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RDC : Le franc congolais s’apprécie après l’injection de 50 millions USD par la BCC

Le franc congolais, monnaie nationale de la République démocratique du Congo, a enregistré une appréciation notable sur le marché de change au 19 janvier 2026, à la suite de l’injection de 50 millions de dollars américains par la Banque centrale du Congo (BCC) le 8 janvier. Selon les données relayées lundi par l’ACP, le taux de change indicatif s’est établi à 2.139,13 CDF pour un dollar, contre 2.186,58 CDF au 9 janvier 2026, traduisant un raffermissement de la monnaie nationale.

Dans le détail, au 19 janvier 2026, le dollar américain se négociait à 2.139,13 CDF à l’indicatif et à 2.280 CDF sur le marché parallèle, alors qu’il s’échangeait respectivement à 2.186,58 CDF et 2.370 CDF dix jours plus tôt. Cette évolution est directement liée à l’intervention de la BCC sur le marché des changes, visant à renforcer l’offre en devises et à contenir les tensions sur le taux de change.

D’après les chiffres communiqués, la monnaie nationale s’est ainsi appréciée de 2,17 % sur le marché interbancaire et de 3,80 % sur le marché parallèle. Cette performance est perçue comme un signal encourageant pour la stabilité macroéconomique, même si les opérateurs restent attentifs à la durabilité de cette tendance dans un contexte encore marqué par de fortes pressions sur la demande en devises.

Gilbert Ngonga

Sud-Kivu : la Mutuelle Banyamulenge alerte sur un projet de déportation forcée vers le Rwanda

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La Mutuelle Banyamulenge « Ubumwe » (BM-U), basée aux États-Unis, dénonce un projet de déportation forcée de la communauté banyamulenge d’Uvira vers le Rwanda. Dans un communiqué daté du dimanche 18 janvier et adressé au président américain Donald Trump en sa qualité de médiateur de l’Accord de Washington, l’organisation affirme que des émissaires rwandais ont imposé un ultimatum exigeant le départ collectif de la communauté. La BM-U accuse le Front patriotique rwandais (FPR) de chercher à mettre en œuvre ce plan sous couvert d’une prétendue opération de protection.

Selon le document signé par Émile Muhizi et Justin Ruhorimbere, respectivement président et vice-président de la BM-U, une réunion d’urgence s’est tenue à l’église méthodiste de Nyamuyanda, à Uvira. Devant l’assemblée, des représentants rwandais auraient exigé le départ de tous les Banyamulenge avant le dimanche 18 janvier à 10 heures, invoquant une menace imminente d’extermination attribuée aux milices Wazalendo et à l’armée burundaise. La mutuelle qualifie ces menaces de fallacieuses et dénonce une pression visant à forcer l’exode de la communauté.

La BM-U estime que cette déportation servirait un calcul politique destiné à produire des images pour l’opinion internationale et à accréditer la thèse d’un « génocide » imputé aux Wazalendo et au gouvernement burundais, en vue de justifier une intervention ou une occupation prolongée dans l’Est de la RDC. Cette alerte intervient alors qu’Uvira reste sous tension : des sources locales font état d’attaques visant des Banyamulenge après le départ du M23/AFC, tandis que le gouverneur Jean-Jacques Purusi appelle au calme et au vivre-ensemble. Des images diffusées ce lundi 19 janvier 2025 montrent par ailleurs les FARDC prenant en charge un groupe de Banyamulenge ayant refusé de suivre la rébellion.

Blanchi Lungala M

Crise énergétique à Kisangani : le Gouverneur Paulin Lendongolia dénonce un sabotage à la SNEL

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Le gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia Lebabonga, a effectué une visite d’inspection surprise à la centrale hydroélectrique de la Tshopo ce lundi 19 janvier 2026. Alors que les groupes n°1 et n°2 ont été remis en service, le chef de l’exécutif provincial a constaté avec amertume l’impossibilité technique de faire fonctionner les deux unités simultanément. Face à ce qu’il qualifie de dysfonctionnements délibérés visant à discréditer son action, l’autorité provinciale a fustigé une gestion opaque : « Je dénonce avec la dernière énergie la politisation et les actes de sabotage au sein de la SNEL qui prennent en otage la population de Kisangani », a-t-il déclaré avec fermeté.

