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RDC-M23 : Le délai d’exécution de la déclaration de principes expire sans avancée concrète

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Le délai fixé pour la mise en œuvre de la déclaration de principes signée le 19 juillet entre le gouvernement congolais et le M23 expire ce mardi 29 juillet, sans qu’aucun progrès tangible ne soit observé sur le terrain. Ce document prévoyait notamment l’instauration de mesures de confiance pour faciliter l’ouverture des négociations directes programmées pour le 8 août prochain.

Mais les divergences demeurent. Kinshasa exige, comme préalable, le retrait effectif des rebelles des zones qu’ils occupent. De son côté, le M23 conditionne sa participation à la suite du processus à la libération d’au moins 700 prisonniers qu’il considère comme des sympathisants injustement détenus par les autorités congolaises.

Ce blocage compromet sérieusement les perspectives du processus de Doha, censé favoriser le retour de la paix dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, toujours en proie à l’instabilité. Le climat de méfiance entre les deux parties continue ainsi de freiner toute avancée vers une solution politique durable.

Charles Mapinduzi

Remaniement du gouvernement Suminwa : Entre repositionnements fébriles et incertitudes politiques persistantes

Sur qui le président Félix Tshisekedi pourra-t-il compter pour composer le gouvernement Suminwa remanié ? La question est sur toutes les lèvres dans les cercles politiques congolais. Depuis l’annonce d’une nouvelle équipe gouvernementale, les tensions s’intensifient au sein de l’Union sacrée, donnant lieu à une véritable guerre de repositionnement.

Une guerre de repositionnement acharnée

Dans les coulisses, plusieurs ministres en fonction redoutent d’être écartés. Chargés de traduire en actes le discours de campagne de Félix Tshisekedi de décembre 2023, certains peinent à justifier leur maintien, en raison d’un bilan jugé peu reluisant. Conscients de leur position fragile, ils multiplient les initiatives médiatiques pour redorer leur image et rallier un soutien populaire : vidéos, messages de propagande, déclarations de loyauté inondent les réseaux sociaux. Tous se réclament « soldats fidèles » du chef de l’État.

Parallèlement, certains cadres de l’Union sacrée, critiques à l’égard de la gestion gouvernementale actuelle, encensent les personnalités qu’ils estiment plus en phase avec la vision présidentielle. Une stratégie visant probablement à attirer l’attention de Tshisekedi et à se positionner pour une entrée dans la nouvelle équipe.

« Le chef de l’État doit nommer ceux qui sont restés dans sa vision et qui ont démontré leur loyauté totale. Pas ceux qui peuvent le trahir à la première occasion », a écrit sur les réseaux sociaux un cadre influent de l’UDPS.

L’inquiétude est d’autant plus grande que le futur gouvernement devrait s’ouvrir à certaines figures de l’opposition, réduisant les chances pour nombre de Tshisekedistes d’être reconduits.

Vers un gouvernement d’ouverture ?

Dans une tentative de décrispation politique en pleine crise multidimensionnelle, le président Tshisekedi a manifesté sa volonté de former un gouvernement d’ouverture. Des noms comme Adolphe Muzito ou Martin Fayulu sont ainsi évoqués avec insistance dans les cercles proches du pouvoir. Cette ouverture redessine les équilibres et accentue la fébrilité au sein de l’Union sacrée, où chacun tente de préserver ou d’arracher un portefeuille ministériel.

La frénésie actuelle trahit une conscience collective : peu seront reconduits, et encore moins désignés, dans la future équipe Suminwa. Les tractations vont bon train, entre lobbying discret et influence sur l’opinion publique, dans l’espoir de peser sur les choix présidentiels.

Une équipe éphémère ?

Selon certaines indiscrétions, le gouvernement remanié pourrait être dévoilé dès ce mercredi. Mais au-delà de sa composition, c’est sa durée de vie qui suscite déjà des interrogations. En effet, l’ouverture aux opposants est présentée par Félix Tshisekedi comme une réponse de court terme à la crise politique et sécuritaire. Or, sur le terrain, les signaux restent alarmants.

