Confrontée à une dégradation avancée de ses infrastructures et à une capacité largement dépassée, la prison centrale de Kisangani traverse une crise alarmante. Son directeur, Junior Okondji, a plaidé ce mercredi 8 avril auprès du ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, pour la reconstruction de cet établissement devenu inadapté. Construite en 1925 pour 500 détenus, la prison en accueille aujourd’hui 1 360, soit près de trois fois sa capacité initiale.
Pour le responsable pénitentiaire, une simple réhabilitation ne suffirait pas à corriger la situation. « On est déjà au-delà d’un siècle, ça demande une nouvelle construction », a-t-il insisté, évoquant des alertes répétées restées sans suite. À cette pression structurelle s’ajoute une urgence humanitaire : la prison accuse quatre trimestres sans subvention, les réserves alimentaires pourraient être épuisées dans trois jours et l’hôpital pénitentiaire manque cruellement de médicaments.
Face à cette situation critique, Junior Okondji en appelle à l’intervention directe du ministre pour relayer ce plaidoyer au plus haut niveau, tout en reconnaissant dépendre actuellement de la générosité de tiers pour nourrir les détenus. Guillaume Ngefa a promis de s’impliquer, alors que les failles du système carcéral restent préoccupantes, comme en témoigne la tentative d’évasion meurtrière survenue en janvier 2026 à la prison d’Osio, elle aussi en état de dégradation.
Fulgence Mavula