Cette tension survient après une phase de maintenance critique entamée début janvier pour corriger des anomalies sur la turbine n°1, restée inerte durant huit ans. Malgré les promesses techniques d’une production combinée atteignant près de 9 MW – capacité suffisante pour résorber la pénurie chronique d’électricité dans la ville – les résultats sur le terrain demeurent précaires. Pour Paulin Lendongolia, l’heure n’est plus aux justifications techniques mais aux résultats immédiats, d’autant que la désinformation alimente la colère sociale sur les réseaux sociaux.

En réponse à cette crise, le gouverneur a lancé un ultimatum de quelques heures aux responsables locaux de la Société Nationale d’Électricité, assorti de menaces de sanctions sévères contre les agents défaillants. Déterminé à rétablir l’éclairage public et domestique de façon durable, il a conclu son intervention par un avertissement clair : « Nous ne gérons pas sur la base des rumeurs, mais des faits réels ; si la lumière ne revient pas dans les délais impartis, les responsables subiront la rigueur de la loi. » La ville demeure, pour l’heure, sous un régime de délestage sévère.

Guyvenant Misenge

Uvira : après le retrait du M23, le gouverneur Jean-Jacques Purusi appelle à l’unité et au vivre-ensemble

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Dans un message adressé ce lundi 19 janvier 2026 à Uvira, chef-lieu provisoire du Sud-Kivu, le gouverneur Jean-Jacques Purusi a appelé la population à l’unité et à la cohésion nationale, tout en rejetant toute forme de division communautaire. Cet appel intervient au lendemain d’attaques visant la communauté Banyamulenge, survenues après le retrait des rebelles du M23/AFC de la ville.

Le chef de l’exécutif provincial a souligné que les tensions actuelles sont souvent alimentées par des manipulations politiques et a rappelé le caractère républicain de l’État, qui ne doit s’en prendre à personne en raison de son origine. « Ne tombez pas dans le piège de la division : depuis des générations, toutes les communautés du Sud-Kivu ont vécu ensemble en harmonie », a-t-il déclaré, insistant sur l’obligation pour les autorités de protéger toutes les communautés sans distinction.

Enfin, Jean-Jacques Purusi a invité l’ensemble de la population à cultiver la paix et à privilégier le vivre-ensemble pour l’avenir de la province. Il a également rassuré les familles déplacées à la suite des violences que des mesures seront prises pour garantir leur retour en toute sécurité et la reprise normale de leurs activités.

Blanchi Lungala M

RDC : fin officielle du DES/DEA en juillet 2026 et nouvelles règles strictes pour l’accès au doctorat

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Le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations (ESURSI) a fixé les dernières balises de la transition entre l’ancien système DES/DEA et le nouveau régime des écoles doctorales. Dans une note circulaire signée le 15 janvier 2026 par la ministre Prof. Dr Sombo Ayanne Safi Mukuna Marie-Thérèse, il est accordé une dérogation exceptionnelle et ultime permettant aux apprenants régulièrement inscrits au DES/DEA de soutenir leurs mémoires jusqu’au 31 juillet 2026, date à laquelle ce système sera définitivement clôturé. Aucune nouvelle inscription au DES/DEA n’est autorisée, et aucune soutenance ne sera acceptée au-delà de ce délai.

