Kinshasa : Entre recueillement et célébration, le cimetière de Kintambo pris d’assaut le 1er août

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Le 1er août, Kinshasa vibre au rythme d’une double tradition : la matinée est dédiée à la mémoire des défunts, tandis que l’après-midi célèbre les parents encore en vie. En cette journée fériée et chômée en République démocratique du Congo, notre équipe s’est rendue au cimetière de Kintambo, où affluaient de nombreuses familles kinoises venues honorer leurs morts.

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, l’ambiance n’est pas morose. Au contraire, elle dégage une énergie paisible et solidaire. Munis de balais, d’arrosoirs ou de pots de peinture, les visiteurs nettoient avec soin les tombes, arrachent les herbes, repeignent les pierres tombales et déposent des fleurs. Chaque geste, chaque regard témoigne d’un attachement profond et d’une mémoire vivante.

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« C’est notre devoir, un devoir d’amour et de mémoire. Nous ne pouvons pas oublier ceux qui nous ont quittés, ils font partie de notre histoire », confie une dame d’une soixantaine d’années, originaire de la capitale. Un jeune homme, la vingtaine, renchérit : « C’est un jour de connexion. Nous venons ici pour nous rappeler d’où nous venons. Pour ne pas oublier nos racines. C’est la plus belle des journées. »

Ces témoignages illustrent le sentiment général qui habite les lieux : un mélange d’émotion, de respect et de fidélité aux traditions. Le cimetière devient ainsi un espace de rassemblement, de transmission intergénérationnelle et de communion silencieuse.

L’après-midi, l’ambiance change radicalement. Les familles se réunissent dans les foyers, les restaurants ou les parcs pour célébrer les parents vivants. Les tables sont garnies de mets copieux, les rires résonnent, les enfants offrent des fleurs ou de petits présents à leurs aînés. Les mamans sourient avec tendresse, les pères affichent leur fierté. Cette seconde partie de la journée est marquée par la joie, les retrouvailles et l’expression de l’amour familial.

Le 1er août illustre parfaitement la culture congolaise : un équilibre entre le devoir de mémoire et l’attachement aux valeurs familiales. Qu’il s’agisse du silence recueilli au cimetière de Kintambo ou de l’effervescence autour d’un repas en famille, les Kinois témoignent d’une richesse humaine et culturelle qui traverse le temps.

Guyvanant Misenge

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