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Nord-Kivu : Tragédie à Rubaya-Plus de six morts dans un éboulement sur le site minier

Un nouvel éboulement a frappé mardi 3 mars 2026 le carré minier de Kasasa, sur le site de Rubaya dans la province du Nord-Kivu, provoquant la mort de plus de six personnes, dont trois femmes et trois hommes, et plusieurs blessés graves. Selon Richard Byamungu, membre de la société civile locale de Goma, certaines sources évoquent même un bilan supérieur. Un pied exploité par des creuseurs artisanaux a été englouti par un glissement de terrain, semant l’effroi parmi les travailleurs et les habitants.

L’incident s’est produit vers la fin de la journée, alors que des amis et connaissances se sont rués sur le site dans l’espoir de retrouver des survivants, sans succès, raconte Richard Byamungu. La scène rappelle la dangerosité des mines artisanales dans la région, où les glissements de terrain sont fréquents et souvent meurtriers, faute de mesures de sécurité adéquates.

La mine de Rubaya reste l’un des sites les plus stratégiques du pays, produisant jusqu’à 30 % du coltan, un minerai indispensable à l’industrie électronique mondiale. Depuis avril 2024, la zone est contrôlée par l’AFC/M23, qui tire des revenus importants de l’exploitation et de la taxation des minerais. Ce drame survient quelques semaines après l’éboulement de fin janvier sur le site de Luwowo, où plus de 200 personnes avaient trouvé la mort, marquant l’une des pires catastrophes minières récentes dans la région.

Rodriguez Kikamba

Journée mondiale contre le proxénétisme : L’école, un sanctuaire à protéger en RDC

Le monde célèbre ce mercredi 04 mars, la journée de la lutte contre l’exploitation sexuelle et du proxénétisme. Ces pratiques sont récurrentes dans plusieurs pays du monde et ont enregistré de nombreuses victimes.
En RDC, plus d’un million de femmes et filles sont exploitées sexuellement dans sa partie Est, zone rongée par la guerre.

En marge de cette journée, le Ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raissa Malu, réaffirme son engagement ferme contre toute forme d’exploitation, d’abus et de harcèlement sexuel (EAS/HS) en milieu scolaire, et condamne avec la plus grande rigueur ces pratiques inacceptables et rappelle que l’école doit rester un espace sûr et protecteur pour chaque élève.

Pour toute dénonciation ou information sur ces abus sexuels, la ministre de tutelle, Raissa Malu, invite tout le monde à contacter gratuitement « Allô École » au numéro vert 178, accessible 24h/24 et 7j/7.

Bienvenu Musoy

RDC-Rwanda : 8 mois après Washington, la paix piétine et les civils souffrent

Huit mois après la signature de l’Accord de Washington entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, la mise en œuvre des engagements reste catastrophiquement faible. Selon le dernier rapport du Baromètre des Accords de Paix en Afrique, le taux global d’exécution stagne à 23,3 % depuis novembre 2025. Les mesures humanitaires prévues, incluant la protection des civils, l’aide aux populations vulnérables et le retour des déplacés et réfugiés, n’ont enregistré qu’un maigre score de 2,5 sur 10, révélant une paralysie des mécanismes prévus pour répondre aux urgences humanitaires. Les tensions entre Kinshasa et Kigali persistent, alimentant la méfiance mutuelle et freinant toute avancée significative sur le terrain.

Malgré cette inertie, le rapport note quelques progrès diplomatiques, notamment l’initiative de cessez-le-feu proposée par le président angolais Lourenço et les consultations menées par le Médiateur de l’Union africaine. L’intervention de la Cheffe par intérim de la MONUSCO et de la Commissaire de l’UE à l’aide humanitaire, accompagnée d’une enveloppe de 81,2 millions d’euros, illustre également la mobilisation internationale. Le Congrès américain a suivi de près l’évolution du processus, tandis que les États-Unis ont annoncé des sanctions contre des responsables rwandais pour non-respect des engagements. Cependant, ces mesures restent insuffisantes face à la recrudescence des affrontements dans l’Est du pays.

