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RDC : L’IGF expose son plan stratégique triennal axé sur le contrôle systémique et la digitalisation

L’Inspection Générale des Finances progresse avec le fignolage du nouveau mode de contrôle intelligent des flux financier en RDC. L’Inspecteur Général des Finances, Chef de service Christophe Bitasimwa, a présidé le weekend dernier, une grande séance de travail réunissant la Direction de l’IGF, les Inspecteurs Généraux et les Inspecteurs des Finances. L’occasion a permis à la commission chargée de la finalisation du Plan stratégique triennal d’exposer également le Plan Directeur de Digitalisation de l’IGF, résultat des travaux préparatoires de Mbuela Lodge, dans la province du Kongo – Central.

Ce plan de digitalisation qui a été au cœur des échanges se présente comme le nouveau cerveau du travail de l’IGF avec le contrôle systémique. Ce nouveau mode de contrôle peut ainsi être compris comme une approche qui ne se limite pas à la vérification isolée, mais qui vise une analyse globale de système de gestion. La vision affichée est claire: positionner l’IGF comme une institution intelligente d’intervention, capable d’accompagner la transformation de la gouvernance financière de l’État et de servir efficacement l’intérêt général.

La seconde partie de la présentation a été consacrée à la transformation digitale et à la maîtrise de l’information par l’institution. À l’occasion, le Chef de service, Christophe Bitasimwa, a insisté sur l’importance de la numérisation dans la modernisation de l’IGF. Selon lui, la digitalisation constitue un levier déterminant pour renforcer l’efficacité, la transparence et la réactivité du contrôle des finances publiques.

Le contrôle systémique est ainsi présenté comme une “ patrouille financière ” renforcée, mieux structurée et davantage orientée vers la performance et la prévention. À travers ce plan stratégique, l’IGF entend consolider son cadre légal et affermir son positionnement institutionnel. La présentation s’est conclue par une séance de questions-réponses, au cours de laquelle les Inspecteurs des finances ont pu obtenir des éclaircissements sur les nouvelles orientations et les modalités pratiques de mise en œuvre du contrôle systémique ainsi que de la Digitalisation.

Blanchi Lungala M

Sud-Kivu : 16,4 millions FC destinés aux enseignants braqués sur l’axe Makese–Shabunda

Un nouveau cas d’insécurité a frappé le secteur éducatif dans la province du Sud-Kivu. Une somme de 16.450.000 francs congolais, destinée au paiement des salaires du mois de janvier 2026 des enseignants de Kigulube, a été emportée lors d’un braquage armé perpétré mardi 17 février 2026 sur l’axe reliant Makese au territoire de Shabunda.

La nouvelle a été rapportée le même jour par la Société civile du Sud-Kivu. Selon Félicien Ramazani Piani, ces fonds étaient destinés à quatre écoles primaires et à une école maternelle de la localité de Kigulube. Les porteurs de fonds ont été interceptés dans l’après-midi par des hommes armés qui ont emporté la totalité de la somme, ainsi que des téléphones portables et d’autres biens de valeur.

Cet acte criminel survient dans un contexte sécuritaire particulièrement préoccupant dans l’Est de la République démocratique du Congo, où l’insécurité continue de perturber les activités socioéconomiques, notamment dans les zones rurales enclavées. Les enseignants des établissements concernés appellent les autorités compétentes à diligenter des enquêtes afin d’identifier les auteurs du braquage et à renforcer les dispositifs de sécurité pour garantir la régularité et la sécurisation du paiement des salaires du personnel éducatif dans cette région.

Rodriguez Kikamba

RDC : 81 ONG exigent l’annulation de l’accord minier avec les États-Unis

Une coalition de 81 organisations de la société civile congolaise, réunies au sein de la Mobilisation pour la Sauvegarde de la Souveraineté et de l’Autonomie Congolaise (MOSSAC), exige l’annulation de l’accord minier signé entre la RDC et les États-Unis en décembre dernier. Dans un communiqué publié, le mardi 17 février 2026, ces ONG estiment que cet Accord de partenariat stratégique donne un pouvoir excessif à la partie américaine sur des projets liés au coltan, au cuivre, au manganèse et à l’or. Selon elles, cet engagement porte atteinte à la souveraineté nationale et ne reflète pas les intérêts du peuple congolais.

