Rencontre Kabila-Katumbi à Addis-Abeba : Voici pourquoi Fayulu a décommandé son voyage !

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L’idée d’une révision ou d’un changement de la Constitution, lancée pour la première fois par le président Félix-Antoine Tshisekedi lors d’un meeting à Kisangani en octobre 2024, continue de susciter de vifs débats au sein de la classe politique congolaise. Tandis que le camp présidentiel défend ce projet, l’opposition se mobilise pour le contrer. Dans cette dynamique, des manifestations sont annoncées, et des rencontres entre leaders politiques se multiplient en vue de fédérer les forces contre cette initiative perçue comme une tentative de s’éterniser au pouvoir.

Une rencontre au sommet : Addis-Abeba au cœur des concertations

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Le lundi 16 décembre 2024, Addis-Abeba, capitale éthiopienne, a été le théâtre d’une rencontre entre deux poids lourds de l’opposition congolaise : Joseph Kabila Kabange, ancien président et sénateur à vie, et Moïse Katumbi Chapwe, ancien gouverneur du Grand Katanga. Ce tête-à-tête, initialement prévu comme une tripartite incluant Martin Fayulu, a finalement eu lieu sans ce dernier, qui a décommandé son voyage à la dernière minute.

Selon une source proche de Martin Fayulu, leader de l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé), ce report s’explique par le fait que « le moment n’était pas encore opportun pour une rencontre avec Joseph Kabila ». Fayulu aurait proposé de reprogrammer cette réunion stratégique en mars 2025.

Un agenda clair : bloquer la révision constitutionnelle

Au cœur de cette rencontre, les discussions ont porté sur l’avenir du pays et, plus précisément, sur les stratégies à adopter pour empêcher Félix Tshisekedi de modifier la Constitution. Une source proche des participants indique que Joseph Kabila a exprimé son adhésion totale aux propositions de Moïse Katumbi tout en réaffirmant qu’il n’a aucune ambition de revenir à la présidence. Toutefois, il a annoncé son retour sur la scène politique en 2025, avec une adresse à la nation.

Joseph Kabila aurait également insisté sur la nécessité de fermeté et de cohérence dans les décisions politiques, appelant ses interlocuteurs à travailler dans la discrétion.

La mise en place d’une coalition secrète

Toujours dans le cadre de cette opposition à la révision constitutionnelle, Joseph Kabila a également rencontré André-Claudel Lubaya, un autre acteur de l’opposition. Ces concertations ont abouti à la création d’un comité restreint chargé de concevoir une stratégie pour matérialiser une coalition politique et sociale capable de contrecarrer les ambitions du régime Tshisekedi.

Fayulu à Genval : une étape préparatoire ?

Avant de décliner la rencontre d’Addis-Abeba, Martin Fayulu avait participé à un tête-à-tête avec Moïse Katumbi le 6 décembre 2024 à Genval, en Belgique. Ce lieu, symbole de l’unité de l’opposition depuis la naissance d’une grande coalition en 2016, a accueilli les deux leaders pour une discussion visant à renforcer leur front commun contre la révision constitutionnelle.

Cette rencontre, bien que tenue dans la discrétion, marque une étape importante dans les efforts d’unification des forces d’opposition. En novembre 2024, leurs secrétaires généraux avaient déjà signé une déclaration commune rejetant catégoriquement tout projet de modification de la Constitution.

Les critiques contre Martin Fayulu

Malgré ces efforts, certains reprochent à Martin Fayulu son manque de clairvoyance politique. En 2018, son intransigeance face à une proposition de Leila Zerrougui, représentante de l’ONU, l’avait empêché de s’imposer comme figure de compromis, laissant Félix Tshisekedi conclure un accord avec Joseph Kabila.

En 2023, Fayulu a encore été critiqué pour avoir déconseillé l’enrôlement des électeurs avant de se raviser et de se porter candidat à la présidentielle. Aujourd’hui, son refus de rencontrer Kabila à Addis-Abeba est perçu par certains comme une nouvelle erreur stratégique.

Une question en suspens

Alors que la révision constitutionnelle avance et que l’opposition cherche à s’organiser, une question demeure : pourquoi Fayulu hésite-t-il à s’engager pleinement dans une alliance avec Kabila et Katumbi ? Quels calculs politiques guide son choix de reporter la rencontre en mars 2025 ?

Dans un contexte où l’unité de l’opposition semble cruciale, Fayulu pourrait bien être face à un moment décisif de sa carrière politique.

Gauthier Sey

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