À Rwindi, une zone du Parc national des Virunga située entre Kanyabayonga et Kiwanja sur l’axe Butembo-Goma, des braquages et pillages quasi quotidiens sont signalés depuis plusieurs semaines. Des hommes armés tendent des pièges aux véhicules et dépouillent les passagers de leur argent, téléphones et autres biens de valeur. Selon plusieurs témoignages, le contrôle sécuritaire semble totalement échapper au M23, qui avait pourtant promis de rétablir la sécurité. Avant la chute de la zone aux mains des rebelles, les autorités congolaises avaient mis en place des convois escortés pour protéger les civils ; aujourd’hui, les usagers de la route disent être livrés à eux-mêmes.
Le mercredi 18 février, un convoi humanitaire a été attaqué à Busendo, près de Maiyamoto, sur l’axe Vitshumbi–Goma. Une ambulance de l’ONG Médecins Sans Frontières transportant des médicaments pour l’aire de santé de Kibirizi, ainsi qu’un véhicule du Norwegian Refugee Council, ont été interceptés et pillés. Plusieurs motards et leurs passagers ont également été victimes de cette attaque survenue en pleine zone du Parc national des Virunga. Certaines sources locales assimilent les assaillants à des éléments du M23 ou à des combattants FDLR retranchés dans le parc.
Face à cette recrudescence de violences, des acteurs de la société civile et des activistes des droits humains dénoncent l’insécurité persistante qui menace à la fois les civils et les organisations humanitaires. Ils appellent à des mesures urgentes pour sécuriser cet axe routier stratégique, notamment par le renforcement de patrouilles mixtes afin de protéger les populations et de garantir la libre circulation, alors que cette partie du territoire échappe toujours au contrôle du gouvernement congolais.
Jean Ngaviro