Le rapport formule des recommandations claires : accélérer la neutralisation des FDLR, opérationnaliser le mécanisme de vérification élargi (EJVM+), faciliter l’accès humanitaire, et renforcer la transparence et la coordination diplomatique. Sans application concrète de ces mesures, la situation sécuritaire et humanitaire continuera de se détériorer. Huit mois après l’Accord, la paix reste encore un objectif lointain pour les populations de l’Est de la RDC.

Gilbert Ngonga

RDC : Liberté d’expression sous pression : Le gouvernement accusé de vouloir faire taire les voix critiques

L’ONG JUSTICIA Asbl, organisation congolaise engagée dans la promotion et la défense des droits de l’homme et du droit international humanitaire, est montée au créneau à la suite du communiqué officiel n°013/DMK/CAB/ME/MIN/J&GS/2026 du 3 mars 2026, signé par le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba. Dans son communiqué de presse n°008/JUST/2026 publié le 4 mars 2026 à Lubumbashi, l’organisation dénonce ce qu’elle qualifie de « tentative déguisée » de restreindre les libertés d’expression et d’opinion à travers la mise en œuvre annoncée de poursuites judiciaires relatives aux infractions numériques. Si le document officiel évoque le respect des principes de légalité, de proportionnalité et des droits fondamentaux, JUSTICIA Asbl estime que le contexte actuel suscite de sérieuses inquiétudes.

Selon l’ONG basée à Lubumbashi, le durcissement de ton du gouvernement intervient dans un climat politique et sécuritaire particulièrement tendu en République démocratique du Congo. Elle affirme que des « voix discordantes » seraient désormais dans le viseur des services judiciaires et sécuritaires, notamment des organisations de la société civile et des personnalités politiques opposées à un éventuel changement constitutionnel ou critiques envers certaines institutions étatiques, dont le Conseil national de la cyberdéfense. JUSTICIA Asbl met également en parallèle ce communiqué avec les récentes mesures d’interdiction de manifestations publiques et de restriction des rassemblements populaires.

Dans sa déclaration, l’organisation prévient que toute initiative visant à réduire les espaces civiques constituerait une atteinte grave aux droits et libertés garantis par la Constitution et les lois de la République. Elle affirme ne cautionner « aucune démarche tendant à instaurer un pouvoir dictatorial » et appelle au respect strict des principes démocratiques. À travers cette sortie médiatique, JUSTICIA Asbl entend alerter l’opinion nationale et internationale sur ce qu’elle considère comme une menace contre l’État de droit.

Gilbert Ngonga

Tshopo : La France aligne sa coopération sur les priorités du gouvernorat, affirme l’ambassadeur Rémi Maréchaux

L’ambassadeur de France en République démocratique du Congo, Rémi Maréchaux, a réaffirmé mercredi l’engagement de son pays à inscrire toute action de coopération dans la vision stratégique définie par les autorités provinciales de la Tshopo. Cette déclaration est intervenue à l’issue d’échanges avec l’autorité provinciale, dans un contexte où les partenaires internationaux sont appelés à renforcer l’efficacité et la cohérence de leurs interventions au niveau local.

« Nous ne pouvons rien faire d’efficace ici si cela ne correspond pas aux priorités clairement définies par le gouvernorat. Notre action n’a de sens que si elle s’inscrit dans la vision et les engagements de la province », a déclaré le diplomate français.

À travers ces propos, la France souligne sa volonté d’adopter une approche concertée, fondée sur l’écoute des besoins exprimés par les institutions provinciales et sur le respect des orientations stratégiques arrêtées par l’exécutif local.

Cette position traduit un partenariat axé sur l’alignement, la coordination et l’impact durable des projets de développement. En s’inscrivant dans la dynamique impulsée par le gouvernorat de la Tshopo, la France entend ainsi consolider une coopération adaptée aux réalités du terrain, au bénéfice des populations du nord-est de la RDC.

Gilbert Ngonga

RDC : Sanctions américaines et démonstration de force du M23, un bras de fer diplomatique aux conséquences incertaines

En début de semaine, les autorités américaines ont annoncé des sanctions contre l’armée rwandaise et quatre officiers des Rwanda Defence Force (RDF). Washington les accuse d’être impliqués dans la déstabilisation de l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Les États-Unis ont également exigé le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais ainsi que la fin de tout soutien aux rebelles du Mouvement du 23 mars (M23).