Le MOSSAC affirme que cet accord a été conclu dans un contexte de fortes tensions sécuritaires à l’est du pays et sans consultation suffisante des populations ni des autorités locales. La coalition reproche également au texte de permettre à des comités influencés par les États-Unis d’avoir un rôle déterminant dans l’orientation des lois, des politiques et de l’attribution de projets miniers stratégiques.

Les ONG appellent ainsi le Parlement congolais à annuler la signature de cet accord et à ouvrir un débat national inclusif sur la gestion des ressources naturelles. Elles demandent aussi que toute coopération internationale dans le secteur minier soit conditionnée au rétablissement total de la sécurité dans l’est du pays et au respect strict de la souveraineté de la RDC. Pour la coalition, la paix durable passe par la justice, la transparence et un contrôle national clair sur les richesses du pays.

Charles Mapinduzi

Accords sur les minerais stratégiques : Kinshasa propose aux États-Unis des sites miniers sous contrôle du M23

Selon les informations révélées, ce mercredi 18 février 2026 par Reuters, le gouvernement congolais a ajouté la mine de coltan de Rubaya, l’un des gisements de tantale les plus riches au monde, à la liste des actifs stratégiques proposés aux États-Unis dans le cadre d’un partenariat minier. Pourtant, ce site est actuellement sous le contrôle de la rébellion AFC/M23 dans le Nord-Kivu. Cette décision montre que Kinshasa considère toujours ces zones comme faisant pleinement partie de son territoire et de ses ressources négociables.

Cette position intervient dans un contexte sécuritaire tendu à l’est du pays, où plusieurs zones minières stratégiques échappent encore au contrôle du pouvoir de Kinshasa. Le gouvernement congolais défend l’idée que ces ressources restent la propriété de la RDC, même si elles sont occupées par des groupes armés. « Ce n’est pas parce qu’aujourd’hui le site de Rubaya n’est pas contrôlé par les forces gouvernementales que nous allons considérer qu’il n’est pas dans le périmètre de ce que nous pouvons mettre sur la table de nos partenaires », avait déjà déclaré le vice-Premier ministre en charge de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, dans une interview à Jeune Afrique.

L’inclusion de Rubaya dans les discussions avec Washington soulève cependant des questions sur la faisabilité concrète de l’exploitation de ces sites et sur les implications politiques d’un tel engagement, alors que la situation sécuritaire demeure instable. Face à cet accord, une coalition de 81 organisations de la société civile réunies au sein de la Mobilisation pour la Sauvegarde de la Souveraineté et de l’Autonomie Congolaise (MOSSAC) exige son annulation, estimant qu’il accorde un pouvoir excessif à la partie américaine, sur des ressources comme le coltan, le cuivre, le manganèse et l’or.

Charles Mapinduzi

Rutshuru : Un éléphant de l’ICCN non encadré cause des morts et des blessés à Nyamilima

Un éléphant de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) en divagation a causé, ce mercredi 18 février 2026, des ravages autour de la cité de Nyamilima, dans le groupement de Binza, en territoire de Rutshuru. Selon des sources locales, l’animal constitue déjà une source de peur et d’inquiétude, d’autant plus qu’il a multiplié les incidents. La semaine dernière, il a tué deux personnes et blessé une autre. Depuis le début de cette semaine, d’autres dégâts sont encore rapportés.

Au-delà de dévaster les champs des paisibles cultivateurs, l’animal a fait une nouvelle victime parmi les habitants. Il s’agit d’un jeune homme d’environ 33 ans. À en croire un membre de sa famille, ce jeune homme a tiré sa révérence en cours de route, alors qu’on tentait de le dépêcher vers une structure sanitaire.

« L’éléphant l’a tué dans la zone champêtre de Visoso. On l’a amené ici à la maison alors qu’il était déjà mort. Il était en train de cultiver. Il avait aperçu les éléphants à une certaine distance. Malheureusement, un autre était derrière lui et c’est ce qui l’a abattu », a témoigné un habitant sous anonymat.

