La Haute Cour militaire reprend, ce mardi 17 février 2026, l’examen au fond du dossier opposant l’auditeur général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) au lieutenant-général Philémon Yav Irung. Sous la présidence du lieutenant-général Joseph Mutombo Katalay Tiende, l’audience est consacrée à la poursuite des auditions des renseignants dans cette affaire marquée par des accusations de trahison et d’incitation des militaires à des actes contraires au devoir. La défense a notamment obtenu la comparution attendue du lieutenant-général Sikabwe Asinda Fall, ancien chef d’état-major de la Force terrestre et actuel directeur général d’Afridex, après les révélations du lieutenant-général Constant Ndima sur un message attribué à l’entourage du général rwandais James Kabarebe.
Au cœur du procès figurent deux messages que le ministère public considère comme déterminants. Le premier, rapporté par le feu général Peter Cirimwami Nkuba, contiendrait la phrase : « C’est ce Cirimwami-là qui bloque notre projet » et serait assimilé à un acte de trahison. Le second, issu d’un échange à Goma entre le général Évariste Mwehu et le général Yav, est interprété comme une incitation à des comportements contraires à la discipline militaire. Plusieurs officiers généraux entendus à la barre ont confirmé certains éléments contextuels, tout en reconnaissant pour la plupart ne pas avoir personnellement vu le message incriminé.
La défense continue de dénoncer l’absence de preuve matérielle, rappelant que la charge de la preuve incombe exclusivement à l’accusation. Le général Philémon Yav rejette toute connivence avec Kigali, affirmant n’avoir reçu qu’un message anonyme évoquant les FDLR dans un contexte de guerre psychologique. De son côté, l’auditeur général Lucien-René Likulia Bakumi maintient sa position en s’appuyant sur les témoignages recueillis, malgré l’absence du message au dossier. Arrêté en septembre 2022, l’ancien commandant de la troisième zone de défense attend désormais que la Haute Cour militaire tranche ce dossier à forte sensibilité sécuritaire.
Fulgence Mavula