Dans le même temps, la pression militaire s’est intensifiée après la neutralisation de Willy Ngoma, porte-parole du mouvement, lors d’une opération de drone ciblée menée par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

Malgré ces pressions diplomatiques et militaires, la situation sur le terrain demeure tendue. Le dimanche 1er mars, des tirs de drones ont de nouveau visé l’aéroport de Kisangani, dans la province de la Tshopo. Plusieurs observateurs y voient une provocation supplémentaire, alors que des efforts diplomatiques sont en cours. Kinshasa accuse Kigali et le M23 de saboter les engagements pris dans le cadre des discussions politiques, notamment celles soutenues par Washington.

Loin d’un retrait des zones sous son contrôle, comme l’exigent les partenaires internationaux, le M23 affiche plutôt des signes de renforcement. Le lundi 2 mars 2026, le mouvement a présenté, à Rumangabo, dans le territoire de Rutshuru, plus de 1 500 nouvelles recrues. Selon le groupe armé, ces éléments ont achevé leur formation militaire et s’apprêtent à intégrer des unités spéciales mobiles.

La cérémonie s’est tenue en présence de Sultani Makenga, chef militaire du mouvement, pourtant annoncé mort ou grièvement blessé quelques jours plus tôt lors d’une attaque de drone à Masisi. Cette apparition publique a été interprétée comme un message de défi.

Dans son intervention, le chef rebelle a de nouveau critiqué le président Félix Tshisekedi et l’armée congolaise, les accusant de s’en prendre aux civils. Sur le terrain, les rebelles consolident leurs positions autour de plusieurs localités proches de la zone minière de Rubaya, ainsi que dans le territoire de Walikale, notamment vers Kibati. Des sources locales évoquent un renforcement significatif des troupes, traduisant une posture résolument offensive malgré les sanctions et les appels à la désescalade.

En définitive, malgré les sanctions et les mises en garde, le M23 et son présumé soutien rwandais ne semblent pas disposés à déposer les armes. La question demeure : assiste-t-on à un défi lancé aux États-Unis et à la communauté internationale, qui espèrent une désescalade rapide ?

Les sanctions américaines suffiront-elles à infléchir la dynamique militaire sur le terrain ou Washington devra-t-il durcir sa position diplomatique et économique ? Et quelles seraient les conséquences d’un éventuel entêtement de Kigali et du M23 ? Autant d’interrogations qui restent, à ce stade, sans réponse claire.

Jean Ngaviro

Kinshasa sous les projecteurs : Le FMI valide les réformes et encourage l’assainissement des finances publiques

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a clôturé le 27 février 2026 sa mission de consultation à Kinshasa après une série d’échanges avec la Première ministre Judith Suminwa et la troïka politique. Cette visite s’inscrit dans les préparatifs de la troisième revue du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC), lancé en janvier 2025. L’institution a salué les progrès réalisés, notamment la digitalisation du système fiscal et l’opérationnalisation de la Direction générale du Trésor, soulignant que ces avancées « renforcent la crédibilité de la RDC devant les partenaires techniques et financiers ».

L’institution de Bretton Woods a particulièrement félicité le gouvernement pour la réforme de la déconcentration de l’ordonnancement, y voyant une étape clé de la modernisation de la gestion publique. Sur le plan macroéconomique, les signaux sont au vert : le FMI prévoit une croissance du PIB dépassant les 5% pour 2026 et une inflation stabilisée autour de 2,2%. Ces performances font suite aux deux premières revues du programme qui ont permis des décaissements totaux de plus de 700 millions USD, essentiels pour soutenir la balance des paiements et la paie des fonctionnaires.

Toutefois, le FMI a réitéré ses inquiétudes concernant la maîtrise de la masse salariale publique, qualifiée de « risque budgétaire majeur ». Pour maintenir l’équilibre financier et garantir la résilience de l’économie, l’institution recommande une gestion plus rigoureuse des dépenses de personnel. En réponse, le gouvernement congolais a remercié le Fonds pour son accompagnement constant, tout en s’engageant à poursuivre l’assainissement des finances publiques pour garantir une stabilité durable.

