Une vidéo devenue virale, signée par le chroniqueur Israël Mutombo de Bosolo Na Politik, remet au centre du débat la gestion du gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba. Dès l’entame, le journaliste rappelle que l’exécutif provincial dispose de deux structures dédiées à l’assainissement de la capitale : la Régie d’assainissement de Kinshasa (RASKIN) et le Fonds national d’assainissement de la ville de Kinshasa (FONAK).
Ces deux entités fonctionnent grâce à la dotation provinciale, aux taxes et redevances environnementales, aux subventions du gouvernement central, aux contributions des partenaires internationaux, aux dons ainsi qu’aux revenus issus des activités d’assainissement.
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À l’époque où Nicolas Kazadi dirigeait le ministère des Finances, le gouvernement central octroyait près de 2 millions USD par mois à l’Hôtel de ville, particulièrement après la fin du programme d’assainissement financé par l’Union européenne. Son successeur, Doudou Fwamba, a poursuivi ces décaissements jusqu’à une période récente afin de soutenir la lutte contre l’insalubrité.
Pour sa part, le gouvernorat affirme manquer de soutien de la part des communes, qui, selon lui, « ne font rien » en matière d’assainissement. Les bourgmestres, en retour, soutiennent ne rien recevoir de la Ville pour exécuter ces travaux.
Face à cette cacophonie institutionnelle, le directeur de cabinet du Chef de l’État, Anthony Kinzo, a écrit au gouverneur après un « étonnement » exprimé par le Président de la République. Dans sa correspondance, il instruit la mise en place d’une mission chargée d’évaluer de manière circonstanciée les activités du FONAK. Parallèlement, le Chef de l’État a institué une commission spéciale chargée de lutter contre les inondations à Kinshasa, composée notamment des ministres des ITP, des Finances, du gouverneur de la ville, du DG de l’OVD, ainsi que d’autres acteurs techniques.
Lors d’une réunion tenue sur le site de Tembe na Tembe, cette commission ad hoc a décidé de lancer plusieurs projets, dont :
81 millions USD pour des travaux d’urgence ;
30 millions USD pour les projets des trois communes (Gombe, Limete, Lemba) ;
60 millions USD pour les routes en béton ;
40 millions USD pour les projets BCeCo (avenues Nyangue, Kabinda, Kabambare, du Marché, Rwakadingi, 24 Novembre).
Les travaux d’urgence concernaient essentiellement le curage des caniveaux et cours d’eau, la construction de certaines artères, ainsi que le dragage du fleuve Congo. Ces 81 millions USD étaient placés sous la responsabilité conjointe de la ville de Kinshasa, de l’OVD, de l’ACGT et de l’Office des routes.
Le gouvernement central a ensuite ajouté 16 millions USD, portant la cagnotte totale à 96 millions USD, partagée entre les quatre structures, avec une portion majoritaire allouée à la ville de Kinshasa.
Pourtant, jusque-là, aucun chantier routier relevant des travaux d’urgence n’affiche un niveau d’exécution satisfaisant, contrairement aux ouvrages confiés à l’ACGT dans le cadre de la construction des routes en béton, où des avancées significatives sont visibles.
S’agissant des 30 millions USD destinés aux trois communes pilotes (Gombe, Limete, Lemba), les ouvrages d’accès restent également en souffrance.
Dans ce climat de suspicion, le ministère de l’Intérieur a écrit au gouverneur Daniel Bumba afin de diligenter une mission d’audit portant sur :
la gestion des ressources financières de la ville depuis 2024,
les modalités de perception et d’affectation desdites ressources,
le respect des procédures de passation des marchés,
l’inventaire des réalisations sur l’ensemble du territoire de Kinshasa.
À ce jour, le gouverneur est appelé à justifier la gestion des 96 millions USD, en plus des 2 millions USD versés mensuellement par l’exécutif central pour l’assainissement.
Cependant, depuis le lancement de ces mesures, aucun contrôle d’évaluation n’a été mené. Même l’Inspection générale des finances (IGF) ne s’est jamais officiellement prononcée sur ce dossier.
Netic-News