Notons que ces incidents surviennent une semaine après que les agriculteurs de la région ont lancé des alertes sur la divagation des éléphants dans les champs de Nyamilima, riverains du parc national des Virunga. Ces derniers plaidaient pour un bon encadrement de ces espèces protégées auprès de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN). Jusqu’à présent, nos efforts pour obtenir la réaction de cet institut n’ont pas encore abouti.

Jamely Timothée Kayembe

À Dubaï, Julien Paluku échange avec quatre pays africains sur la modernisation des frontières

Dans le but d’accélérer la mise en œuvre opérationnelle des outils de la ZLECAF, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, s’est entretenu, ce mercredi 18 février 2026 à Dubaï, avec ses homologues de la Zambie, du Mozambique, du Botswana et du Zimbabwe sur le financement et la modernisation des postes frontaliers.

L’enjeu est de fluidifier le transit et de réduire drastiquement les délais d’attente, facteurs qui pèsent lourdement sur la compétitivité de nos marchandises. À cet effet, un délai de 15 jours a été fixé pour finaliser le modèle financier, le chronogramme des travaux et les procédures administratives dans le cadre de partenariats public-privé (PPP).

Au-delà de la construction physique, le projet mise sur une numérisation intégrale des processus afin de limiter l’intervention humaine et d’optimiser le traitement des données. Cette collaboration marque ainsi une étape décisive pour faire de la Zone de Libre-Échange Continentale une réalité tangible et efficace.

Blanchi Lungala M

RDC : Olivier Kamitatu met en garde contre toute révision constitutionnelle et appelle au respect strict de la Constitution de 2006

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L’opposant congolais Olivier Kamitatu est monté au créneau pour défendre l’application stricte de la Constitution en vigueur en République démocratique du Congo. Dans une déclaration rendue publique, il a insisté sur la nécessité de respecter les dispositions fondamentales de la loi fondamentale, notamment la rétrocession aux provinces des 40 % des recettes nationales qui leur sont dues de droit. Pour lui, appliquer la Constitution, c’est également faire du Premier ministre le véritable chef du gouvernement, et non « un exécutant révocable au bon plaisir du palais », tout en garantissant l’indépendance effective du pouvoir judiciaire.

L’ancien président de l’Assemblée nationale estime que la stabilité institutionnelle passe par le respect scrupuleux des équilibres établis par la Constitution de 2006. Il plaide pour l’organisation d’élections dont la légitimité ne serait plus contestée dès le lendemain du scrutin, soulignant que la crédibilité du processus électoral constitue l’un des piliers de la démocratie congolaise. Selon lui, seule une gouvernance fondée sur la séparation réelle des pouvoirs et la décentralisation effective peut restaurer la confiance entre les institutions et les citoyens.

Dans un ton ferme, Olivier Kamitatu met en garde contre toute initiative visant à modifier la Constitution. « Celui qui veut changer la Constitution de 2006 ne veut pas améliorer la République. Il veut se débarrasser des limites que la République lui impose », a-t-il déclaré, estimant qu’on ne change pas les règles du jeu lorsque la confiance du peuple est perdue, mais qu’on « rend les clés ». Une prise de position qui relance le débat sur l’avenir institutionnel du pays.

Gilbert Ngonga

Pont N’djili : Le chantier redémarre sur la rive de Masina après la baisse des eaux

Les travaux du pont Ndjili reprennent enfin sur la rive de Masina. Depuis le mardi 17 février 2026, les équipes posent dix nouveaux pieux, après avoir terminé les dix premiers du côté de Limete. Une étape importante pour ce chantier, bloqué pendant des semaines à cause des pluies.

L’ingénieur Gaylord Esele, responsable du chantier, avait expliqué que la montée des eaux empêchait tout travail pendant la saison des pluies.

« On attendait la petite saison sèche pour reprendre », avait-il précisé.

Maintenant que le niveau de la rivière a baissé, les machines peuvent enfin avancer. Ce pont fera partie de la route Kulumba, longue de 6 Km, qui doit relier Masina à la 15ème rue limete poids lourds. Son but est de réduire les embouteillages sur le boulevard Lumumba, une des routes les plus encombrées de la capitale. Pour les habitants, chaque pieu posé est un pas des trajets moins longs.