Guyvenant Misenge

Aéroport de Tshikapa et route Tshikapa-Kandjaji : l’Assemblée provinciale frappe du poing

L’Assemblée provinciale du Kasaï hausse le ton. Elle dénonce l’attribution du marché de construction de l’aéroport national de Tshikapa à la société Horizon Massamba, qu’elle juge « sans aucune expérience dans la construction des aéroports ».

Selon une déclaration lue mardi 03 mars par le rapporteur adjoint, l’organe délibérant provincial condamne également l’implication de certains députés nationaux originaires du Kasaï, accusés d’avoir favorisé, à Kinshasa, des entreprises incompétentes au détriment des intérêts de la province.Par ailleurs, l’Assemblée déplore l’arrêt des travaux de la route Tshikapa-Kandjaji, exécutés par l’entreprise Toha Investment, également pointée du doigt pour son incapacité présumée à mener le projet à terme.

Face à ces irrégularités, la première institution provinciale exige la résiliation pure et simple des contrats signés avec ces sociétés, appelant à confier ces chantiers stratégiques à des entreprises qualifiées afin de garantir le développement des infrastructures du Kasaï.

Jérémie Ngunga Léman

Tshopo : David Bolunda tape du poing sur la table au PK13 et promet des réformes urgentes

Le ministre provincial de la Fonction publique et des Transports, David Bolunda, a effectué une mission d’inspection ce mardi 3 mars 2026 aux barrières du PK13 (Pont bascule) et du PK23, sur la route Ituri. Cette descente sur le terrain visait à contrôler le fonctionnement des services sous sa tutelle et à évaluer directement les conditions de travail des agents affectés à ces postes stratégiques.

À l’issue de ses échanges avec les responsables et les travailleurs, le ministre a exprimé un avis mitigé. S’il a salué le dévouement des agents pour assurer la continuité du service, David Bolunda a ouvertement déclaré ne pas être satisfait du cadre de travail actuel. Selon lui, les conditions constatées ne permettent pas une exécution optimale des tâches administratives et techniques, freinant ainsi l’efficacité des services publics dans cette zone.

Face à ce constat, le ministre a promis de plaider pour une amélioration significative de l’environnement de travail, passant notamment par un renforcement des équipements et un meilleur encadrement administratif. David Bolunda a annoncé que cette tournée se poursuivra prochainement vers d’autres barrières de la province, réaffirmant son engagement à promouvoir un service public plus performant et respectueux des droits des travailleurs.

Guyvenant Misenge

Haut-Katanga : 4 civils tués lors d’une attaque des miliciens Bakata-Katanga au Parc national de l’Upemba

Le site de Lusinga, quartier général du Parc national de l’Upemba, a été attaqué tôt le matin du mardi 3 mars 2026. Selon des informations parvenues à Netic-News mercredi, l’assaut a débuté vers 4 heures. Des hommes armés, présentés comme des miliciens maï-maï Bakata-Katanga, ont pris le contrôle du camp après une brève résistance. Le site abrite les bureaux administratifs, les dortoirs ainsi que le centre de santé du personnel du parc.

La plupart des personnes présentes ont été prises en otage avant qu’une quinzaine d’entre elles ne soient libérées par la suite. Certaines ont été acheminées vers Likasi, tandis que d’autres ont fui en direction de Lubumbashi, Kasungeshi ou Mitwaba. Selon les mêmes sources, le camp serait toujours occupé par les assaillants, rendant les communications difficiles avec l’intérieur du site.

Le bilan provisoire fait état de quatre civils tués. Le nombre de paramilitaires touchés reste inconnu. Un motard du parc a été blessé aux hanches et le capitaine Guillaume, chargé des renseignements du corps des PPM, a également été atteint par balle avant d’être transféré à Likasi pour des soins. Les assaillants ont tenté d’attaquer un centre de formation situé à environ sept kilomètres, mais les écogardes ont réussi à repousser cette offensive, indiquent des sources locales.

Charles Mapinduzi