Le gouvernement congolais a sollicité l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) afin d’apporter une assistance humanitaire au premier contingent de 15 migrants arrivés à Kinshasa après leur expulsion du territoire américain. Cet accueil s’inscrit dans le cadre d’un accord négocié entre l’administration de Donald Trump et la RDC. Les autorités congolaises ont précisé que ces personnes sont admises pour un « court séjour », conformément à la législation nationale sur l’entrée et le séjour des étrangers ainsi qu’aux engagements internationaux du pays.
Dans un communiqué publié lundi, l’OIM a tenu à clarifier qu’elle « ne joue aucun rôle dans les accords bilatéraux » comme celui conclu entre Kinshasa et Washington. L’agence onusienne indique qu’elle se réserve le droit de limiter, de refuser ou de suspendre son implication si les normes minimales de protection ne sont pas garanties. Elle souligne par ailleurs que toute question relative aux modalités de cet accord relève exclusivement des autorités gouvernementales concernées. L’organisation rappelle toutefois qu’elle peut proposer une assistance fondée sur les besoins, y compris un appui au retour volontaire pour les migrants qui en font la demande, dans le respect de son mandat et des cadres juridiques applicables.
De son côté, la Première ministre Judith Suminwa a affirmé sur TV5 Monde que cet accord constitue « un service » rendu aux États-Unis, tout en reconnaissant ne pas disposer d’informations précises sur les nationalités des personnes du premier contingent. Le gouvernement insiste sur le caractère strictement temporaire et limité du dispositif, excluant toute installation durable ou relocalisation permanente à Kinshasa. Néanmoins, le flou persiste quant au nombre total de migrants concernés et à leurs pays d’origine. Cet accord suscite de vives réactions au sein de l’opposition, de la société civile et des organisations de défense des droits humains, qui redoutent des conséquences similaires à celles observées en 1994 dans l’est du pays lors de l’afflux massif de réfugiés lié au génocide rwandais.
Fulgence Mavula