Le document précise que les apprenants qui auront validé leurs mémoires au plus tard le 31 juillet 2026 poursuivront leur cursus au sein des écoles doctorales conformément aux conditions prévues par l’arrêté ministériel n°134 du 21 octobre 2025. Ceux qui n’auront pas soutenu à cette date seront également versés dans les écoles doctorales suivant les dispositions transitoires. Par ailleurs, les détenteurs d’un DES/DEA ou de diplômes équivalents déjà soutenus peuvent s’inscrire en thèse jusqu’au 31 mars 2026 au plus tard. Pour ceux qui n’ont pas encore défendu, l’inscription en thèse dans l’ancien cadre est conditionnée à une défense au plus tard fin février 2026, avant la clôture définitive des inscriptions le 31 mars 2026.

La tutelle rappelle enfin que les « écoles doctorales » issues de l’ancien système et organisant le master ne sont pas habilitées à inscrire en thèse et doivent se conformer strictement aux conditions d’ouverture prévues par la nouvelle réglementation. Les facultés et départements sont tenus d’établir les listes des apprenants concernés et l’état d’avancement de leurs travaux pour un suivi par les comités de gestion. Ces mesures, applicables aux établissements publics comme privés, visent à harmoniser les réformes et à éviter toute confusion sur les appellations des diplômes en RDC.

Gilbert Ngonga

Région des Grands Lacs : l’Union africaine déploie une nouvelle architecture de médiation pour la paix en RDC

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À l’issue de la réunion de haut niveau tenue au Togo le samedi 17 janvier, l’Union africaine (UA) a rendu publique la nouvelle architecture de médiation qu’elle met en place pour favoriser le retour de la paix en République démocratique du Congo et dans l’ensemble de la région des Grands Lacs. Cette initiative vise à renforcer la coordination des efforts africains face à une crise sécuritaire et humanitaire persistante, qui continue d’affecter des millions de civils, en particulier dans l’Est de la RDC.

La médiation est conduite directement par l’Union africaine, sous la direction d’un médiateur principal, Faure Gnassingbé, président du Conseil togolais. Il est appuyé par le ministère togolais des Affaires étrangères et la présidence togolaise. Cinq co-facilitateurs, tous anciens chefs d’État africains, ont également été désignés pour intervenir sur des axes spécifiques : Olusegun Obasanjo pour les questions militaires et de sécurité, Sahle-Work Zewde pour l’humanitaire, Uhuru Kenyatta pour le dialogue avec les groupes armés locaux, Mokgweetsi Masisi pour la coopération économique régionale, et Catherine Samba-Panza pour les questions liées à la société civile, à la réconciliation et à la participation des femmes.

Afin d’assurer la cohérence et le suivi des actions, un secrétariat conjoint indépendant a été mis en place. Il réunit le Togo, l’Union africaine, la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) ainsi que la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). La coordination avec les partenaires internationaux est assurée par la Commission de l’Union africaine, en lien notamment avec les Nations unies, le Qatar, l’Union européenne et les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. Cette architecture se veut inclusive et structurée, avec l’ambition d’aboutir à une solution durable à la crise congolaise.

Charles Mapinduzi

Idiofa : La grève se poursuit, les enseignants exigent le paiement du salaire d’octobre 2025

La crise scolaire persiste dans le territoire d’Idiofa, où les enseignants ont décidé de durcir leur mouvement de grève entamé depuis décembre 2025. Pour la troisième semaine consécutive, aucune activité scolaire n’est observée : les établissements restent fermés et les élèves sont renvoyés à domicile, en l’absence de toute perspective de reprise.

Au cœur de cette mobilisation figure le non-paiement du salaire du mois d’octobre 2025. Réunis en assemblée générale vendredi dernier, les enseignants ont décidé de prolonger la grève jusqu’au paiement effectif de ce mois impayé. Le président de l’intersyndicale, Gilbert Empom, dénonce des pressions exercées par certaines autorités politiques, tout en réaffirmant la détermination du corps enseignant à ne pas reprendre les cours sans satisfaction de leur revendication.

Gilbert Empom rappelle que les enseignants avaient déjà organisé une marche avant les vacances de Noël pour réclamer ce salaire, sans résultat.