Ni les pourparlers de Doha, ni les efforts diplomatiques de Washington ne laissent présager une issue rapide au conflit armé dans l’Est du pays, notamment face à la menace persistante du M23. Pour de nombreux observateurs, seul un dialogue national inclusif, tel que proposé par la CENCO et l’ECC, semble en mesure d’apporter une solution durable.

Le spectre d’un dialogue inéluctable

Les partisans du dialogue plaident pour une large inclusion, y compris celle des adversaires historiques du régime, comme Joseph Kabila, Moïse Katumbi, voire même les représentants du M23. Dans ce contexte, la mise en place d’un gouvernement d’union nationale devient de plus en plus probable.

Si ce scénario venait à se concrétiser dans les semaines à venir, l’équipe Suminwa 2 ne serait alors qu’un gouvernement de transition. Certains ministres fraîchement nommés risqueraient de ne pas s’installer durablement, avant un remaniement plus profond et, potentiellement, une passation de témoin à la Primature.

Charles Mapinduzi

Kinshasa : Le Jardin Botanique perd sa vocation éducative au profit d’activités festives et religieuses

Le Jardin Botanique de Kinshasa, longtemps considéré comme un haut lieu d’apprentissage et de découverte scientifique, connaît aujourd’hui une transformation inquiétante. Jadis fréquenté par des élèves, des étudiants et des chercheurs, ce site naturel offrait un cadre propice à l’éducation environnementale, grâce à ses arbres étiquetés et ses parcours pédagogiques. Aujourd’hui, ces éléments distinctifs ont presque tous disparu, effaçant progressivement l’identité éducative du site.

Désormais, le Jardin est devenu un espace polyvalent où se mêlent prières collectives, fêtes privées et loisirs en tout genre. Si le droit d’entrée reste modique (2 500 FC), l’usage qui en est fait s’éloigne de plus en plus de sa mission originelle. Ce glissement d’usage soulève des interrogations sur la gestion du site et sur la volonté des autorités de préserver son rôle académique et scientifique.

Face à cette situation, un sursaut s’impose pour sauvegarder ce patrimoine écologique et culturel. Il est urgent de réhabiliter les infrastructures éducatives du Jardin, de remettre en valeur ses espèces végétales et de réorienter ses usages vers l’éducation, afin d’en faire à nouveau un véritable laboratoire à ciel ouvert pour les générations futures.

Voldy Matiafu

Kinshasa : Fermeture de la route By-Pass pendant trois semaines pour travaux de bétonnage

La route By-Pass, au niveau de l’arrêt Sous-région sur la RN1, est temporairement fermée à la circulation à partir de ce mardi 29 juillet 2025, en raison de travaux urgents de bétonnage. Selon un communiqué du gouvernement provincial de Kinshasa, ces travaux, confiés à l’Office des Routes, s’étendront sur une durée de trois semaines. Cette décision vise à garantir la qualité des infrastructures et à sécuriser aussi bien les usagers que les agents techniques présents sur le chantier.

Pour minimiser l’impact de cette fermeture sur la mobilité urbaine, quatre itinéraires de déviation ont été aménagés : Elengesa – Avenue Kasa-Vubu, Université, Boucle Sefu (Terminus Lemba – Super Lemba) et Kiyimbi – Entrée Matete via Marché Matete et sortie Banunu. Des mesures complémentaires ont également été annoncées, notamment l’installation de panneaux de signalisation temporaires, la présence renforcée de la Police de Circulation Routière (PCR) et une campagne d’information destinée aux usagers.

Les autorités provinciales appellent à la patience et à la discipline de la population face à cette perturbation temporaire de la circulation. Elles insistent sur le respect strict des itinéraires de déviation afin de garantir la fluidité du trafic et la sécurité de tous jusqu’à la fin des travaux.

Gilbert Ngonga

Kasumbalesa : Maintien d’une taxe illégale au poste piétonnier malgré l’interdiction présidentielle

À Kasumbalesa, poste frontalier entre la RDC et la Zambie, les petits commerçants continuent de dénoncer l’imposition d’une taxe jugée illégale, en violation des instructions claires du président Félix Tshisekedi. Malgré l’interdiction formelle des services dits « fictifs » aux frontières, une entreprise dénommée « Abc », présentée comme mandatée par le gouvernement provincial, exigerait 30 000 francs congolais à chaque passage de vélo, indépendamment de la valeur ou de la quantité des marchandises transportées.