Sur place, l’activité a repris. Les ouvriers travaillent, les engins bougent, et les riverains observent. Certains espèrent que cette fois, le projet ira jusqu’au bout. D’autres attendent simplement de voir. Toutes fois, tout reste à observer sur le respect de délai de la fin de ces travaux.

Jamely Timothée Kayembe

RDC : 20 ans de la Constitution de 2006, bilan et enjeux pour l’État de droit

Il y a exactement 20 ans, le 18 février 2006, la République démocratique du Congo lançait sa Troisième République. Ce jour-là, le président Joseph Kabila promulguait à Kinshasa une nouvelle Constitution, marquant une étape majeure selon l’historien Benjamin Babunga : elle mettait fin à un conflit qui avait divisé le pays en plusieurs régions et principautés et préparait les premières élections véritablement démocratiques depuis l’indépendance.

Cette Constitution mettait un terme à une longue transition commencée dans les années 1990 sous le régime de Maréchal Mobutu. Elle accordait au peuple le droit de choisir ses dirigeants au suffrage universel, mettant fin aux questions récurrentes de légitimité des gouvernants. La cérémonie avait réuni plusieurs chefs d’État et personnalités, dont Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville, Thabo Mbeki d’Afrique du Sud, Ketumile Masire du Botswana, et Louis Michel, alors commissaire européen au développement et à l’aide humanitaire.

Ce jour-là, la RDC s’est également dotée de nouvelles armoiries, d’un drapeau et de couleurs nationales (bleu, rouge et jaune), inspirés de la Constitution de Luluabourg de 1964. Le lion a laissé place à la tête du léopard, symbole du pouvoir selon la tradition congolaise. L’hymne national Debout Congolais a quant à lui été conservé.

Une Constitution contestée mais structurante

Malgré son importance, la Constitution n’a pas toujours été respectée. Avec l’arrivée de Félix Tshisekedi au pouvoir, elle a parfois été qualifiée de « mauvaise » et « faite à l’étranger, par des étrangers ». Ironie de l’histoire : ce même parti l’avait pourtant soutenue sous le régime Kabila. Ces critiques viseraient surtout à préparer une révision constitutionnelle permettant au pouvoir de prolonger sa durée au sommet de l’État. Si la guerre du M23 n’avait pas accaparé le pays, cette tentative aurait déjà pu aboutir, compte tenu de l’orientation politique affichée.

Depuis deux décennies, la Constitution a souvent été violée ou contournée par des politiciens au service de leurs intérêts personnels. Cela montre que même un texte fondateur, censé guider la nation, peut rester fragile face aux ambitions politiques.

Pourtant, malgré ces défis, la Constitution de 2006 a permis des avancées significatives : élections au suffrage universel, fin des transitions politiques interminables et consolidation de l’unité nationale. Elle demeure aujourd’hui menacée par des manipulations politiques. La RDC doit protéger ce texte et renforcer l’État de droit, afin que le peuple conserve le véritable pouvoir de choisir ses dirigeants et que le pays ne retombe pas dans des violences susceptibles de le fragmenter.

Charles Mapinduzi

RDC : Le cessez-le-feu proposé par l’Angola entre en vigueur ce mercredi

Le cessez‑le‑feu proposé par l’Angola et accepté à la fois par la rébellion du M23/AFC et par le gouvernement congolais, est entré en application, ce mercredi 18 février 2026 à midi. Cette décision s’inscrit dans la dynamique des initiatives diplomatiques visant à réduire les tensions dans l’Est de la République démocratique du Congo, où se poursuivent les affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et la coalition M23-Alliance fleuve Congo (AFC).

L’accord prévoit un gel immédiat et strict des positions militaires, l’arrêt de tout renfort ou appui logistique, la protection stricte des civils et un mécanisme de contrôle et de vérification. De son côté, la MONUSCO jouera un rôle clé dans le suivi et la vérification du respect de cet engagement sur le terrain.

À cet effet, les États‑Unis ont rappelé que toute partie qui ne respecterait pas cette trêve s’exposerait à des sanctions. Cependant, l’armée appuyée par les groupes d’autodéfense Wazalendo, a repoussé, ce mercredi 18 février 2026, une nouvelle attaque de la coalition rebelle M23/Alliance Fleuve Congo-Twirwaneho dans la région de Mulenge, au Sud-Kivu.

Blanchi Lungala M