« Depuis la rentrée, aucun mouvement n’est observé dans les écoles, les enfants sont à la maison », a-t-il déclaré.

Il s’inquiète par ailleurs de l’annonce imminente du paiement des salaires de novembre et décembre, alors qu’aucune information officielle n’est donnée concernant le mois d’octobre 2025, à l’origine de la paralysie actuelle du secteur éducatif à Idiofa.

Fulgence Mavula

CAN Maroc-2025 : Pierre Ndaye Mulamba, toujours seul au sommet des buteurs africains

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Malgré une édition 2025 marquée par une forte animation offensive, la Coupe d’Afrique des nations organisée au Maroc n’a pas permis de faire tomber l’un des records les plus emblématiques du football africain. Cinquante-deux ans après sa réalisation, la performance de Pierre Ndaye Mulamba, auteur de neuf buts en une seule édition, demeure inégalée à l’issue de la CAN 2025, selon les statistiques de la Confédération africaine de football (CAF) consultées lundi 19 janvier par Netic-news.net.

Disputée du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, la compétition a enregistré plus de 120 buts en 52 rencontres, avec près de 80 buteurs différents. Ces chiffres traduisent une édition prolifique et compétitive, portée par la diversité des talents et l’intensité des confrontations sur les pelouses marocaines.

Cependant, aucun joueur n’est parvenu à atteindre la barre mythique des neuf buts inscrits par l’ancien international de la République démocratique du Congo (RDC), Pierre Ndaye Mulamba, alias « Volvo », lors de la CAN 1974 disputée au Caire, en Égypte. L’instance faîtière du football africain souligne ainsi que, malgré l’abondance de réalisations en 2025, le record du Congolais reste une référence historique toujours hors d’atteinte.

Fulgence Mavula

Menacé de mort, Seth Kikuni quitte la RDC et se met en sécurité

Seth Kikuni a quitté le territoire national à la suite de menaces de mort répétées visant sa personne. L’information est désormais officielle et a été confirmée ce lundi 19 janvier, par un communiqué du Cadre de concertation parvenu à la rédaction de Netic-News.net. Cette décision, qualifiée de difficile mais nécessaire par ses proches, intervient dans un contexte politique marqué par une forte tension et une insécurité croissante pour certaines figures de l’opposition.

Selon le même communiqué, l’opposant politique a pu quitter le pays « grâce à une opération discrète, coordonnée et courageuse ». Les auteurs du texte soulignent que cette démarche visait avant tout à préserver la vie de Seth Kikuni, dont la sécurité était gravement menacée. Les détails sur l’itinéraire et les circonstances exactes de son départ n’ont pas été rendus publics, pour des raisons évidentes de sécurité.

Le Cadre de concertation précise enfin que Seth Kikuni se trouve actuellement en lieu sûr, où son intégrité physique et morale est pleinement garantie. Cette situation relance le débat sur la protection des acteurs politiques et sur l’état des libertés publiques dans le pays, alors que plusieurs voix appellent à des garanties claires pour permettre un débat politique sans crainte ni représailles.

Jérémie Ngunga Léman

Uvira : Le faux retrait du M23, entre calcul géopolitique et piège stratégique pour Kinshasa

Le retrait du M23 de la ville d’Uvira est présenté par certains comme une victoire diplomatique pour la République démocratique du Congo. Pourtant, une lecture plus attentive de la situation révèle une réalité bien plus nuancée, voire inquiétante. Ce retrait semble avant tout dicté par la proximité immédiate de la frontière burundaise. Uvira se situe à seulement quelques kilomètres de Bujumbura, capitale du Burundi, allié stratégique de Kinshasa, tandis que le M23 est largement perçu comme une émanation de Kigali.