Ces opérateurs économiques, qui empruntent régulièrement le couloir piétonnier, affirment être contraints de s’acquitter de ce montant à chaque traversée en provenance de la Zambie. Ils dénoncent ce qu’ils considèrent comme une entorse grave à la volonté politique du chef de l’État, pointant également la responsabilité de certains députés provinciaux accusés de cautionner cette pratique.

Les commerçants appellent à une intervention urgente du pouvoir central pour faire respecter les directives présidentielles et restaurer la confiance dans l’environnement des affaires à cette frontière stratégique. Ils qualifient la persistance de cette taxe de récidive de la part du gouvernement provincial du Haut-Katanga, qui, selon eux, affaiblit les efforts de formalisation du petit commerce transfrontalier.

Cedrick Katay Kalombo

Goma sous le joug du M23/AFC : Six mois d’occupation marqués par la peur et la précarité

Six mois après la prise de contrôle de Goma par les rebelles du M23/AFC, la situation dans la capitale du Nord-Kivu est alarmante. Selon Lwanzo Kakule, membre de la Société civile de Goma, la réalité sur le terrain contraste totalement avec le discours diplomatique. La population vit sous la peur, subit des restrictions de liberté, et fait face à une précarité généralisée. La fermeture des banques a entraîné une flambée des prix des produits de première nécessité, tandis que les ONG rencontrent d’énormes difficultés pour faire passer l’aide humanitaire.

Lwanzo Kakule affirme que les rebelles ont mis la main sur l’ensemble de l’appareil administratif, de la gestion des communes à la collecte des taxes minières. Toute personne souhaitant voyager est obligée de solliciter une autorisation auprès des forces rebelles. Les anciens camps de déplacés, notamment ceux de Bunengo et Kulushagala, ont été vidés de force, laissant des milliers de familles sans abris, sans soins et sans accès à l’eau potable.

La Société civile dénonce également des cas de travaux forcés, d’enlèvements et d’exécutions sommaires. Dans certains quartiers, des civils sont contraints de nettoyer les rues et les morgues sous la menace des armes. Malgré les accords signés à Doha, les habitants n’attendent plus que des actes concrets pour restaurer la paix et leur dignité.

Rodriguez Kikamba

RDC : Lancement des conférences budgétaires 2026 sous le sceau du réalisme et de la rigueur

Les conférences budgétaires pour l’exercice 2026 ont été ouvertes ce lundi 28 juillet 2025 au Centre Financier de Kinshasa par le ministre d’État en charge du Budget, Aimé Boji Sangara Bamanyirwe. Organisées sous le haut patronage du président Félix-Antoine Tshisekedi et la coordination de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, ces assises réunissent plusieurs membres du gouvernement, des parlementaires, des partenaires techniques ainsi que des acteurs de la société civile. Dans son discours d’ouverture, le ministre du Budget a appelé à l’élaboration d’un budget « réaliste, sincère et aligné sur les priorités nationales », dans un contexte marqué par la signature récente d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda, et la poursuite du programme avec le FMI.

Les grandes lignes de la politique budgétaire 2026 ont été présentées, mettant l’accent sur les investissements dans les infrastructures, l’électrification rurale, la relance industrielle, le soutien au Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T) et l’appui aux entreprises stratégiques telles que la SNEL et la REGIDESO. La reconstruction des zones affectées par les conflits armés figure également parmi les priorités. Le ministre Aimé Boji a insisté sur la nécessité de maîtriser les dépenses de fonctionnement et de rationaliser les lignes budgétaires afin de contenir le train de vie de l’État.

Ces travaux budgétaires, qui se poursuivent jusqu’au 8 août, visent à structurer un projet de loi de finances crédible, cohérent et conforme au Plan national stratégique de développement (2024–2028). Le document final sera soumis au Parlement avant le 15 septembre, avec l’appui technique du projet ENCORE de la Banque mondiale, mis en œuvre par le COREF.

