Un accord de paix avait été signé sous l’égide des États-Unis entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda pour tenter de résoudre le conflit dans l’est du pays. Parallèlement, l’administration Trump, par l’entremise de son conseiller Afrique, Massad Boulos, soutient le processus de Doha, qui vise à instaurer un dialogue direct entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), sous la supervision du Qatar. Mais malgré ces efforts, les discussions semblent au point mort tandis que la situation sécuritaire se dégrade. Les deux camps s’accusent de violer le cessez-le-feu, alimentant la méfiance de l’AFC/M23 quant aux véritables intentions de Washington.
Diplomatie bloquée : les limites des accords de Washington et de Doha
Après l’occupation de Goma et Bukavu par l’AFC/M23, la communauté internationale a redoublé d’efforts diplomatiques pour calmer les tensions. L’accord de Washington, impulsé par les États-Unis, et le processus de Doha, conduit par le Qatar, étaient censés se compléter afin de ramener la paix dans l’est de la RDC.
Toutefois, les engagements issus de la déclaration de principes restent sans suite. Les mesures de confiance nécessaires à la reprise des pourparlers n’ont pas été appliquées, compromettant le calendrier initial qui prévoyait la relance des discussions avant le 8 août 2025 et la signature d’un accord global le 17 août 2025.
L’AFC/M23 soupçonne Washington de viser les minerais
Lors d’une conférence de presse à Goma, lundi 1er septembre, Corneille Nangaa, coordonnateur politique de l’AFC/M23, a mis en doute les motivations réelles de l’administration Trump. Selon lui, l’intérêt américain ne serait pas d’abord la paix, mais les ressources minières congolaises.
« Trump, c’est le président américain que tout le monde semble craindre, il a sa méthode, son approche. Mais est-ce lui ou ses conseillers qui voient le dossier congolais comme une opportunité de business ? », a-t-il déclaré, estimant que même un contrôle accru des minerais ne résoudrait pas les causes profondes du conflit : la discrimination des Tutsis et l’effondrement de l’État congolais.
Une rébellion déterminée à rester sur place
Corneille Nangaa a exclu tout retrait des zones actuellement contrôlées par l’AFC/M23. Pour lui, le retour en exil est une option définitivement écartée.
« Nous avons dit qu’on ne vivra plus en exil. C’est terminé. Nous sommes chez nous aujourd’hui. Ceux qui pensent qu’on va se retirer d’ici, on ira où ? Même si Trump fait ses affaires, nous n’irons nulle part », a-t-il martelé.
Le mouvement insiste que la solution ne se trouve pas dans des « arrangements économiques » mais dans la reconnaissance des causes politiques et sociales de la crise.
« Le problème reste entier. Que ceux qui veulent des minerais prennent les minerais. Mais nous, nous avons une cause : vivre chez nous avec dignité. Notre problème, c’est l’absence d’État. Tshisekedi a détruit les FARDC, ce n’est plus une armée, il a détruit la justice », a conclu Nangaa.
Guyvenant Misenge