Alors que le rideau est tombé sur la 35e édition de la Coupe d’Afrique des Nations, remportée par le Sénégal, la République démocratique du Congo quitte la compétition avec des regrets sportifs, mais un héritage médiatique, populaire et organisationnel qui force le respect.
Une CAN qui s’achève, un Sénégal au sommet
La 35e édition de la CAN Maroc 2025 a officiellement pris fin ce dimanche 18 janvier, au terme d’une finale remportée par le Sénégal sur la note étriquée de 1-0. Les Lions de la Teranga décrochent ainsi le deuxième sacre continental de leur histoire, après celui de 2021, confirmant leur statut de référence du football africain actuel.
Un huitième de finale fatal aux Léopards
Pour la RDC, l’aventure s’est arrêtée en huitième de finale. Le 6 janvier dernier à Rabat, les Léopards se sont inclinés sur la plus petite des marges (1-0) face à l’Algérie. Une défaite cruelle, qui a brisé les rêves d’un peuple entier, encore porté par l’épopée de 2023, où la sélection congolaise avait atteint le dernier carré.
Des statistiques honorables malgré l’élimination
Sur le plan global, la RDC n’a pas démérité. En quatre matchs disputés, les Léopards ont inscrit cinq buts pour seulement deux encaissés.
Les buteurs congolais de cette CAN 2025 sont :
• Gaël Kakuta : 2 buts
• Cédric Bakambu : 1 but
• Théo Bongonda : 1 but
• Nathanaël Mbuku : 1 but
Des chiffres qui témoignent d’un équilibre global et d’un potentiel toujours présent, malgré une sortie jugée prématurée par de nombreux observateurs.
Éliminée, mais jamais effacée de la mémoire collective !
Si la RDC a quitté le rectangle vert, elle n’a jamais quitté les gradins, ni l’actualité de cette CAN. Bien au contraire, la ferveur populaire congolaise est restée l’une des plus marquantes du tournoi, portée notamment par une figure devenue virale : Michel Kuka, alias « Lumumba ».
L’“effet Lumumba”, phénomène de la CAN
Animateur hors pair, immobile et stoïque pendant les matchs, Michel Kuka a captivé l’Afrique. Son attitude singulière, son charisme et son impact symbolique ont maintenu la RDC sous les projecteurs jusqu’à la finale, alors même que la sélection était éliminée depuis les huitièmes. L’“effet Lumumba” restera comme l’un des moments forts et atypiques de la CAN Maroc 2025.
Jean-Jacques Ndala l’alpha et l’omega de la CAN !
Véritable alpha et oméga de l’arbitrage congolais, Jean-Jacques Ndala a une nouvelle fois porté haut les couleurs de la République démocratique du Congo lors de la finale de la 35e édition de la CAN. Contre vents et marées, Jean-Jacques Ndala est resté ferme en assumant toutes ses décisions lors de cette finale riche en émotions.
Désigné arbitre central de ce rendez-vous ultime (finale), le sifflet congolais a fait preuve d’une maîtrise, d’une rigueur et d’une autorité qui ont marqué les esprits. Par la justesse de ses décisions et la sérénité de sa conduite du match, Ndala a honoré la RDC et confirmé son statut parmi les meilleurs arbitres du continent. Face à la pression, Ndala n’a pas abdiqué.
À l’image de la première journée de la compétition, il clôture cette CAN avec la meilleure des notes, consacrant un parcours sans faille et une reconnaissance méritée au plus haut niveau africain.
Ndaye Mulamba, un record toujours intouchable
Autre fait marquant ayant ravivé la mémoire collective : le légendaire record de Pierre Ndaye Mulamba, auteur de (9) neuf buts en une seule édition de la CAN en 1974. Plus de cinquante ans après, personne n’a réussi à s’asseoir à la même table que le « goaleador ». Un exploit éternel, gravé à jamais dans l’histoire du football africain. Malgré sa mort physique, Ndaye vit en nous par l’entremise de son légendaire record.
Organisation et prise en charge : un tournant historique
Faut-il parler de l’organisation et de la prise en charge de la délégation congolaise au Maroc ? La réponse est clairement oui. Et elle mérite une place centrale dans le bilan de cette CAN.
Didier Budimbu, le “Génie Blanc” de la délégation congolaise !

Parmi les héros de cette 35e édition figure sans conteste le ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu, surnommé par beaucoup le « Génie Blanc ».
Pour la première fois dans l’histoire de la CAN, une délégation de 600 personnes, dont 450 ressortissants congolais, a été entièrement nourrie, logée et prise en charge par l’État congolais pour soutenir les Léopards.
Une prise en charge de haute facture à Casablanca
Installée dans les hôtels les plus huppés de Casablanca capitale économique du Maroc, la délégation congolaise composée de supporters, d’anciens Léopards, de journalistes et de plusieurs structures, a unanimement salué une organisation exemplaire. Une gestion de haute facture, signée Didier Budimbu, qui a redonné fierté et crédibilité à l’image de la RDC sur la scène continentale
Un rapatriement maîtrisé, autre coup de génie signé Budimbu !
Après l’élimination, le retour à Kinshasa a également été géré avec rigueur. Le gouvernement congolais, par l’entremise du ministre des Sports et Loisirs, a affrété trois vols, évacuant 450 passagers, répartis à raison de 150 par avion. Une opération logistique saluée pour son efficacité et sa transparence.
Quand la critique devient cécité mentale !
Face à une telle organisation, remettre en cause la gestion de Didier Budimbu relèverait, pour reprendre une expression assumée, d’une véritable cécité mentale. Les faits sont là, visibles et vérifiables.
Cap sur le Mexique : le rêve mondial toujours vivant
Après la CAN, les regards se tournent désormais vers le Mexique, où se disputeront les barrages intercontinentaux au mois de mars prochain. Le ministre Didier Budimbu promet une organisation encore meilleure afin de pousser les Léopards vers une qualification historique, la première depuis 1974.
Un rendez-vous décisif le 31 mars
La RDC affrontera le 31 mars prochain le vainqueur du duel entre la Jamaïque et la Nouvelle-Calédonie. Une victoire ouvrirait aux Léopards les portes de la Coupe du monde.
L’espoir est intact, la dynamique est lancée, et la CAN Maroc 2025 aura peut-être été, malgré l’élimination, le véritable point de départ d’un renouveau.
Voldy Matiafu