Cedrick Katay Kalombo

Massacre de Komanda : La CENCO exige une enquête et remet en question le dispositif sécuritaire

La Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a réagi avec fermeté au massacre survenu à Komanda, dans la province de l’Ituri, dans la nuit du 26 au 27 juillet 2025. Dans un communiqué publié ce lundi 28 juillet, elle appelle le gouvernement congolais à diligenter une enquête sérieuse et à établir les responsabilités. L’institution catholique insiste sur l’urgence d’obtenir des résultats concrets et d’assurer que justice soit rendue aux victimes.

Profondément choquée, la CENCO condamne un « massacre ignoble » qui a coûté la vie à une quarantaine de fidèles catholiques rassemblés dans une salle paroissiale. Elle s’étonne de la survenue de ce drame dans une zone placée sous état de siège et fortement militarisée, avec la présence des FARDC, de l’armée ougandaise (UPDF) et de la MONUSCO. Cette attaque soulève de sérieuses interrogations sur l’efficacité réelle du dispositif sécuritaire dans l’Est du pays.

Face à cette nouvelle tragédie attribuée à des éléments présumés ADF, la CENCO exhorte les autorités à privilégier des solutions durables. Elle plaide pour la mise en œuvre urgente du Pacte social élaboré conjointement avec l’Église du Christ au Congo (ECC), dans le but de restaurer la paix et la dignité humaine dans les régions meurtries par les violences armées.

Cedrick Katay Kalombo

Massacre de Komanda : Katumbi fustige l’inaction du pouvoir central face aux violences en Ituri

Le massacre de Komanda, survenu dans la nuit du 26 au 27 juillet 2025 en Ituri, continue de provoquer une vive émotion à travers le pays. Selon les autorités, au moins quarante civils ont été tués lors d’une veillée de prière, dans une attaque attribuée aux ADF. Moïse Katumbi, président d’Ensemble pour la République, a réagi avec fermeté sur le réseau social X, dénonçant « l’indifférence totale du régime de Kinshasa » et l’échec répété du pouvoir à sécuriser l’Est du pays, malgré l’instauration de l’état de siège depuis 2021.

Dans un ton particulièrement critique, l’ancien gouverneur du Katanga estime que ces massacres récurrents illustrent l’effondrement de l’autorité de l’État dans les provinces orientales. Il accuse le gouvernement d’inaction, malgré la persistance des tueries perpétrées par des groupes armés comme les ADF. Pour lui, les autorités sont plus préoccupées par leur survie politique que par la protection des populations. Il a adressé ses condoléances aux familles des victimes, à l’Église et aux communautés locales touchées par cette tragédie.

Ce nouveau drame vient s’ajouter à une longue série de violences qui frappent l’Ituri, où la situation sécuritaire ne cesse de se détériorer. Katumbi appelle à un sursaut national et à la restauration de l’autorité de l’État, tout en exprimant son pessimisme face à la capacité du régime actuel à endiguer cette spirale de violence.

« Le sang a trop coulé », a-t-il insisté, exhortant les Congolais à tenir bon pour « des jours meilleurs ».

Gilbert Ngonga

Kinshasa : Le ministre de la Santé a interdit la mendicité des malades dans les rues

Le ministre provincial de la Santé Publique, Hygiène et Prévention de Kinshasa, Dr Gongo Abakazi Patricien, a signé ce lundi 28 juillet une circulaire interdisant formellement l’exposition de malades dans les lieux publics à des fins de mendicité. Cette pratique, devenue fréquente dans les carrefours, marchés et autres espaces publics de la capitale, est jugée attentatoire à la dignité humaine et contraire à l’article 16 de la Constitution.

La circulaire précise que toute personne malade aperçue dans un espace public pour solliciter l’aumône devra être orientée vers une structure sanitaire appropriée afin de recevoir les soins requis dans le respect de sa dignité. Cette décision vise à restaurer l’image de la ville et à garantir un traitement plus humain des personnes vulnérables.

Tout contrevenant à cette interdiction s’expose à des sanctions prévues par la législation en vigueur, notamment l’article 194 de la loi sur la protection de l’enfant et l’article 1er du décret du Roi relatif au vagabondage et à la mendicité. Kinshasa entend ainsi mettre fin à une forme d’exploitation des malades et promouvoir une approche plus respectueuse des droits humains.

Guyvanant Misenge