Le président de la Commission spéciale de l’Assemblée nationale a livré ce jeudi 29 mai les conclusions de l’audition du ministre d’État en charge de la Justice, Constant Mutamba. Cet exercice visait à clarifier les tensions récurrentes au sein du pouvoir judiciaire ainsi que les frictions entre les hauts responsables des institutions.
Lors de son audition mercredi 28 mai Constant Mutamba est revenu sur les circonstances conflictuelles entourant sa prise de fonctions au ministère de la Justice. « À titre liminaire, il a rappelé le contexte de son arrivée à ce poste, marqué par un climat de travail conflictuel, tant au sein du gouvernement qu’avec les animateurs du pouvoir judiciaire, notamment le procureur général près la Cour de cassation. »
Accédez aux informations importantes avant tout le monde
Il a dénoncé la perte de prérogatives importantes au profit d’un autre membre du gouvernement : « Il a révélé que la cheffe du gouvernement lui a retiré la présidence de la Commission des lois traditionnellement dévolue au ministère de la Justice pour la confier au vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Décentralisation et des Affaires coutumières. » Cet épisode a été vécu comme un acte de défiance institutionnelle.
Le ministre d’État a également souligné son exclusion de certaines décisions clés : « Il a indiqué que la Première ministre a reçu un membre du Conseil supérieur de la magistrature sans l’y associer. » Cette marginalisation aurait jeté un froid durable entre les deux institutions, nourrissant une atmosphère délétère où le moindre mot peut provoquer des malentendus. « C’est dans ce contexte difficile que, lors d’une journée de sensibilisation de la jeunesse à la lutte contre la corruption je cite Solo ya détournement la Première ministre a réagi à chaud à des propos qu’elle aurait mal compris. »
La relation entre le ministre de la Justice et le procureur général près la Cour de cassation n’a pas échappé à la critique. « Le ministre d’État a confié à la Commission que ses rapports avec le procureur général n’ont jamais été propices à une collaboration professionnelle sereine, au service de l’intérêt général. » Une collaboration minée, selon lui, par des intérêts occultes.
Mutamba a également dénoncé les résistances internes à ses réformes judiciaires : « Cette situation conflictuelle est alimentée par la contestation systématique des initiatives de réforme menées par son ministère, qui mettent manifestement à mal les intérêts économiques illicites et les réseaux mafieux gangrenant le secteur de la justice. »
Selon lui, la tension a culminé avec une affaire immobilière à l’étranger impliquant le procureur général : « Elle s’est aggravée à la suite d’une demande d’explication formulée par le ministre d’État concernant l’acquisition, à l’étranger, d’un bien immobilier par le procureur général près la Cour de cassation. Ce dernier lui aurait à plusieurs reprises proféré des menaces d’arrestation. » Une affaire qui cristallise l’antagonisme entre les deux hommes.
En conclusion, le président de la Commission spéciale a tenu à souligner la complexité de ce dossier : « Il s’agit d’un ensemble d’antécédents qu’il convient de prendre en compte dans l’examen des réquisitoires. » L’Assemblée nationale devra trancher en tenant compte de ces éléments, dans un climat institutionnel manifestement tendu.
Cedrick Katay Kalombo