La présence du M23 à Uvira constituait une menace directe pour la sécurité du Burundi et faisait planer le risque d’une régionalisation ouverte du conflit. C’est essentiellement pour éviter ce scénario explosif que la diplomatie internationale serait intervenue, tranchent de nombreux fins connaisseurs des dynamiques sécuritaires dans l’Est du pays. Dans cette équation, la priorité ne semble pas avoir été le Congo, mais bien la stabilité du Burundi. Le reste relève davantage de la communication politique.

Sur le terrain, le M23 ne s’est d’ailleurs pas réellement retiré. Les rebelles ont certes quitté le centre-ville, mais ils demeurent positionnés sur les collines qui surplombent Uvira, à une dizaine de kilomètres seulement, comme l’a alerté le gouverneur Jacques Purusi. Militairement, ce positionnement leur permet de maintenir la pression et de revenir rapidement si le contexte leur devenait favorable.

Avant même leur départ, les rebelles avaient déjà préparé le terrain médiatique en alertant la communauté internationale sur un prétendu risque d’extermination des Banyamulenge et sur un possible regain de violences contre les civils. Ce discours ressemblait fort à une stratégie de pré-conditionnement de l’opinion internationale.

Les faits semblent leur avoir, en partie, donné du grain à moudre. Moins de 24 heures après leur départ, des pillages systématiques ont été signalés dans plusieurs quartiers de la ville. Des bâtiments publics et privés ont été touchés, notamment l’hôtel Suzana, la CNSS, la DGI, l’OCC, la DGM, l’Auditorat, ainsi que plusieurs résidences privées, dont celle de l’honorable Bitakwira, selon des sources locales.

Cette situation d’insécurité a aussitôt été exploitée par le M23 pour soutenir son narratif : « Nous sommes partis, et voilà déjà le chaos ». Des figures du mouvement, dont Corneille Nangaa, ont rapidement accusé les FARDC, les Wazalendo et leurs alliés de persécutions ciblées, notamment contre les Banyamulenge, appelant même à une intervention de la communauté internationale.

Pour plusieurs analystes, ce scénario était précisément celui recherché par la rébellion. En laissant derrière elle une ville fragile et insuffisamment sécurisée, elle espérait provoquer des dérapages. Si des attaques venaient à viser certaines communautés, le M23 pourrait accuser Kinshasa, voire Bujumbura, de complicité et justifier ainsi un retour militaire à Uvira. À l’inverse, si les FARDC et les Wazalendo se comportent de manière irréprochable, le mouvement rebelle tentera de se présenter comme un acteur de « bonne foi », renforçant sa position dans d’éventuelles négociations. Dans tous les cas, le jeu semble, pour l’instant, tourner à son avantage.

Un autre élément interroge : le choix de Kinshasa de redéployer principalement ses propres forces au lieu d’insister sur le déploiement d’une force véritablement neutre. Pour plusieurs observateurs, c’était précisément ce qu’attendait le M23. Une force neutre aurait limité les accusations et privé les rebelles d’un levier narratif. De leur côté, les Wazalendo mettent en avant leur rôle dans le départ du M23, notamment pour renforcer leur légitimité et maintenir le moral de la population. Mais cette revendication, aussi compréhensible soit-elle, ne suffit pas à expliquer les véritables ressorts de ce retrait.

Au final, une question demeure : comment se fait-il que, malgré la présence de nombreux experts, analystes, professeurs et généraux, les véritables enjeux de ce retrait ne soient pas clairement assumés au sommet de l’État ? Le départ du M23 d’Uvira ressemble davantage à un repositionnement tactique qu’à un revers stratégique. Sous la pression de la communauté internationale soucieuse de préserver la sécurité du Burundi, la rébellion semble avoir choisi de pousser la partie congolaise à la faute afin de se ménager de nouvelles justifications pour relancer les hostilités.

En se réjouissant trop vite, la RDC risque d’être tombée dans un piège soigneusement préparé, où le moindre faux pas pourrait servir de prétexte au groupe armé soutenu par Kigali pour reprendre l’offensive.

Jean Ngaviro