1. Un contexte historique majeur : l’indépendance du Congo
Le 30 juin 1960, après près de 75 ans de domination coloniale belge, le Congo belge devient la République démocratique du Congo. Lors de la cérémonie officielle d’indépendance, organisée au Palais de la Nation à Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa), le roi des Belges, Baudouin, et les dirigeants congolais prononcent des discours qui resteront dans l’histoire.
Ce jour-là, Patrice Émery Lumumba est désigné Premier ministre du nouvel État, tandis que Joseph Kasa-Vubu devient président de la République.
2. Combien de temps Lumumba occupa‑t‑il la primature ?
Lumumba n’exerce que une très courte période comme chef du gouvernement :
Début de mandat : 30 juin 1960 – jour de l’indépendance du Congo.
Fin septembre 1960 (le plus souvent cité comme 12 septembre 1960) après avoir été destitué dans le cadre d’une crise politique menée par le président Kasa‑Vubu et soutenue par l’armée dirigée par Joseph‑Désiré Mobutu.
Ainsi, sa période en tant que Premier ministre dure environ deux mois et demi, soit 75 jours au total, avant sa déposition.
Cette durée, bien que brève, reste l’un des moments les plus intenses de l’histoire moderne congolaise.
3. Les principaux défis et actions de Lumumba comme Premier ministre
1 Affirmation de la souveraineté nationale
Dès son accession au pouvoir, Lumumba s’efforce de faire du Congo un pays pleinement indépendant-non seulement politiquement, mais aussi économiquement.
Il s’oppose à toute forme de domination étrangère, insiste sur l’unité du pays et prône une forte autorité centrale pour contrecarrer toute dissociation territoriale.
2 Crise de la Force Publique et sécessions provinciales
Peu après l’indépendance, l’armée congolaise (Force publique) se mutine, entraînant un chaos social généralisé. Cette rébellion coïncide avec la sécession de la province du Katanga, riche en ressources, menée par Moïse Tshombe avec l’appui de certains intérêts étrangers, et celle du Sud‑Kasaï.
Pour faire face à ces crises, Lumumba tente de réorganiser l’armée et de renforcer l’État central. Il sollicite également l’aide de l’Organisation des Nations Unies (ONU), espérant que celle‑ci l’aidera à restaurer l’ordre, ce qui conduira au déploiement de casques bleus, bien que ceux‑ci n’interviennent pas directement pour solder la sécession du Katanga.
4. Une diplomatie engagée et un message fort lors de l’indépendance
Lors de la cérémonie du 30 juin 1960, Lumumba prononce un discours historique dans lequel il affirme que l’indépendance n’est pas un simple événement politique, mais le résultat d’un combat de toute une nation contre l’oppression coloniale.
Son allocution est aussi une mise en garde contre les anciennes puissances coloniales et les structures héritées du passé.
Ce discours, maintes fois cité dans les archives historiques, fit sensation, notamment parce qu’il répondait directement au ton du discours du roi Baudouin et exprimait les aspirations profondes du peuple congolais.
5. Une fin tragique mais une mémoire vivante
Après sa destitution, Lumumba est arrêté puis transféré dans la province du Katanga. Le 17 janvier 1961, il est assassiné avec deux de ses collaborateurs, Maurice Mpolo et Joseph Okito, dans des circonstances qui suscitent encore débats et controverses historiques, et qui impliquent des acteurs internes et des complices extérieurs.
Le Musée des Grands Hommes d’Afrique
Son assassinat a transformé Lumumba en symbole mondial de la lutte anti‑coloniale et de la dignité nationale africaine, inspirant des générations de militants pour l’indépendance et la liberté.
Gilbert Ngonga