDC. Avant la prise de contrôle par le M23, une partie des revenus miniers échappait déjà à l’État. Aujourd’hui, la perte du site constitue un double problème, humain et économique. La RDC cherche à mobiliser le soutien international pour reprendre le contrôle de Rubaya, et l’inclusion de la mine dans l’accord minier stratégique RDC-USA constitue un levier diplomatique pour renforcer la pression sur Kigali et sécuriser les ressources congolaises.

Sur le plan militaire, le M23 pourrait ressentir les effets indirects de cette tragédie. La diminution de la production minière entraîne moins de fonds pour l’achat d’armes et le paiement de ses combattants. Même si le groupe contrôle d’autres sites, Rubaya reste un symbole stratégique et financier. La rébellion pourrait être contrainte de ralentir certaines opérations ou de concentrer ses efforts sur d’autres zones plus rentables.

Il est évident que les victimes sont des Congolais contraints de vivre sous le joug de la rébellion. Mais il faut également noter que chaque catastrophe entraîne un lourd tribut humain et menace la stabilité des revenus de la rébellion. Pour le M23 et le Rwanda, ces pertes cumulées aux sanctions américaines constituent un signal non négligeable, indiquant que la situation pourrait affecter la capacité financière et militaire du groupe armé, du moins sur le moyen terme.

Jean Ngaviro