Un scandale sexuel secoue le Fonds national de l’habitat (FONHAB). Au cœur de l’affaire se trouve le secrétaire général Mike Mutombo que l’on présente sous ce hideux visage de « prédateur sexuel ». Ses victimes se recrutent parmi ses collaboratrices, particulièrement les femmes mariées. Après avoir longtemps souffert les martyres, certaines langues se sont déliées, d’abord sous couvert d’anonymat, accusant le SG Mutombo d’agression et d’harcèlement sexuels en milieu professionnel, puis le Directeur général du FONHAB d’abstention coupable. Elles ont enfin porté leurs témoignages devant la justice, à visage découverts, ensuite. Redoutant en temps les représailles de leur part de leur bourreau, elles ont décidé de se dresser contre le secrétaire général Mike Mutombo qui fait peser sur elles le spectre d’accusations de diffamation et imputation dommageable. Ces intimidations sont loin de fléchir ses victimes qui ont rompu la loi de silence pour ne plus souffrir comme victimes consentantes.
Un gros scandale d’agression et d’harcèlement sexuels fait la une du Fonds national de l’habitat (FONHAB). Des responsables de cette structure sont au banc des accusés, selon un document du 16 septembre 2025, accompagné de diverses preuves matérielles liées à ce dossier explosif, adressée via mail à la Directrice générale adjointe, Pascaline Zamuda, et captée par la presse.
Par ce document adressé au Directeur général en déplacement et au cabinet du Ministre d’Etat à l’Urbanisme et Habitat, le Collectif des avocats des femmes en milieu professionnel a saisi le DG du FONHAB. Outre les faits d’abus et agression sexuels, le collectif a chargé le SG Mutombo de plusieurs griefs dont corruption, rémunérations illicites, trafic d’influence, extorsion, chantage, menaces, injures et diffamation.
Dans cette besogne, le secrétaire général du FONHAB bénéficie du concours de sa fille Vanessa Mutombo.
Composée de 5 membres (1 président, 1 rapporteur et trois membres), la commission, dès son premier jour de travail, a réussi à auditionner 4 femmes qui ont évoqué des faits supplémentaires.
Face à la gravité des faits, la DGA Zamuda a été instruite par le DG Kadima pour la mise en place d’une commission disciplinaire ad hoc, chargée d’écouter les femmes victimes et de faire éclater la lumière.
Mike Mutombo ou prédateur sexuel ?
Devant la commission, 4 femmes, dont l’âge varie entre 29 et 40 ans, ont rapporté sans atermoiements des scènes pitoyables pleines d’indécence auxquelles elles ont été soumises pendant deux ans au sein de cet établissement public, crée en 2023. Dans leurs récits pathétiques, ces victimes ont fait état d’actes d’agression et d’harcèlement sexuels, d’extorsion, d’abus d’autorité, de menaces… dont elles sont l’objet de la part du SG, prédateur sexuel.
« C’est le secrétaire général qui avait facilité mon recrutement au FONHAB. Il m’a fait des avances et j’ai refusé, mais il a continué jusqu’à me donner deux baisers forcés dans son bureau. Il est en plus parvenu à me toucher aux seins, sans mon consentement. Je suis allée en parler au Directeur général. Ce dernier m’a juste rassuré qu’il va gronder le SG. Et, lorsque le SG a perdu son épouse, le DG est revenu vers moi pour me demander si je continuais à le haïr alors qu’il est déjà devenu veuf », a raconté la première victime.
La deuxième, femme mariée, s’est étalée, du haut de sa trentaine d’années, pendant une heure pour décrire un comportement qui s’apparente à celui d’un prédateur sexuel.
« Ce monsieur, le SG, depuis que je suis agent du FONHAB, il ne fait que m’offrir des cadeaux de caleçons. Je lui ai dit à plusieurs reprises que je suis mariée et que je ne peux recevoir ses cadeaux. Une fois, il m’a dit qu’il aimerait me voir porter ces caleçons pour voir comment les traces de ces sous-vêtements allaient décorer mes derrières… Quand ma grossesse est devenue visible, le SG m’a interpellé en disant que je n’étais pas autorisé de tomber enceinte au FONHAB. Et, d’ailleurs, si je n’étais pas mariée, il allait m’épouser, a-t-il dit. Tout en me sachant mariée, il m’a déjà demandé une fois de venir vivre chez lui », a-t-elle raconté devant la commission.
La troisième s’est dit victime de la gloutonnerie des Mutombo. Son histoire a été au centre de la correspondance du Collectif d’avocats du 16 septembre dernier adressée à la DGA du FONHAB. Elle est ponctuée de faits d’abus d’autorité, de paiement illicite et de détournement.
« La fille du Secrétaire général, qui est mon amie, m’a branché à son père pour être embauchée au FONHAB. On s’était entendue qu’elle percevrait 50% de mon salaire pendant deux mois. Dépassé ce délai, et à ma grande surprise, elle continuait, à chaque paie, de me traquer pour l’argent. Le jour où j’ai décidé de ne plus lui donner quelque chose, son père m’a convoqué en son bureau et a menacé de me chasser du boulot si je refuse de donner l’argent à sa fille », a-t-elle relaté avec dépit.
Contrairement à ses consœurs, la troisième femme a fourni, en plus de son témoignage, des copies des discussions sur Whatsapp avec le SG Mutombo, poussant la commission a noté des menaces et abus d’autorité.
« Je me suis fait gronder au bureau du SG et subis des menaces pour une histoire dont je ne connaissais ni les tenants ni les aboutissants. Le SG m’a accusé d’utiliser des agents femmes pour l’enregistrer dans son bureau. Il m’a menacé en me disant qu’il fera de son mieux pour ne plus me voir au FONHAB », a-t-elle déballé, laissant les membres de la commission de discipline sans voix.
Réputé proche du DG Alexis Kabuya, le président de la commission, Stone Kiwanuka, a levé l’option d’interrompre les travaux de la commission de façon unilatérale, soupçonné de vouloir étouffer les dénonciations portées par les victimes. Remontés, certains membres de la commission ont claqué la porte.
La quatrième victime a déposé en ces termes :
« l’objectif de Kiwanuka était d’attendre le retour du Directeur général pour continuer -ensuite le travail- sous sa protection. Il a même tenté de faire disparaitre les procès-verbaux dûment signés par les victimes. Heureusement, nous avons tiré des copies et avons également pris soins d’enregistrer en format audio toutes les victimes. Nous attendons le moment opportun pour éclairer la justice quant à ce. Actuellement, il établit un rapport seul sur base de faux PV ».
Les victimes présumées sur le point d’être désabusées !
Le président de la commission de discipline qui a choisi de manœuvrer pour étouffer la vérité dans l’œuf, afin de protéger ses intérêts personnels ainsi que sa relation avec le DG du FONHAB.
Au retour du DG à Kinshasa, Stone Kiwanuka est passé à la vitesse supérieure dans la fabrication de faux procès-verbaux en vue d’altérer les témoignages des présumées victimes et de minimiser les atrocités subies.
Déterminée à obtenir des sanctions exemplaires contre leurs supposés bourreaux, ces femmes ont bravé la peur pour porter l’affaire devant le ministre de tutelle, Alexis Gisaro, passant notamment par son directeur de cabinet pour alerter sur le danger que courent toutes ces victimes du FONHAB.